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Fear Factory : "Mechanize"
Réouverture de l’usine

lundi 8 mars 2010, par Arnaud Splendore

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que Fear Factory revient de loin. Après un quatrième album, Digimortal, considéré comme faible aussi bien par les critiques que par les fans, le cinéma des conflits interpersonnels a ramené sa fraise. Sans refaire l’historique du drame, disons que c’est Dino Cazares, guitariste et membre fondateur du groupe, qui en a fait les frais. Deux albums plus tard, la situation n’était guère meilleure d’un point de vue artistique jusqu’à ce que, l’année dernière, le chanteur Burton C. Bell annonce le retour de Cazares au sein du groupe, au prix du renvoi du reste de l’équipe. Ce retour en fanfare précédait l’annonce d’un nouvel album. Le groupe allait-il retrouver l’étincelle de génie qui animait leurs débuts ?

Mais Cazares n’est pas revenu seul, il amenait dans ses valises le bassiste Byron Stroud (comparse régulier de Devin Townsend) et surtout le batteur de légende Gene Hoglan (autre habitué des projets de Townsend, mais surtout batteur de Death). Autre retour, cette fois derrière la console, celui de Rhys Fulber (Front Line Assembly), producteur des débuts du groupe. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour un grand retour de Fear Factory sur le devant de la scène. Restait à savoir si la magie était toujours présente et si, comme d’aucuns (dont votre serviteur) le pensaient, le son de Fear Factory était dû en grande partie à Dino Cazares.

Ne faisons pas durer le suspens plus longtemps, Mechanize est sans aucun doute le meilleur album de Fear Factory depuis douze ans, c’est-à-dire depuis le monumental Obsolete. Dès les premiers accords de l’album, on retrouve la signature musicale du groupe, ce thrash/death teinté d’industriel, les sonorités inimitables qui ont fait les grandes heures de Fear Factory. L’autre bonne nouvelle est que le groupe ne cherche pas non plus à se la jouer séquence nostalgie. Mechanize sonne comme la suite naturelle et logique d’Obsolete, comme si les albums parus entretemps n’avaient jamais existé (ce qui serait plutôt une bonne nouvelle).

Un des doutes principaux concernant l’album était de savoir si Gene Hoglan pourrait s’adapter au style et à la rythmique particulière de Fear Factory. Ces doutes étaient entretenus, entre autres, par Raymond Herrera, l’ancien batteur, qui affirmait à qui voulait bien l’écouter que Hoglan était incapable de jouer ses parties de batterie. Et bien, mon cher Raymond, tu aurais mieux fait de fermer ta grande gueule parce que Hoglan fait mieux qu’assurer tes parties de batterie, il te fume complètement. Hoglan est un batteur beaucoup plus naturel que Herrera, et là où le sieur Raymond est certes très bon pour un truc, Hoglan a un jeu beaucoup plus diversifié. Conclusion, non seulement la rythmique syncopée de Fear Factory est belle et bien présente, mais les parties de batterie sont plus variées, et surtout sonnent moins mécaniques (de façon assez paradoxale, d’ailleurs) qu’auparavant.

Pour le reste, on a à faire à du Fear Factory classique. Pointons tout de même Powershifter qui est, selon moi, le grand moment de l’album. La chanson s’inscrit dans la droite ligne de titres classiques comme Self Bias Resistor. On retrouve cette alternance entre les couplets thrash ultra-agressifs, où Burton beugle comme un damné, et le refrain plus mélodique, hyper-catchy, soutenus par le chant clair, presque incantatoire, de Bell. L’ensemble du groupe est affûté comme jamais et le titre est vraiment une excellente représentation de Mechanize.

Au rayon des négatifs, je dois tout de même pointer deux titres, en fait les deux chansons qui terminent l’album. Metallic division est une chanson instrumentale, simple succession de riffs « à la » Fear Factory. Certes, la chanson n’est pas très longue, mais elle n’apporte rien du tout. Elle est juste là pour remplir l’album, histoire de lui faire atteindre péniblement la barre des 45 minutes. Final exit, quant à elle, n’a rien de mal d’un point de vue musical. C’est plutôt le côté paroles qui pèche. La chanson traite du suicide et l’ensemble sonne comme extrêmement naïf. Les samples rajoutés à l’ensemble n’arrangent rien. Mais bon, là aussi, c’est du Fear Factory classique. Ressurection (sur Obsolete), par exemple, souffrait déjà du même syndrome.

Mais ce ne sont pas ces deux erreurs de parcours qui vont enlever son mérite à Mechanize. L’album marque un retour aux affaires pour Fear Factory et prouve, si besoin était, que le moteur du groupe est bel et bien formé de la paire Bell/Cazares, quoi que puissent en dire les évincés de la dernière heure. Reste à voir si l’entente entre les deux compères va rester au beau fixe. En attendant, Mechanize redore le blason de l’usine à peur et on ne va pas s’en plaindre. Pourvu que ça dure !



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Arnaud Splendore





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Fear Factory : "Mechanize"
(1/1) 9 mars 2010, par MSK




Fear Factory : "Mechanize"

9 mars 2010, par MSK [retour au début des forums]

Chronique tout à fait juste et bien sentie. Et dire qu’il a fallu attendre plus de 12 ans pour obtenir enfin un album digne du grand FF. Vivement les prestations live !

Un fan de la première heure

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