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Godsmack : "The oracle"
Certains l’avaient prédit...

jeudi 15 juillet 2010, par Vincent Ouslati

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Ce sont des petits marrants chez Godsmack, de vrais déconneurs. Parce qu’un distrait aurait tôt fait de mal juger ce nouvel album si il se limitait à une écoute approfondie des deux premiers titres et s’évanouissait durant la suite. Au contraire, les néo-grungeux ont agencé The oracle de telle manière que les distraits soient directement mis au ban de la société et que seuls quelques finauds seront capables de voir venir cet ultime pain du bisou de Dieu. Comme quoi, ne vous fiez pas aux apparences et creusez les nuls, encore et toujours.

On avouera sans peine que Godsmack ne connait pas la médiocrité, quatre albums, quatre réussites et l’insolence du talent qui nous brule les mirettes, y a des moments ou faut s’incliner et pas chercher à comprendre, eux ils l’ont et d’autres non, la vie est injuste, je ne vois que ça. Pourtant, lorsque The oracle démarre avec deux titres "Plus godsmackiens, tu meurs", tu te dis que tiens, il y aurait matière à ronchonner. Non, pas gueuler, car c’est fort bon, succulent et gnagnagna, mais c’est pas bien nouveau.

On sait qu’ils en pondent à la pelleteuse des morceaux du calibre de Cryin’ like a bitch et Saint and sinners et que si c’est foncièrement pas mauvais, c’est pas ainsi qu’ils vont nous surprendre. Du gros gratteux, de la grosse voix que brrr, il doit être musclé et beau le chanteur, mais c’est que ça sentirait l’album facilement fait et facilement vendu, sans rien de sueur et quelques t-shirts écoulés à la sauvette. Hop que je te sortirais une galette pas du tout aventureuse mais qui remplira avec aise un futur bestaufe, The oracle, la première mouche dans la bonne soupe, le choc.

Erreur les moules, Godsmack vous, nous a bien trompé, car en laissant d’entrée deux machins vaguements moyens dans nos oreilles, c’est surtout pour nous en mettre plein la gueule avec ce qui suit. Et là, bah, comme dit précédemment, tu t’inclines et tu la fermes, car putain qu’ils sont bons. Oubliez direct l’étiquette si douteuse de post-grunge, voilà un bail que Godsmack a quitté les grands boulevards de la catégorisation souffreteuse pour emprunter les chemins boueux, les miches dans le cuir d’un Hummer. On lorgne de plus en plus vers un gros heavy US, fait pour s’agiter et faire s’agiter.

D’ailleurs, si j’osais les comparaisons bien fumeuses que j’affectionne (ouais, j’ose), The oracle serait la rencontre fiévreuse d’entre Alice In Chains et “au hasard”, Metallica. Des grungys, Godsmack conserve l’ambiance de caveau et les moments bien glauques. Des thrasheux, il y aurait la voix d’Erna, parfois étrangement proche de celle d’Hetfield et puis ces riffs, mes gens, ces énormes poings de lutteur mexicain qui écrasent, qui broient avec élégance les glandeurs des places du fond.

Le groupe explore tant de nouvelles voies, se disperse mais toujours avec ce talent propre aux gens surs d’eux-mêmes et de leurs connaissances. Lorsque nos compères tentent un poil de néo (Love hate sex pain, mais très modérément je vous rassure), un brin de rap (Devil’s swing), ou s’éclatent littéralement sur un final instrumental multi-référencé (The oracle), on est depuis longtemps passé du stade de l’interrogation à celui de l’admiration jalouse. Jalousie car au fond, on doit avouer la mine basse qu’ils sont bien au-dessus de nous, pauvres sous-coprolithes que nous sommes. Cet album n’est pas bon pour l’auto-estime, il est même carrément à déconseiller. Et puis même en baissant de ton lors de la triplette Good day to die/Forever shamed/Shadow of a soul, tu es forcé de reconnaitre qu’ils sont les meilleurs sans rechigner.

A vous garder sous le coude mon morceau préféré de l’exacte dizaine que comporte la galette, je choisirai certainement What if ? Rien que pour Sully Erna qui rarement fut aussi chamanique et féroce dans son interprétation, notre membre de la WICCA (sorte de secte païenne autour de Mère Nature) sait exploser au moment opportun, appuyé par des rythmiques africaines qui renforcent la puissance mystique de la bête. Le genre de titres empoisonnés qui vous font terminer à poils sur la moquette, imparable.

Tout cela pour conclure qu’en 2010, il y a Godsmack, et puis les autres.



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Vincent Ouslati





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Godsmack : "The oracle"
(1/3) 20 août 2012, par Ray
Godsmack : "The oracle"
(2/3) 21 octobre 2010, par Ced
Godsmack : "The oracle"
(3/3) 15 juillet 2010, par Arnaud




Godsmack : "The oracle"

20 août 2012, par Ray [retour au début des forums]

My favorite special ! charmingdate scam

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Godsmack : "The oracle"

21 octobre 2010, par Ced [retour au début des forums]

Effectivement, un vachement bon de putain d’album !

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Godsmack : "The oracle"

15 juillet 2010, par Arnaud [retour au début des forums]

Un des groupes les plus sous-estimés de notre époque. Un album de Godsmack, c’est comme un bon vin, ça se déguste entre connaisseurs.

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