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Dark Tranquillity : "We are the void"
Sidérurgie wallonne

samedi 15 mai 2010, par Arnaud Splendore

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Vanne de métalleux : « Qu’est qui ressemble à un album de Dark Tranquillity ? Un autre album de Dark Tranquillity. » A chaque nouvel album des Suédois, je me prends à espérer que le groupe va enfin réussir à me surprendre, et à chaque fois je suis déçu. Alors, rien d’étonnant à ce que je vois arriver ce We are the void avec méfiance. Et dès la première écoute, je sais que mon impression était bonne. Ce n’est pas que c’est mal foutu, ce n’est pas que ce n’est pas efficace... Non, c’est juste que ce soit encore une fois la même chose qu’avant. L’histoire se répète, Dark Tranquillity aussi...

Si on me demandait de qualifier Dark Tranquillity en un mot, ce serait « abnégation ». Encore que à ce point-là, ça confine à de l’entêtement pathologique. DT, à l’instar d’une chaîne de montage automatisée, nous ressert inlassablement la même formule depuis des années. Restons honnêtes, We are the void n’est pas un mauvais album. Les musiciens de DT sont véritablement talentueux, les chansons sont bien foutues même si on peut reprocher un manque de chansons plus accrocheuses, comme par exemple Inside the particle storm sur l’album précédent. Le death-metal mélodique des Suédois reste efficace, mais d’album en album, le groupe se borne à répéter la même chose, encore et encore.

Mais je vous entends déjà, bande de petits pinailleurs... « Wahé l’autre, il reproche à DT de faire toujours la même chose alors qu’il encense Overkill, les rois de l’immobilisme ! ». Certes, certes, et Dio sait que Overkill a souvent pratiqué la méthode du copier-coller... Mais il existe une différence fondamentale entre We are the void et Ironbound. Là où DT se borne à appliquer avec méthode (et talent, ne crachons pas dans la soupe, même si elle est en sachet) une formule ultra-connue et usée jusqu’à la corde, Overkill a compris, du moins sur son dernier album, qu’ils devaient repartir de zéro pour rafraîchir quelque peu leur thrash et conserver l’intérêt des fans. Conclusion, un album est fun et énergique, l’autre est chiant et répétitif. Je vous laisse deviner lequel est lequel...

Le souci est que les Suédois s’accrochent à leur scène musicale depuis longtemps épuisée, tel un ouvrier de la sidérurgie wallonne qui s’accroche à son industrie moribonde... « parce qu’on ne sait rien faire d’autre, ma bonne dame ». Si au début des années 90, le death à la suédoise a pris tout le monde par surprise avec son approche fraîche et novatrice d’un genre perclus de clichés, la nouveauté a rapidement perdu de son lustre. Si At The Gates a raccroché après trois albums, ce n’est pas pour rien. Eux, au moins, avaient vu qu’ils avaient fait le tour de la question et qu’il valait mieux mettre un terme à leur carrière avant de devenir redondant.

Malheureusement, ce n’est pas le cas de DT. Conclusion, We are the void souffre du même syndrome que ces prédécesseurs. Vous devez savoir de quoi je parle, ce genre d’album qu’on achète avec entrain, qu’on écoute deux ou trois fois avec plaisir et puis que l’on range définitivement aux côtés des autres. Le genre d’album qu’on ressort des mois plus tard, qu’on écoute une demi-fois et puis qu’on range à nouveau en se jurant de ne plus jamais acheter les albums suivants.

Seul, We are the void reste un album correct. Comparé à ses prédécesseurs, il fait figure de photocopie et personnellement, j’ai autre chose à foutre de mon argent que d’acheter encore et encore le même album. A moins que vous ne soyez un fan hardcore du groupe ou atteint d’une collectionnite aigüe, ou à moins que vous ne possédiez encore aucun album du groupe, passez votre chemin, vous avez déjà cet album dans votre cd-thèque...



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Arnaud Splendore