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Stratovarius : "Elysium"
Coming-out !

samedi 2 avril 2011, par Vincent Ouslati

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Cher vous tous, n’en pouvant plus de vos regards suspicieux, je crois qu’il est temps de vous avouer la vérité, sans pudeur et sans masque. Afin de couper court à toutes les rumeurs à mon endroit (mais surtout à mon envers), je vous l’avoue ici aujourd’hui, oui, j’aime Stratovarius.

Quand j’étais petit, j’étais un garconnet normal, c’est-à-dire que j’avais des Bioman et des GI-Joe et qu’ils se limitaient à se taper dessus. Jamais un qui montait sur l’autre avec une motivation autre que de lui faire péter la cervelle. Mais il m’arrivait de reluquer au détour d’une page de publicité les Bisounours, et les Petits Poneys aussi... J’avais beau m’en défendre, je trouvais cela fort joli, apaisant, avec tous ces petits équidés faisant la file sur un arc-en-ciel. Bataille de gros poutous et c’est si bon l’amour et les petites fleurs, et ce lyrisme de manège enchanté.

Mes changements hormonaux se déroulèrent sans problèmes aucuns, et je pus maintenir l’illusion, en privilégiant le beauf-metal depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui, le lourd et rigide heavy, des trucs de poilus, ne laissant aucuns doutes sur mes positions.
Restait que les petits poneys et leur fanfare lyrique sous le rainbow, ça ne disparaissait jamais vraiment, tel le coté obscur de la fleur bleue. Cette double personnalité, la fausse brutale et la vraie mignonnette ne put longtemps se contenir ainsi et récemment se produisit le clash : l’écoute sous la couette du nouvel album de Stratovarius, Elysium. Ce disque me fit proclamer de forte manière que ce groupe est beau, que je l’aime et que je veux monter sur son poney ailé là tout de suite.

Ils vont vite, font dans le lyrique, usent de claviers parfois à la limite de se fesser les joues en hurlant que c’est pas possible des trucs pareils et que rhaaa mais naaaaan, mais putain c’est quoi ça, balancent des vocalises farinelliesques dangereuses pour les bonnes moeurs, mais rien à faire... Je kiffe comme une pucelle.

Car non, Stratovarius n’est pas si fofolle que vous le prétendez et l’indispensable perle du jour (Lifetime in a moment) est excellente parce que lourdement puissante tout en déblayant le genre de ses oripeaux ringards. Excellente aussi par son usage du clavier qui se résume en un choc auditif inoubliable, pernicieux.
Ce refrain toutes baguettes dehors me refile des frissons dans tout mon Dim, mon bras se tend telle une menace de fist-fucking au premier qui oserait dénigrer cette fratrie finnoise (fais gaffe, Arnaud, occulte bien ta backroom !). Lifetime in a moment me prend dans le métro, dans la rue, à six plombes du mat’, n’importe où, et j’aime toujours autant ça, sans jamais m’en lasser.

Sur Polaris, Stratovarius récemment séparé de Timo Tolkki assumait gentiment mais demeurait un peu honteux à proposer des titres dénués du sceau du gros dingue. Aujourd’hui, la bande s’est décomplexée, et s’affirme enfin.

Darkest hours, facile, convenu, mais prometteur, Under flaming skies et ses arabesques, sa rapidité, Infernal Maze et son féroce matraquage (Rhapsody et son pompeux Reign of terror à coté fait soudainement boursouflé), Fairness justified au superbe chant de Kotipelto, et sa tension dramatique au poil. Le démarrage orgasmique de The game never ends, le monumental Lifetime in a moment, le plus intime Move the mountain et son piano, et son allure tout en voiles fins et délicats.

Puis Event Horizon, moins mémorable mais toujours mieux que du Angra neuf (n’écoutez pas leur dernier album Aqua, s’il vous plait...). Puis Elysium, pièce maitresse et pleine d’ambition, mais le groupe s’en donne les moyens et ce bijou gagne en ampleur ce qu’il étire en minutes. Son départ de basse et de clavier ne m’inspire qu’un mot, modernité. Bien aidé en cela par une production comme souvent parfaite, sa grandeur est si totalement maitrisée et voulue que l’on ne peut que respecter la prouesse, éludant toute accusation (possible) de gnangnan.

J’ai cité tout l’album, parce qu’il est intégralement bon, libéré et assumé comme tel. Un album osé de la part d’un groupe qui n’a plus honte de rien. J’apprécie à sa juste valeur ce communicatif plaisir (de jouer) qui se ressent à l’écoute et qui fait pardonner le kitsch apparent. Stratovarius, petits poneys du metal sur un arc-en-ciel, et c’est si bon, et oui, j’assume.



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Vincent Ouslati





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Stratovarius : "Elysium"
(1/3) 18 février 2012, par briand
Stratovarius : "Elysium"
(2/3) 4 avril 2011, par Rico
Stratovarius : "Elysium"
(3/3) 2 avril 2011, par spock27




Stratovarius : "Elysium"

18 février 2012, par briand [retour au début des forums]

Votre billet est passionnant

chiner votre pneu pas cher

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Stratovarius : "Elysium"

4 avril 2011, par Rico [retour au début des forums]

J’ai découvert Strato par le précédent album, qui m’avait beaucoup plus séduit que celui ci, plus ampoulé et moins inspiré à mon gout... Reste un vocaliste vraiment solide, même si son anglais cartonné prête parfois à sourire ;-) je ne serai de toute façon jamais plus déçu que le dernier Thérion !

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Stratovarius : "Elysium"

2 avril 2011, par spock27 [retour au début des forums]

C’est toujours gênant de lire des chroniques de disques métal. On se dit toujours qu’on va vérifier si "oui ou non", on n’aurait pas un de des disques du groupe que tu chroniques ici avec verve et que, dans l’affirmative, on va se prendre un coup de vieux !

Hé ça n’a pas raté ! Peu d’entre-nous on connu cette vague de trash-death-hard-core qui a secoué pas mal de continents (faut pas déconner) et pas mal de tympans (là, ce n’est pas pour déconner) mais en 85, le métal s’est renouvelé et pas qu’un peu. Comme si tout d’un coup, le métal n’était plus réservé à ces décervelés (si si, vous, les Métaleux n’aviez pas vraiment bonne presse ; je peux même vous dire que vous nous paraissiez un peu cons. J’admets ; j’étais (nous étions) jeunes. On pardonne parfois à la jeunesse. Parfois).

Un peu aussi grâce à un groupe hautement sous-estimé (ok, ils n’ont fait qu’un bon album mais quel album), je parle évidemment de DISCHARGE et de leur disque "Hear nothing, see nothing, say nothing", véritable bombe en son genre qui ont réconcilié les punks (louchant déjà avec Motörhead vers un genre honni, oh combien) et le... métal.

Après, 85 et jusqu’à 91/92, on a connu de grandes et belles choses. Bon Entombed continue encore donc on ne peut pas à priori dater la fin de cette mouvance mais il faut bien des repères, disons qu’en 95, donc après une décennie, la messe était dite.

Le premier Stratovarius était sorti en 89 (oui, je sais, ça fait mal) et le disque que tu chroniques avec bcp de mérites ; comme toutes tes critiques qui en sont, des "vraies" chroniques) est leur 14e album !

Moi, je dis wow !

Al.

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