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Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"
Phase terminale

mercredi 25 novembre 2009, par Arnaud Splendore

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La carrière de Paradise Lost est un peu comme une longue agonie. Alors que le groupe était au sommet de sa gloire, à la pointe d’un nouveau courant musical et qu’il venait d’enchaîner trois album définitifs toujours considérés comme des piliers du doom gothique, les anglais ont opéré un virage artistique inexplicable en se lançant dans l’électro-wave. Après une longue traversée du désert, aussi bien sur le plan artistique que commercial, le groupe a opté pour ce que l’on appelle, en langage politiquement correct, un « retour aux sources » (et que moi, j’appelle un « baissage de pantalon »). Faith… est le troisième album de ce « come-back » palliatif. Et là, il est franchement temps de débrancher le respirateur !

Quand il s’agit de faire un retour aux sources, on ne peut pas dire que Paradise Lost se casse beaucoup le cul. De fait, ils se contentent de reprendre les « clichés » qui constituaient le son du groupe à l’époque et vogue la galère. Résultat, on se retrouve avec un album qui fait furieusement penser à ces plats sous vide soi-disant préparés par des grands chefs. Vous savez, ça ressemble à de la cuisine, ça sent comme de la cuisine, mais ça a un goût de carton-pâte. Avec Faith… c’est pareil, ça sonne comme du Paradise Lost, mais c’est de la merde.

Non content de tenter de ré-appliquer la formule passée, Paradise Lost, complètement en manque d’inspiration, va même jusqu’à s’auto-plagier. Ainsi, l’intro de Universal dream fait furieusement penser à un certain Pity the Sadness. De même, le final de I remain évoque un non moins connu Colossal rains. Ça, à force de vouloir rappeler la gloire passée, c’était fatal qu’ils finissent par se copier eux-mêmes. Il faut dire que le peu d’efforts fournis pour se renouveler est particulièrement flagrant, tant les chansons se ressemblent. Tout est construit sur le même modèle et s’il y a parfois quelques envolées, on retombe systématiquement sur ce bon vieux tempo modéré, et on a à chaque nouvelle chanson l’impression que ça se traîne, que le groupe peine pour arriver au bout de son idée.

Mais il serait faux de simplement affirmer que Paradise Lost se contente de jouer la carte passéiste pour tenter de rameuter les anciens fans. Non non, il ne faudrait pas négliger un public plus jeune, non plus. Alors, les Anglais tentent de se la jouer moderne et, là aussi, ça rate complètement la cible. Prenons par exemple Living with scars. Oh, une polyrythmie ! Ça pourrait passer pour original et intéressant si des groupes comme Meshuggah n’en avaient pas fait leur marque de fabrique depuis des années. Et ça continue avec Frailty et son intro pompée sur Cradle of Filth… Comble de bonheur, les chansons sont toutes noyées dans un son faussement djeunz, à grands renforts de guitares accordées un ton plus bas, histoire de sonner moderne.

Bien entendu, il ne faudrait surtout pas négliger les trois fans que Paradise Lost a pu ramasser durant sa période électro. Ceux-là seront heureux (ou pas) d’apprendre que la plupart des chansons de Faith… ont leur petit passage électro (particulièrement illustré sur les couplets de In truth) où les nappes de clavier font leur apparition et où Nick Holmes retrouve sa voix de chèvre. Sincèrement, on aurait pu croire que depuis le temps, quelqu’un dans l’entourage de Holmes aurait eu le courage de lui dire « Écoute Nick, ta voix claire, c’est bien joli mais tu chantes comme une casserole ! ». Et bien non ! Conclusion, le père Nick continue à se ridiculiser…

Le plus criminel dans cette histoire, c’est que l’ensemble sonne comme un album qui serait sorti il y a quinze ans. En guise de retour aux sources, Paradise Lost effectue plutôt une régression. Et y’a pas de miracle, panne d’inspiration, des chansons plombées par un tempo modéré et répétitif et un groupe visiblement en roue libre. La conclusion est fatale, on se fait royalement chier tout au long de l’album. Il n’y a guère que First light qui se sort un peu du marasme ambiant et qui rappelle un peu qu’à une époque, le groupe a pu toucher du doigt l’inspiration divine. Faith… serait le premier album d’une formation inconnue, il causerait tout au plus un lever de sourcil poli et une réflexion du genre « oui, c’est un peu convenu mais il y a du potentiel ». Le problème, c’est qu’il s’agit ici d’un groupe qui, à une époque, fut fondateur et responsable de trois albums majeurs de la scène doom gothique.

Alors rendez-vous un service, gardez vos sous et réécoutez-vous plutôt Shades of God, Icon ou Draconian times. Ça vous évitera de vous taper un ulcère et peut-être que ça fera même passer le message à Nick et ses troupes qu’il serait temps de raccrocher. Parce que sinon, ces cons-là sont foutus de refaire un album. Et je préfère prévenir, faudra pas compter sur moi pour se taper la chronique. Je peux franchement trouver des choses plus passionnantes à faire, genre regarder pousser le gazon !



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Arnaud Splendore





Il y a 10 contribution(s) au forum.

Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"
(1/4) 27 novembre 2009, par Rodrigo
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(2/4) 26 novembre 2009, par Lemmyke
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(3/4) 25 novembre 2009, par MSK
Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"
(4/4) 25 novembre 2009, par HB




Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

27 novembre 2009, par Rodrigo [retour au début des forums]

C’est un peu dur quand même. C’est pas l’album du siècle, mais c’est loin d’être une merde...

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Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

26 novembre 2009, par Lemmyke [retour au début des forums]

Bah, je l’aime bien ce disque, moi...

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Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

25 novembre 2009, par MSK [retour au début des forums]

Un peu dure quand même la chronique... Il est évident qu’il s’agit d’un disque plus "alimentaire" que créatif mais, en ces temps de disette, on peut comprendre le besoin de nos Anglais de renouer avec son public metal : c’est lui qui vient aux concerts et achète les disques depuis le début, même durant la période "wave". Ces musiciens ne sont pas des super-stars du showbiz qui peuvent se permettre de thésauriser sur leurs antécédents. Donc, oui c’est vrai, ça ne vaut pas la "bonne période"... mais voilà enfin du neuf à se mettre sous la dent pour l’amateur du PL version metal. C’est assez rationnel finalement comme ré-orientation.

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    Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

    25 novembre 2009, par Arnaud Splendore [retour au début des forums]


    Opinion qui se défend, surtout au vu de la pauvreté actuelle de la scène gothique-doom. Mais pour moi, c’est un nivellement par le bas auquel je refuse de prendre part. Voir mes idoles de jadis racoler comme une vieille pute, ça me fait mal au cul.

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      Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

      25 novembre 2009, par MSK [retour au début des forums]


      Nous sommes d’accord. Ceci dit, cette réflexion est valable pour l’ensemble de la scène metal d’aujourd’hui et ne s’applique pas à PL plus en particulier me semble-t-il. Rien de bien innovant depuis les années ’90 en somme. La scène metal stagne depuis dix bonnes années... Mais quand on voit le sectarisme galopant de certains publics, on peut comprendre le réflexe sécuritaire des groupes qui vivent de leur art. Survivre en livrant au public ce qu’il demande ou innover, il faut parfois choisir malheureusement. Pour PL qui a tenté l’aventure "electro" et qui s’est planté économiquement parlant, le choix de repli sur sa base peut se comprendre.

      A lire les commentaires un peu partout sur le net concernant cet album, les avis sont divisés : les fans metalleux de la première heure saluent ce retour au metal d’antan, les autres -dont je fais partie- déplorent amèrement cette perte d’audace et cette soumission à la logique des chiffres...

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        Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

        25 novembre 2009, par Arnaud Splendore [retour au début des forums]


        Concernant la stagnation de la scène metal, juste quelques noms qui montrent bien que la scène n’est pas morte et a encore de fort belles choses à proposer : Madder Mortem, Pelican, Guilt Machine, Devin Townsend, Mastodon, Opeth, Pain of Salvation, etc, etc... Mais je suis d’accord pour dire que pas mal de groupes (principalement les plus anciens) ont tendance à se rabattre sur "ce qui marche" et ne cherchent plus à innover. Et je déplore également le cloisonnement des différentes scènes musicales, pour ne rien dire des "sous-genre" en metal.

        Cela dit, le retour aux sources dont je parlais dans l’article n’est pas systématiquement au rendez-vous. Suffit de voir l’exemple My Dying Bride. Après une tentative d’innovation foirée, le groupe est revenu à son son original. Ok, The Light at the end of the world n’est pas un chef-d’oeuvre, mais les suivants sont excellents. Convenus, certes, mais excellents. Dans le même ordre d’idée, on ne peut pas vraiment demander à ACDC de faire de l’électro-pop ! :-)

        Ce que je fustige chez Paradise Lost, c’est que la qualité est absente de ce retour aux sources. Si encore Faith... pouvait être comparé, qualitativement encore une fois, aux anciens albums, je ne critiquerai sans doute pas. Mais là, on a du mal à croire qu’il s’agit du même groupe. Et je suis d’avis que quand un groupe n’a plus rien à dire, il est qu’il prenne sa retraite, plutôt que de s’accrocher à une gloire passée. Et Paradise Lost est loin d’être le seul dans le cas...

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          Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

          25 novembre 2009, par HB [retour au début des forums]


          Et je suis d’avis que quand un groupe n’a plus rien à dire, il est qu’il prenne sa retraite, plutôt que de s’accrocher à une gloire passée.

          Oui mais voilà, comment être absolument certain qu’il ne s’agit pas d’une simple passe (certes qui dure), d’un trou d’air ou d’inspiration ? Dans le doute et par égards, si je peux, j’y reviendrai un jour –mais vous n’êtes pas obligé de me croire. Quant à la notion de retraite chez les rockeurs, compte tenu de l’avancée de la science (qui touche égalt les vétérinaires, donc nos amis les bêtes doomestiques quarantenaires), vous me permettrez juste de surgir dans votre petit échange couillu pour sourire un peu :-D

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            Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

            26 novembre 2009, par Arnaud Splendore [retour au début des forums]


            Je ne peux pas te donner tort. Rien ne dit que Paradise Lost ne va pas surprendre son monde dans le futur. Mais vu la direction artistique dans laquelle ils sont embarqués, j’ai mes doutes. Disons que j’admire ton optimisme ! ;-)

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          Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

          25 novembre 2009, par HB [retour au début des forums]


          mauvaise passe, je voulais dire bien sûr.

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Paradise Lost : "Faith divides us - Death unites us"

25 novembre 2009, par HB [retour au début des forums]

D’accord avec les 3 albums préconisés, à quoi j’ajouterais "Live Tracks, Demos & B-sides". Cet article fera faire des économies. Moi j’avais décidé d’arrêter les frais avec le si bien nommé "in requiem"...

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