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Parkway Drive : "Deep blue"
En vente au rayon boucherie

mardi 21 décembre 2010, par Arnaud Splendore

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C’est un fait avéré, le metalcore n’est pas ma tasse de thé. Certes, je confesse une certaine affection pour les New-yorkais de Biohazard et j’admets que les sous-branches du genre, post, sludge ou death, produisent des groupes assez innovants et intéressants. D’autre part, la frontière floue entre le metalcore et le screamo me conduit à une certaine méfiance. Si je n’ai rien contre les hardcoreux qui ajoutent une bonne rasade de metal dans leur musique, les adolescents américains qui couinent ont plutôt tendance à me pêter les noix. C’est donc une oreille curieuse mais néophyte que je pose sur la nouvelle galette de Parkway Drive, eu égard à leur présence au Graspop 2011. Et ben, mon cadet, je ne suis pas déçu de l’expérience. Par contre, je cherche des tympans de remplacement...

Quarante-cinq minutes plus tard, je me sens comme un pauvre hère qui vient de passer douze rounds avec un Mohammed Ali au sommet de sa forme. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Parkway Drive envoie le steak sans faire de compromis. Si leur musique est sans surprise, les petits gars mettent une application rare à vous déboucher les fosses à miel. On retrouve la fusion classique entre rythmique hardcore punk et harmonies metal, l’alternance entre des riffs syncopés et des rafales de blast-beats, propres à susciter un mosh-pit digne de ce nom.

Ajoutez à cela un chanteur qui doit être le fils illégitime de Phil Anselmo (Pantera, Down) et de Burton C. Bell (Fear Factory), c’est à dire qui oscille entre le porc qu’on égorge et l’ours tiré de son sommeil par un chasseur un brin trop optimiste, et vous obtenez une recette simplissime et bien connue que Parkway Drive applique à la lettre et avec une intensité toute particulière. Au passage, le groupe a le bon goût de ne pas chercher à mettre de l’eau dans son vin en incluant une voix claire, le genre de truc qui plombe l’ambiance neuf fois sur dix. Rien que pour ça, je leur dis merci !

Passé une petite intro instrumentale, le groupe chope son public par la gorge et commence la distribution des mandales sans discontinuer. Et quand il se ménage un petit moment d’accalmie, c’est pour mieux reprendre la ratonnade. Malgré toute son efficacité, Parkway Drive ne réinvente pas la roue. Si l’exécution est sans faute, il n’en reste pas moins qu’une petite routine s’installe à longueur d’album. Sans aller jusqu’à dire qu’on s’emmerde, Parkway Drive peine un peu à garder l’attention de l’auditeur sur toute la durée de Deep blue. Quelques chansons plus faibles contribuent au méfait, mais le groupe a eu l’intelligence de doser son effort, en identifiant et en répartissant les titres les plus massifs sur l’ensemble de la galette. Ainsi, après un Pressures quelque peu monotone, le groupe reprend son auditoire en main avec Deliver me, véritable hymne au bûcheronnage version hardcore.

Et si Deep blue comporte bien une ou deux chansons plus faibles, on y trouve surtout Sleepwalker, titre qui, à lui seul, vaut largement l’achat de l’album. La chanson, parfaite synthèse entre le metal et le hardcore, devrait servir de mètre-étalon pour tous les groupes metalcore. Parkway Drive y est à son pinacle, parfaitement en place et mouline son auditoire en alternant avec grande classe riffs « stop and go », défouraillage punk et refrains accrocheurs. Honnêtement, si cette chanson ne vous laisse pas sur le cul, laissez tout de suite tomber le metalcore, ce genre n’est pas fait pour vous.

Avec Deep blue, les amateurs de subtilité et de mélodie seraient bien avisés d’aller voir ailleurs, histoire de vérifier si Mylène Farmer ne serait pas plus dans leur rayon. L’album, malgré quelques temps morts, est un véritable hymne au pain dans la gueule, le genre de galette qu’on s’écoute histoire de se passer les nerfs, voire qu’on se passe de frais matin, histoire de se donner un bon coup de pied au cul pour démarrer la journée. On ne retrouve franchement ce genre d’intensité que dans des bons vieux groupes de thrash du genre de Slayer ou d’Overkill. Oubliez toutes les prétentions pseudo-cérébrales du mathcore ou les jérémiades existentialistes d’autres groupes du cru. Parkway Drive a pour mission de vous déboucher les esgourdes et ils comptent bien y arriver par la méthode la plus brutale qui soit.



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Arnaud Splendore





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Parkway Drive : "Deep blue"
(1/1) 22 décembre 2010, par Troll raté




Parkway Drive : "Deep blue"

22 décembre 2010, par Troll raté  [retour au début des forums]

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