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Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"
Horreur gothique

samedi 4 septembre 2010, par Arnaud Splendore

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Autant vous le dire d’entrée de jeu, j’ai beaucoup de mal avec ce qu’on appelle communément le hard-rock gothique à voix féminine. La scène en question m’a toujours laissé froid, tous les groupes se ressemblent et on ne m’ôtera pas de l’idée que les chanteuses sont avant tout choisies pour le plastique que pour leurs talents vocaux supposés. Alors quand je me retrouve à chroniquer le premier album solo d’une figure proéminente de la scène, je m’attends fatalement à un album de merde. Et bien, j’ai été surpris... c’est encore pire que ce à quoi je m’attendais !

Pour ceux qui auraient le bonheur de ne pas savoir qui est miss Jezebel Deva, la demoiselle s’est fait connaître en tapant la pige en tant que choriste au sein de plusieurs formations du cru, parmi lesquelles on trouve des groupes comme Cradle of Filth ou Therion. Elle s’y est même taillé une certaine notoriété, et l’on trouve de nombreux fans n’ayant de cesse de se pâmer pour les talents de chanteuse de Sarah. De toute évidence, ces susdits fans feraient bien de prendre rendez-vous chez leur O.R.L. au plus vite, parce qu’ils doivent une quantité assez impressionnante de merde dans les oreilles.

Toujours est-il que, forte de cette notoriété bien mal acquise, voilà Sarah qui décide de se lancer dans l’aventure de la carrière solo, malgré le destin habituellement réservé à ce genre de tentatives. A ce sujet, que les deux personnes qui se souviennent encore de Synergy et de sa chanteuse Kimberly Goss lèvent la main. Quoi qu’il en soit, miss Deva embrigade donc deux de ses ex-comparses de Cradle of Filth, le bassiste Dave Pybus (ou plutôt Dave Pubis, on a l’humour facile, chez Cradle...) et le claviériste Martin Powell. Rajoutez à cela l’autre ex-Cradle Gian Pyres, qui cachetonne uniquement sur scène, et deux sinistres inconnus, un derrière les fûts, l’autre qui fait semblant de pouvoir jouer de la guitare, et vous obtenez la formation qui va nous livrer un monument musical dont l’originalité et le génie ne devraient pas tarder à lui glaner le titre de Dark side of the moon du goth-metal...

Oui, d’accord, je me moque. Mais honnêtement, c’est la seule chose sensée à faire après s’être farci l’écoute de ce Sign of the sublime. De sublime ici, il n’est point question. Les titres peuvent être aisément regroupés en deux catégories. Nous avons tout d’abord des titres pseudo-black, comme ce They called her Lady Tyranny qui rappelle étrangement certains titres de Dusk and her embrace. Le problème est que, là où Cradle s’en sort généralement de façon honorable et parvient à faire un truc qui tient plus ou moins la route, Sarah n’a pas la moindre idée de ce qu’elle fait et l’ensemble ne ressemble à rien de cohérent. Ca riffe à tort et à travers et le batteur n’est de toute évidence pas au courant de la chanson qu’il doit jouer. Ajoutez à cela les nappes de clavier Bontempi, histoire de faire bien gothique, et vous aurez un aperçu de l’horreur.

Deuxième catégories de titres : les chansons pop-goth à la sauce « insérez ici le nom d’un groupe de goth-rock à la mode » (perso, j’aurais bien dit Evanescence, mais je crains qu’ils ne soient un peu has-been). Enfin, ça sonne comme du goth-rock, mais on est largement en dessous du niveau, pourtant déjà pas bien élevé, des classiques du genre. Comme pour les chansons pseudo-black, le résultat est une soupe imbuvable composée de riffs clichés au possible et d’un batteur qui ignore visiblement le concept de rythme. Et comme les prouesses vocales de la diva n’arrangent rien à la recette, on se dirige tout droit vers la gastro-entérite carabinée.

Parlons-en justement, des prouesses vocales de la Sarah... Elle évolue peut-être dans un registre différent de celui pratiqué par ses nombreuses collègues, mais c’est bien là sa seule qualité. Quand elle ne déclame pas ses textes d’une manière théâtrale parfaitement grotesque, elle les ânonne d’un ton monocorde, donnant l’impression de se faire autant chier que l’auditeur. Histoire de parfaire mon bonheur, la diva se complait à nous rappeler qu’elle une chanteuse d’opéra ratée et y va de ses vocalises qui feraient passer Tarja Turunen pour Montserrat Caballe. Ça passait limite dans Cradle, vu qu’elle se bornait à faire la choriste, mais sur tout un album, ça devient franchement vomitif.

Comble de bonheur, la production est complètement à la ramasse, l’ingénieur-son s’étant visiblement suicidé au Jack Daniels plutôt que de supporter plus longtemps les vocalises de la diva. Il faut dire qu’à l’écoute d’un titre comme The Devil’s opera, on le comprend et on aurait même tendance à vouloir l’imiter. Il faut dire que cette chanson d’inspiration baroque, où le clavier de Powell imitant péniblement un orchestre classique sert de canevas aux vocalises de la diva, est particulièrement offensante. D’aucuns qualifieront ce titre d’expérimental, le genre d’excuse que l’on sort pour justifier l’injustifiable. Personnellement, j’appelle ça une séance de torture.

L’écoute de cet album me laisse avec une question fort simple : quel est l’intérêt de cet objet ? La réponse est elle-même fort simple : aucun. Je veux bien admettre avoir des vues très arrêtées sur le goth-metal à voix féminine, mais je suis suffisamment beau joueur pour admettre que ce n’est pas parce que je n’aime pas que c’est de la merde. Mais là, on atteint un record. Sign of the sublime ne se contente pas d’être médiocre, il repousse les limites de l’ignoble, et il n’y a guère que les fans les plus hardcore du genre qui seront assez fous pour sortir leur porte-feuille pour aider la diva à rester propre et digne. Enfin, digne... Après un album aussi putassier, je pense qu’elle peut s’asseoir dessus. Pour toutes les autres personnes, puis-je me permettre de vous rappeler qu’un CD peut également faire un frisbee tout à fait acceptable ou un sous-verre qui risque de faire l’envie de vos convives.



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Arnaud Splendore





Il y a 11 contribution(s) au forum.

Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"
(1/4) 13 octobre 2012, par millhy
Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"
(2/4) 9 octobre 2012, par laycrus
Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"
(3/4) 4 septembre 2010, par Marc Lenglet
Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"
(4/4) 4 septembre 2010




Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"

13 octobre 2012, par millhy [retour au début des forums]

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Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"

9 octobre 2012, par laycrus [retour au début des forums]

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Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"

4 septembre 2010, par Marc Lenglet [retour au début des forums]

Beuh...j’aimais bien "Suicide by my side" de Sinergy, moi...^^

Note que Sarah Jezebel Deva avait déjà sorti un truc il y a quelques années sous le nom "Angtoria"...et que c’était tout aussi pourri !

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    Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"

    4 septembre 2010, par Arnaud Splendore [retour au début des forums]


    Oui, j’avais fort heureusement loupé, à l’époque" le Angtoria. Ce qui m’a avait fait levé un sourcil inquisiteur lorsque j’ai vu déboulé Sign of sublime, au son de "tiens, elle avait pas déjà un projet solo, elle ?"...Faut croire qu’elle imagine que son nom propre est plus vendeur.

    Pour Sinergy, le groupe avait ses qualités (même si ce n’est pas ma tasse de thé, je l’avoue). Le problème est que le groupe a loupé sa cible et que la majorité de leur public féminin (et c’est un comble de paradoxe) était surtout là pour le playboy, mister Alexi "Wildchild" Laiho.

    Aaaah, les groupies de Children of Bodom, tout un poème... :-)

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    Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"

    4 septembre 2010, par Fred [retour au début des forums]


    Pourquoi tu ne chroniques pas Suicide de Sinergy, Marc, si tu l’aimes bien ? Je ne l’ai pas trouvé dans les archives du site.

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Sarah Jezebel Deva : "A sign of sublime"

4 septembre 2010 [retour au début des forums]

...choisies pour le plastique... ?
A bon ? Cristina Scabbia est en plastique ? Franchement déçu.

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