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Rhapsody : "The frozen tears of angels"
Le retour du roi

vendredi 4 juin 2010, par Arnaud Splendore

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Rhapsody Of Fire est une cible privilégiée des détracteurs du metal. Il faut qu’avec le nombre impressionnant de casseroles qu’ils se trimballent, ça n’a rien d’étonnant. Leur musique est tellement ancrée dans les années 80 qu’elle en devient un cliché sur pattes et leur image heroic-fantasy enfonce tout ce que des groupes comme Manowar ou Hammerfall ont pu oser. Ajoutez à ça l’égo sur-dimensionné de leur leader, le guitariste Luca Turilli, qui aime à se considérer comme l’enfant spirituel de Beethoven, et vous avez une victime toute désignée. C’en est à ce point que même les métalleux honnissent les Italiens. Pourtant, le groupe n’est pas sans qualité et, en toute objectivité, ce nouvel album est sans doute leur meilleur depuis longtemps.

Or donc, The frozen tears of angels fait suite, dans la continuité narrative de Rhapsody et de leur saga heroic-fantasy, à Triumph and tragedy et poursuit donc les aventures de nos héros. Après avoir survécu aux périls enfouis dans les cavernes de Dar-Kunor et échappé aux terribles agents de l’Ordre noir, nos braves aventuriers ont enfin récupéré le septième tome de la prophétie de Nekron et vont pouvoir empêcher le retour du terrible.... Non, je ne peux pas continuer, c’est trop ridicule ! Les intégristes de Rhapsody me jetteront sans doute des pierres, mais la saga heroic-fantasy issue du cerveau, visiblement malade, de Luca Turilli est absolument infecte, le genre de déchet que même Michael Moorcock, dans ses pires heures, n’oserait publier. Restons-en là pour l’histoire et concentrons-nous sur l’important, la musique.

Le reproche principal adressé à Rhapsody of fire sur ses deux albums précédents était que le groupe se dispersait trop et s’éloignait de plus en plus de ce qui avait fait sa gloire, c’est à dire un speed-metal symphonique à la sauce suédoise couplé à une orchestration hollywoodienne, modèle bande-son de Conan. Sous l’impulsion de Turilli, qui est aussi le compositeur principal (tant qu’à faire), le groupe s’était perdu dans des expérimentations folk et instrumentales qui leur a aliéné même leurs fans les plus complets. Mais Rhapsody a bien reçu le message et ce Frozen tears voit le retour du groupe à de meilleures intentions.

Passé l’intro orchestrale et le bon vieux Christopher Lee, revenu de sa croisade contre les Saxons, qui nous lit un petit texte de sa grosse voix, le groupe entre directement dans le vif du sujet avec Sea of fate. La cavalcade de guitares ne laisse planer aucun doute, Rhapsody en veut et a ranimé la flamme qui animait leurs premiers albums. A l’écoute du titre, on constate même un élément surprenant. Rhapsody joue enfin comme un groupe, et non plus comme un backing-band pour Turilli et sa guitare magique. Il faut que le groupe, suite à une enculade magistrale de leur ancien label, a passé quatre ans à ronger son frein, vu qu’il leur était interdit de tourner ni de sortir de nouvel album tant que leur problème de contrat n’était pas résolu. Loin de précipiter la séparation du groupe, ce contre-temps semble avoir ressouder leurs liens et Rhapsody sonne enfin comme un ensemble et non plus comme des musiciens qui courent derrière leur leader.

Cerise sur le gâteau, les franco-germano-italiens se permettent même d’innover et d’évoluer, chose que l’on pensait impossible jusqu’ici. Un titre comme Crystal moonlight fait ainsi la part belle aux plans vocaux du chanteur, Fabio Lione. On sentirait presque que, pour une fois, le chanteur a eu son mot à dire et a pu apporter sa contribution aux chansons de l’album. Les structures vocales sont fouillées et Lione joue avec plusieurs pistes pour créer les ambiances épiques nécessaire à la musique de Rhapsody. De même sur Reign of terror, où Lione donne dans un registre à la limite du black-metal. De manière générale, les chansons sont moins basiques qu’à l’habitude et la musique de Rhapsody y gagne en profondeur, nouveauté bienvenue dans la carrière d’un groupe qui avait un rien tendance à la répétition.

Mais tout n’est pour autant rose au pays des elfes. Alors que les choses commençaient plutôt bien, Rhapsody foire totalement la seconde partie de son album. Les choses commencent à déraper avec Danza di fuoco e ghiaccio, l’inévitable chanson folk de l’album. Turilli a l’habitude de rendre hommage aux compositeurs qui l’ont influencé dans sa musique, Goblin ou Anton Dvorak par exemple. Mais de là à rendre hommage à Angelo Branduardi, il y a une limite à ne pas franchir. Et pourtant, la chanson est une sorte de sarabande folk que le baladin italien lui-même n’aurait pas renié. Le tout est couronné par un délire guitaristique de Turilli qui repart dans ses travers bien connus.

Et à partir de là, les choses partent en sucette... Si Raging starfire, dans le plus pur style de Holy thunderforce, sauve un peu les meubles, la suite est franchement décevante. Lost in a cold dream est une sorte de power-ballad dont toute la puissance est paradoxalement absente et le final, Frozen tears of angels, chipote pendant 5 minutes sans jamais vraiment démarrer. Cerise sur le gâteau, Turilli en a visiblement plein le cul de réfréner ses ardeurs et se lance à la grande joie de tous dans ses célèbres soli baveux. Luca est le genre de guitariste ultra-démonstratif et méga-pénible qui reste persuadé que la qualité d’un guitariste se mesure au nombre de notes qu’il est capable de jouer à la minute. Ca a toujours été le problème de Rhapsody, cette manie de vouloir en faire trop. Et si ça passe dans certaines chansons, l’excès de soli sur la fin de l’album plombe totalement l’ambiance et l’auditeur averti en restera là.

Malgré ce ratage, je garde une impression positive de l’album. Les deux albums précédents étaient franchement pénibles et on pouvait craindre que Rhapsody s’enfonce dans les clichés, tel un Hammerfall, et agonise lentement sous les quolibets du public. Mais de toute évidence, les Italiens ont compris qu’il était impératif de redresser la barre s’ils ne voulaient voir leur carrière se terminer prématurément. On peut reprocher pas mal de choses à Rhapsody, mais il est indéniable que le groupe a de grandes qualités, qualités qui ont fait leur gloire sur leurs premiers albums. La bonne nouvelle est que l’on retrouve, durant au moins la première moitié de Frozen tears of angels, ce souffle épique qui plaçait Rhapsody au-dessus de la compétition. C’est un premier pas dans la bonne direction, reste à espérer que le groupe continue comme cela.



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Arnaud Splendore





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Rhapsody : "The frozen tears of angels"
(1/3) 27 avril 2013, par Bantu
Rhapsody : "The frozen tears of angels"
(2/3) 17 avril 2013, par CM
Rhapsody : "The frozen tears of angels"
(3/3) 28 juin 2011




Rhapsody : "The frozen tears of angels"

27 avril 2013, par Bantu [retour au début des forums]

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Rhapsody : "The frozen tears of angels"

17 avril 2013, par CM [retour au début des forums]

thème imposé – du génie de la provoc. On retrouvait au track-listing, outre Franz Ferdinand, rien de moins que Placebo, Michael Stipe, Jarvis Cocker,

MB7-700 || MB7-701 || MB7-702

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Rhapsody : "The frozen tears of angels"

28 juin 2011 [retour au début des forums]

Luca Turilli est un guitariste absolument unique et la description que tu en fais est complètement erronée

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    Rhapsody : "The frozen tears of angels"

    30 juin 2011, par Arnaud [retour au début des forums]


    On parle bien du même Luca Turilli qui se vante d’écrire ses partitions comme Beethoven le faisait (et qui considère que tout qui est incapable de faire de même comme inférieur) ? Le même qui donne des cours de guitare via Internet à des étudiants qu’il choisit lui-même ? Le même qui pompe des plans de musique folklorique ou classique pour ses compos sans avoir la décence de donner ses sources ?

    Restons sérieux trente secondes, l’homme est clairement doué, mais il ne se prend pas pour de la merde. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas nécessairement une tare.

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    Rhapsody : "The frozen tears of angels"

    10 mai 2012 [retour au début des forums]


    on voit tout de suite le professionnalisme que vous avez eu en écrivant cette article ....
    Une reconversion s’impose rapidement et radicalement pour vous

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    Rhapsody : "The frozen tears of angels"

    22 septembre 2012, par sdf [retour au début des forums]


    J’ai l’impression que c’est le message d’un gros troll sexuellement frustré et qui vit toujours chez ses parents...

    http://lingling.50webs.com/
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