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The Absence : "Enemy unbound"
Considère ceci comme un divorce !

mercredi 10 novembre 2010, par Arnaud Splendore

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Cher death-metal mélodique,

Ce n’est pas facile de tirer un trait sur une histoire aussi longue que la nôtre. Pourtant, il faut faire face à la réalité de notre situation. Depuis des années, tu ne fais plus aucun effort pour entretenir la flamme qui animait notre relation à ses débuts. Tu te laisses aller, tu ne changes plus de sous-vêtements qu’au bout d’une semaine et, cerise sur le gâteau, tu pètes au lit. Ma mère m’avait pourtant prévenu, elle te trouvait mauvais genre, avec tes dreadlocks, ton anneau dans le nez, tes riffs incisifs, tes chansons au contenu émotionnel à des années-lumières des clichés véhiculés par tes semblables et surtout cet habile mélange entre la brutalité et la mélodie, que tu arborais partout, pas peu fier de toi. Mais j’étais jeune et fou, et un peu rebelle. Je voulais croire que tu étais différent, et que notre histoire durerait toujours. Bien mal m’en a pris...

Pourtant, nous avons eu de bons moments. Je me souviens de notre première rencontre, c’était The mind’s I de Dark Tranquillity. Comment oublier la magie de cette découverte, de ces premiers instants ? Alors que tout le monde autour de moi écoutait soit des dinosaures dont la date de péremption était depuis longtemps dépassée ou des bûcherons qui ignoraient jusqu’au sens du mot mélodie, j’avais la certitude d’avoir découvert quelque chose d’unique. Et puis il y a eu At The Gates avec With fear I kiss the burning darkness et ce fut comme un rêve. Puis à l’époque, tu ne manquais pas d’attentions envers moi. Je me souviens encore de Colony d’In Flames et de ses ambiances sombres et désespérées. Et alors que j’étais certain que At The Gates ne pourrait jamais se surpasser, voilà que tu débarques avec un Slaughter of the soul sorti de nulle part. L’idylle était parfaite, mais malheureusement, rien ne dure éternellement.

Oh, j’aurais dû voir les signes, j’aurais dû écouter mes amis qui essayaient de me prévenir, mais je ne voulais rien entendre. Et pourtant, si j’avais été plus attentif, je me serais rendu compte que quelque chose n’allait pas. Pour commencer, il y a eu le split d’At The Gates, mais tu m’as dit que ce n’était pas grave, qu’il valait mieux qu’ils se séparent avant de dégénérer, et je t’ai cru. Ensuite, tu as laissé partir In Flames vers les terres des djeunz à baskets, et tu m’as dit que ce n’était rien, qu’ils voulaient toucher un autre public et qu’il fallait respecter leur décision. Tu m’as dit que nous avions toujours Dark Tranquillity, même s’ils étaient engagés dans la spirale destructrice de l’auto-parodie. Tu m’as présenté tous ces nouveaux groupes, comme Children of Bodom ou Darkane, mais je sentais bien que ce n’était plus la même chose.

J’ai bien essayé de faire des efforts, j’ai continué à suivre la carrière de Dark Tranquillity, et je prétendais même que chaque album surpassait le précédent, alors que je savais très bien que ce n’était pas vrai. Après trois écoutes, je rangeais le CD sur l’étagère en soupirant, mais toi, tu n’as jamais rien vu ou tu faisais semblant de ne rien voir. J’ai même fait semblant de m’intéresser à tous ces nouveaux groupes, quand bien même ils me laissaient froid. Le génie, l’inventivité, la créativité des débuts étaient partis, mais je ne voulais pas abandonner. Je n’ai même rien dit quand tu as commencé à fréquenter ces deux grosses putes de metalcore et de screamo. Tu avais beau prétendre que si je voulais que notre histoire dure, il fallait te laisser ta liberté, que tu avais besoin de variété. Dis plutôt que tu voulais racoler du jeune, que le look cheveux longs et t-shirt noir ne te convenait plus.

Et voilà que tu ramène un petit nouveau, comme si ça allait changer quelque chose. Ils s’appellent The Absence, m’as-tu dit, et Enemy unbound, leur troisième album est une véritable bombe. Penses-tu ! En guise de bombe, il s’agit tout au plus d’un pétard mouillé. Non seulement ça n’apporte absolument rien de nouveau, mais en plus de ça, ils nous infligent un lapin Duracell en guise de batteur et un guitariste qui se prend pour Joe Satriani, complet avec des soli interminables et surannés et instrumentaux pompeux pour se mettre en avant. Le chanteur n’a qu’une note à son registre et flirte dangereusement avec le screamo. Quant à la musique, elle oscille entre de la repompe pure et simple de At The Gates et des plans binaires évoquant de façon malsaine cette grosse pute vérolée de Lamb of God.

Alors cette fois-ci, la mesure est à son comble. Je ne vais plus tolérer plus longtemps que tu te ramènes avec un étron dans du papier-cadeau en prétendant qu’il s’agit d’une merveille. Tu ne veux pas que je te dise merci, non plus ? Soit, je suis peut-être injuste avec The Absence. Tout n’est pas si noir et le groupe a quand même des qualités, mais elles sont noyées par la médiocrité de l’ensemble. Le titre Enemy unbound est même plus que sympathique. Mais c’est la quinzième fois que tu me fais le coup. Tu te pointes avec un douze titres dont un seul est correct et je me fais avoir à chaque fois. Mais pas ce coup-ci ! Je t’annonce que The Absence, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Inutile de revenir avec un énième clone, je ne veux plus rien savoir. Tu peux continuer à taper dans l’ado américain à ton aise, pour moi, tu n’existes plus. Nous aurons toujours les albums de nos débuts, mais tu peux garder le reste.

Adieu !



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Arnaud Splendore





Il y a 1 contribution(s) au forum.

The Absence : "Enemy unbound"
(1/1) 11 novembre 2010, par HB




The Absence : "Enemy unbound"

11 novembre 2010, par HB [retour au début des forums]

Sa Splendeur s’est surpassée ; en plus, la voici libre !
(moi blond, propre, rasé sans dreadlocks, bien sous tout rapport)

 :-D

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