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Ratt : "Infestation"
Encore une épidémie que l’on espérait éradiquée...

mercredi 28 juillet 2010, par Vincent Ouslati

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Il y a de ces renaissances que l’on attend vraiment pas. Non pas que l’on patientait tout fébrile devant un retour fracassant, non pas que l’on rêvait de concerts énormes avec souvenirs de la belle époque et nanas en topless, non. C’est bêtement que Ratt qui sort un disque, ça passionne fort peu. Mais ne sachant bien pourquoi, je vais vous en causer...

Mais pourquoi en parler si on s’en fout, pourquoi perdre quelques précieuses minutes au boulot pour se pencher sur le cas de Ratt, groupe de seconde zone pour l’éternité, roi du copier-coller de ces poudreuses années 80. C’est quand même fort de leur part que de n’avoir jamais tenté de surmonter un premier bon disque et d’en avoir fait une redite durant dix ans. En plantant le décor, il est bien d’accord que je ne suis pas grand admirateur du rongeur, mais tentons l’impartialité (arf...).

Ratt, ce fut un suiveur fidèle d’Aerosmith, un inconditionnel des dernières places du podium, jamais cité comme une référence, pas vraiment conspué non plus. Il fallait batailler avec les Guns N’ Roses, Mötley Crüe, Bon Jovi et autres pontes du rock US eighties. A l’époque, c’était le top et Ratt est à coté, du top. Eux avaient des tubes énormes, de la prise de risque entre deux prises de coke, une fanbase longue comme la 5th Avenue, des personnages "charismatiques".

Ratt avait... nettement moins à offrir. Niveau chanteur, Stephen Pearcy n’est pas un ténor, c’est entendu. Timbre de cancéreux en phase terminale, accents de perversion aux commissures des lèvres, il faut apprendre à apprécier un organe aussi hideux de prime abord.
Musicalement, le bilan est plus avenant, la troupe ayant un bon background, mention particulière au guitariste Warren Demartini qui sort la tête du trou à de nombreuses reprises. Ça nous donne quelque chose d’honnête donc, c’est pas flamboyant, pas incroyable, c’est bien fait mais pas essentiel. Il en faut pourtant de ces seconds couteaux pour faire reluire des Appetite for destruction ou des Shout at the devil. Un Ratt, même affûté, reste en second. Et ça n’a pas changé.

Lorsque le groupe était en pleine bourre, soit de 1985 à 86 (la suite, franchement est oubliable), il profite du fort courant du rock américain pour se faire sa place et si c’est pas génial niveau technique, leur popularité est incontestable. Mais en 2010, sur quelle vague vont allez surfer nos rongeurs à la queue pelée ? Hmmm ? Bingo, celle de la nostalgie faisandée. Infestation fait illusion le temps de Eat me up alive, grosse intro heavy et effets spéciaux du IIIème millénaire, on y croirait presque. Puis Ratt sent dès le refrain que l’innovation, il a jamais su faire et que c’est pas dans la cinquantaine - ou peu s’en faut - de ses membres qu’il va en trouver, donc roue libre. Onze titres de hard rock US comme peu osent encore en faire, du hard naphtaline qui laisse froid. Comme avant, il faut chercher les bons moments dans les soli de Demartini, il faut supporter les vocalises "enchanteresses" de Pearcy, puis on passe la bande, puis on s’emmerde, et que c’est cruel des fois de vieillir, merde.

Pas moyen d’en faire une apologie, c’est vraiment quelconque, Ratt aurait pu stopper la machine sincèrement et juste survivre de sa ringardise passée (vous pouvez intervertir "ringardise" avec "gloire" si vous le souhaitez) mais nos vieux seconds rôles souhaitaient encore nous faire bailler en 2010, c’est chose faite, c’est pas sympa pour nous. Ce ne sont pas les premiers, je me rappelle de Tesla qui avait proposé la même came il y a deux ans avec Forever More. Je trouve maintenant qu’ils s’en étaient bien mieux tirés. Ratt, nan les mecs, c’est pas nul, c’est parfois entraînant, c’est parfois tellement pompé sur le Crüe que fatalement, ça fait dodeliner très légèrement des cervicales, mais si peu, vraiment si peu. C’est bien cela, nos amis ne sont pas mauvais, mais sont incapables de pondre quelque chose de novateur, il faut éternellement en passer par de la repompe, par des collages confus et forcément moins bons que les originaux, c’est rasoir à force. A quoi bon aller mettre 15 euros chez des copies même pas bonnes alors que les originaux sont en promo à la Fnuck ?

Et pourquoi en parler alors ? Ma foi, Ratt valait bien une chronique, la voici.



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Vincent Ouslati





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Ratt : "Infestation"
(1/1) 28 juillet 2010, par Marc Lenglet




Ratt : "Infestation"

28 juillet 2010, par Marc Lenglet [retour au début des forums]

Ben, en même temps, j’ai plutôt été agréablement surpris. L’avais dégotté pour rigoler (parce que Ratt, bon quand même, j’adore la merde sleaze Eighties, mais j’ai mes limites ^^) et objectivement, ce n’est pas un album très passionnant. M’enfin, dans le créneau, "faisandé" comme tu dis, qu’ils occupent, c’est plutôt réussi. Meilleur même, que le Mötley Crüe d’il y a deux ans, ou que la lente agonie pop d’Aerosmith et Bon Jovi. Dans le genre second couteaux laborieux, style L.A. Guns, qui savent que leur chance est définitivement passée mais qui s’accrochent quand même. Pas vraiment d’admiration pour eux mais une indéniable sympathie...

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