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Overkill : "Ironbound"
C’est dans les vieilles casseroles...

mercredi 24 février 2010, par Arnaud Splendore

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Dans le petit monde des vétérans du thrash, Overkill fait figure de survivants. Alors que la vaste majorité de leurs contemporains ont plié bagage, ont mis de l’eau dans leur vin ou ont cédé aux sirènes du commercialisme, il ne reste guère que le quintet du New Jersey pour battre bien haut le pavillon du thrash old-school. Avec une régularité digne des impôts ou du beaujolais nouveau, le Kill nous abreuve des ses brûlots thrash quasi chaque année. Voyons voir ce que la cuvée 2010 nous réserve.

Dès l’ouverture de cet Ironbound, une chose est parfaitement claire : on est parti pour en prendre plein la gueule pendant 45 minutes. Après une petite intro toute en montée en puissance, typique du combo, les hostilités commencent. Avec The green and black, Ironbound et Bring me the night, Overkill annonce la couleur. Les cinq vétérans n’ont rien perdu de leur verve ni de leur énergie. Ca riffe dans tous les sens, et il faut bien la plus mid-tempo The goal is your soul pour reprendre sa respiration. Rien de bien révolutionnaire, mais ce n’est pas vraiment le but non plus.

Ce qui a toujours fait la force du combo, c’est leur capacité à nous balancer dix à quinze riffs par chanson. Et Ironbound ne fait mentir la légende. Dave Lisk et Derek « The Skull » Tailer, la dernière paire de guitaristes en date (depuis Killbox 13) sont acérés comme jamais. Alors que Immortalis, l’effort précédent du groupe, lorgnait un brin vers une sonorité plus moderne, à la Lamb of God, Ironbound marque un retour au son classique du groupe, l’album s’inscrivant dans la droite lignée des albums plus récents du Kill, notamment The Killing kind ou Necroshine. Petite touche d’originalité tout de même, certains titres font un peu office d’hommage à la New wave of british heavy metal, Endless war et son break fortement teinté Iron Maiden en tête.

Au poste de maître de cérémonie, on retrouve l’indéracinable Bobby « Blitz » Ellsworth et son chant caractéristique. L’homme aboie comme jamais et martèle les paroles, toujours aussi ironiques que d’habitude, comme autant d’uppercuts au foie. Blitz a toujours été un chanteur qui divise les foules, certaines personnes allant jusqu’à détester Overkill simplement à cause de sa voix. Pour les fans, par contre, Bobby est LA voix d’Overkill, la marque de fabrique du groupe. Et en tant que tel, il est donc parfaitement à sa place sur Ironbound. Par contre, si vous avez déjà testé et détesté Ellsworth, inutile d’aller plus loin, même si Blitz tente bien certaines expérimentations avec sa voix, comme un chant presque crooner sur Give a little.

Malgré ces petites tentatives d’innovation, Overkill colle à sa formule habituelle comme un écureuil écrasé par un seize tonnes colle à la route. Et si chaque chanson, prise séparément, constitue une perle thrash comme seuls les américains savent en faire, l’album est un peu difficile à se farcir d’une traite. Lorsque l’on arrive dans la seconde moitié de l’album, une certaine lassitude s’installe, Overkill n’en fournissant pas assez pour garder l’attention de l’auditeur. Conclusion, on s’ennuie un peu et on a tendance à faire l’impasse sur les derniers titres, malgré la qualité d’une bombe comme Killing for a living. C’est un problème récurrent pour le groupe, surtout ces derniers temps, mais cela n’enlève rien, comme je le disais, à la qualité intrinsèque de chaque titre.

Bref, 2010 est à peine commencé qu’Overkill y laisse déjà sa marque. Ironbound ne risque pas de changer grand-chose pour le groupe, en cela que ce n’est pas l’album qui va permettre au groupe d’exploser ou leur attirer une horde de nouveaux fans. En même temps, ce n’est pas le but. Overkill occupe une niche particulière dans la scène heavy et les fans du groupe y trouveront, comme à chaque fois, leur compte. Et les curieux qui apprécient un groupe bien couillu qui envoie le bois comme personne seraient bien inspirés de jeter une oreille à cet Ironbound, car s’il ne bouleverse pas l’ordre cosmique, c’est par contre une excellente leçon sur comment faire un album de thrash.



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Arnaud Splendore





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Overkill : "Ironbound"
(1/2) 2 avril 2011, par spock27
Overkill : "Ironbound"
(2/2) 1er mars 2010




Overkill : "Ironbound"

2 avril 2011, par spock27 [retour au début des forums]

tant qu’à faire pq pas une petite chronique d’un de ses groupes "trash" qui n’a pas vécu très longtemps certes mais qui a pondu quoi, trois, quatre ? bons albums, je parle de SACRILEGE ; le Sacrilege UK évidemment

car pour compliquer les choses, il y a un Sacrilege français !

al.

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Overkill : "Ironbound"

1er mars 2010 [retour au début des forums]

OK sur tout : album de la mort !

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