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Orphaned Land : "The never ending way of Orwarrior"
Ca sent bon le sable chaud

samedi 30 octobre 2010, par Vincent Ouslati

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De façon cyclique, j’attends un album. Non, pas un album, une révélation, un choc auditif qui me fait oublier une pelletée malheureuse de disques miteux, de vieux groupes déclinants, d’inutiles ersatz en piles de douze. Pour 2010, j’attendais Orphaned Land, la venue de mon messie venu apporter la lumière sur mes étagères. C’est probablement la sortie que je convoitais avec le plus de gourmandise, d’envie. Cet amas de sons lointains, d’envoûtements, mes progeux de la Terre Sainte ne m’ont pas déçus.

Et j’en attendais beaucoup, je vous l’avoue, après ce que Mabool m’avait fait il y a de cela six années (six putains de longues années). Orphaned Land n’a d’ailleurs pas revu sa copie, il l’a simplement peaufinée, perfectionnée, embellie avec une élégance rare. J’aime Orphaned Land pour cette association magique entre ces saveurs désertiques et ce son métallique si abouti. J’aime Orphaned Land pour sa capacité à créer des univers aussi distincts que sensés. Rien n’est plus décevant de voir un groupe jusqu’ici irréprochable revenir à la case départ par un grave manque d’inspiration. Les Israéliens ne semblent pas encore tombés dans ces travers, preuve en est de la richesse mélodique étourdissante de leur nouvel enfant.

A l’instar de Mabool, ce nouveau bijou relate une histoire, celle d’un Guerrier de Lumière et retrace sa vie, tant spirituelle que quotidienne. Le guitariste Matti Svatizky l’explique comme suit : « Il relate l’histoire d’un combattant de lumière (OR signifie lumière en hébreux). Le récit s’articule autour de la vie de ce guerrier, avec trois parties consistant en trois phases majeures de son existence. La première concerne le guerrier en tant que personne, la seconde s’attache à celui-ci en tant que guerrier en devenir de lumière avec le désir de combattre pour le Bien, et la troisième traite de l’apport par ce guerrier de la parole de lumière au peuple, celle-ci exposant la guerre entre la lumière et l’obscurité. »

D’aucuns ne vont pas aimer, non pas au niveau de l’histoire, ni au niveau de la musique en elle-même, mais bien à propos de la production. Claire, très "européenne", on pourra lui reprocher de trop faire sonner le groupe comme du Opeth ou du Dream Theater, d’autant qu’Orphaned Land est globalement moins costaud que les deux précités. Rien de grave honnêtement et le son reste propre aux Israéliens, n’empêche que l’amateur de saveurs orientales pourra (un peu) grogner.

Passons et commençons par Sapari, une ode traditionnelle à peine retouchée qui lance ce nouveau conte comme l’étoile du Sud nous guide dans le désert. Loin de vaines joutes progressives, Orphaned Land ne se perd que rarement dans de la masturbation de manche inutile, l’essentiel est toujours atteint, et les virages audibles sont toujours pris dans le bon sens, donnant matière aux titres, ne les desservant jamais. Les growls dont je vous sais particulièrement friands disparaissent aux profits de voix plus claires ou d’ambiances plus sombres. Orphaned Land tourne peu à peu le dos à ses origines bruitistes, et le métal s’évapore.
La présence discrète de Steven Wilson (Porcupine Tree, No Man, etc.) qui officie d’ailleurs aux claviers sur certains titres semble tirer le groupe vers plus de recherche. Cela s’ajoutant à un univers déjà fort atypique.

D’albums en albums, la progression est constante, et Orphaned Land sait désormais parfaitement doser le metal des origines avec ses traditions et les coutumes qu’ils nous font partager de par leur musique. Relativement long, ce conte du troisième millénaire envoûte mais pas directement. Il faut pénétrer cet univers comme l’on entre en croisade, avec la foi dans le vide-poches et la curiosité qui se mêle au cérumen de vos oreilles. Les mélodies sont comme souvent particulièrement travaillées et de fait splendides, le diptyque The path qui avoisine les 16 minutes à lui tout seul est magique. Simplement... magique.

Le but est atteint, le voyage a commencé. Je ne saurai dire si cet album est plus ou moins bon que ses prédécesseurs, il vous faudra accepter la longueur importante de l’ensemble, chose classique chez nos amis, et surtout cette production très léchée qui pourra énerver les partisans de la première heure. Mais hormis ces quelques détails, Orphaned Land peut faire démentir ses détracteurs, il a tout d’un grand groupe et le démontre chaque fois plus brillamment. Attention toutefois à ce qu’il conserve sa singularité, sa vraie force en somme.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Orphaned Land : "The never ending way of Orwarrior"
(1/1) 1er novembre 2010, par Malice




Orphaned Land : "The never ending way of Orwarrior"

1er novembre 2010, par Malice [retour au début des forums]

Après m’être penchée sur cette chronique j’ai écouté The Path, et je partage entièrement votre opinion : Il y a des voyages musicaux qui en valent vraiment la peine. Après... je trouve que Orphaned Land et Dream Theater se distinguent beaucoup ; On pourrait trouver Orphaned Land plus "mou" que Dream Theater et ce dernier plus "américanisé" que nos amis israéliens.
Tout ça pour dire que je vais me plonger dans cet album sans tarder. Merci pour cette chronique grâce à laquelle j’ai (re)découvert Orphaned Land.

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    Orphaned Land : "The never ending way of Orwarrior"

    3 novembre 2010, par MSK [retour au début des forums]


    Un groupe qui prend le temps de concevoir des albums riches, bien ficelés et au plaisir d’écoute sans cesse renouvelé. Un véritable bain de cultures où les guitares metal mêlés aux instruments traditionnels créent un univers unique. "El Nora Alila" avait été pour moi une vraie découverte à l’époque, cet album-ci n’a rien a lui envier !

    [Répondre à ce message]