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Times of Grace : "The hymn of a broken man"
Théatre du grotesque

jeudi 3 février 2011, par Arnaud Splendore

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On ne le répétera jamais assez : cette abomination que d’aucuns de mes confrères les plus imaginatifs nomment metalcore mélodique est le cancer de la musique contemporaine. Sous cette appellation aux allures inoffensives se cache ce qu’on appelle de façon plus honteuse le screamo. En clair, un style musical qui s’accroche comme il peut aux couilles du hardcore, pour se donner un genre viril alors qu’il ne s’agit en fait que d’ados blancs middle-class américains qui couinent comme des petites filles, parce que la vie est trop dure et que papa ne veut pas qu’ils prennent la voiture pour sortir le week-end, et qu’ils ne peuvent même pas avoir la TV dans leur chambre, putain c’est trop injuste. Et lorsque deux des plus fiers représentants du genre s’associent pour sortir un album conjoint, ça file inévitablement une gastro-entérite.

A l’annonce d’une collaboration entre Adam Dutkiewicz, guitariste de l’ignoble Killswitch Engage, et son ex-complice Jesse Leach, meugleur actuel des clowns de Empire Shall Fall, on imagine sans peine des hordes d’émos serrer très forts leurs petits poings et trépigner de leurs petits pieds comme des croyants attendant le retour du messie. Et quand le sieur Dutkiewicz annonce que l’album « va repousser les frontières du genre », l’excitation est à son comble. Enfin, sauf chez votre chroniqueur préféré, qui se doute bien que l’association de deux nullos intégraux, dont la meilleure contribution au monde de la musique se limite à des chansons pour les hommes en slip de la WWE, ne saurait donner que de la bouse. Et niveau bouse, pour paraphraser C’est arrivé près de chez vous : « T’aimes ça, la merde ? Et bien, tu vas être servi ! ».

Enfin, pour être tout à fait honnête, et de façon assez surprenante, les choses ne débutaient pas trop mal. Le titre qui ouvre l’album, et le premier simple, Strength in numbers, est encore assez plaisant. Le refrain, fortement inspiré par la NWOBHM, est entraînant et, sans pour autant casser trois pattes à un canard, le résultat est relativement efficace. Par contre, une fois l’affaire classée, le reste de l’album sombre dans le prévisible et est beaucoup trop conforme à mes attentes. Toutes les tares du screamo sont présentes : riffs faussement alambiqués, chanteur à la ramasse aussi bien en chant clair que lorsque il crie, mélodies foireuses, abus d’un tempo moyen inextricable, paroles émos au possible, utilisation systématique du « stop and go » sur toutes les chansons (toutes ? oui, toutes !) et les guitares sonnent bien trop clean pour du metal.

Bref, aucune surprise possible. L’album est une compilation des travers du genre, sans la moindre étincelle de créativité, c’est de la pop US du pire tonneau, à laquelle on a collé une perruque et une barbe postiche pour la faire passer pour un metalleux. Après tout, il faut bien que les petits adolescents malheureux puissent écouter un truc qui fasse vaguement rebelle, histoire de quand même faire un peu peur à leurs parents. Mais il ne faut surtout pas que ça soit trop violent ou trop négatif, parce que les vilains hardcoreux pleins de tatouages, eux ils font vraiment peur. Conclusion, l’album est insipide, plat et sans intérêt. On s’emmerde comme rarement en écoutant cette galette et on se dit rapidement qu’on pourrait facilement trouver quelque chose de plus constructif à faire, comme regarder l’herbe pousser ou la peinture sécher.

L’expérience est à ce point pénible qu’on en raterait sans peine la gemme cachée de l’album. The forgotten one (au titre étrangement prophétique) est une sympathique ballade rock sudiste qui ne dépareillerait pas sur un album de Molly Hatchet, à ceci près que les cowboys de Molly Hatchet n’ont pas habitude de geindre parce que leurs parents ne les comprennent pas, tu vois. Malheureusement, la chanson est telle un Robinson naufragé sur un océan de merde, et les efforts nécessaires pour la secourir n’en valent carrément pas la peine. De fait, il faut être sourd ou n’avoir absolument aucun goût pour trouver des qualités rédemptrices à ce Hymn of the broken man. Dès lors, gageons que les émos vont faire de cette tranche de bouse un chef-d’œuvre. Les autres passeront leur chemin vu que, pour citer la devise favorite de la maréchaussée, y’a rien à voir.



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Arnaud Splendore





Il y a 7 contribution(s) au forum.

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4 octobre 2012, par Mini [retour au début des forums]

This post have very nice information with good keyword stuff.
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Times of Grace : "The hymn of a broken man"

13 mars 2011 [retour au début des forums]

Ca se voit que tu connais rien au vrai rock a savoir le metal

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Times of Grace : "The hymn of a broken man"

4 février 2011 [retour au début des forums]

Vivement la critique du prochain Montevideo ! Le dernier titre de ces crétins pédants circule sur le net : il est tout pompé sur Bowie période "Low". Même la voix ! Je sens qu’on va encore bien rire. Bande de gugusses.

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Times of Grace : "The hymn of a broken man"

4 février 2011 [retour au début des forums]

Quel intérêt de faire un article méchant sur un groupe totalement inconnu et dont tout le monde se fout ?
ps:la pochette est belle.

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