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Blaze Bayley : "Promise and terror"
Et tout cela malgré une vraie vie de chiottes...

dimanche 19 septembre 2010, par Vincent Ouslati

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Un homme qui décidément ne veut pas crever, notre ami Blaze poursuit sa route contre vents et marées, contre les tuiles qui ne cessent de lui laminer le moral. Récemment veuf, le voilà orphelin de son père, ce qui à n’en pas douter fout une patate d’enfer. La solidité face à ces évènements tristes mais finalement banals pour le commun des mortels m’ont toujours conforté dans l’estime que je voue au sieur Bayley. Loin des starlettes, loin de la toute-puissance que donnent quelques disques de platine, Blaze suit son chemin, celui d’un heavy efficace, sans fioritures, sincère, et toujours aussi salvateur.

Blood & belief est mon album fétiche du compère Blaze. Curieusement fétiche car moins perfectionniste que ses prédécesseurs, extrêmement sombre et mélancolique, il annonçait le début d’une grosse série de galères pour notre métalleux en short. Bayley n’hésitait pas à parler de lui, de son médecin, de ses tourments et de la boue dans laquelle il se débattait, et ça marchait, ça touchait directement au palpitant. Il y eut encore le vengeur The man who would not die, sorte de bras d’honneur impudique aux tragédies personnelles et si Promise and terror se pare des mêmes atours, il y gagne en élégance.

Comble du bonheur, le groupe monté par Blaze pour son précèdent opus reste identique, preuve d’une bonne entente et d’une nécessaire stabilité. Leur prestation suisse en 2008, disponible sur le live The night that will not die était éloquente sur ce point, Blaze a la gnaque et le groupe le lui rend bien.
Le défaut majeur de l’opus de 2008 était sa production, incapable de suivre la confusion massive des instruments, peinant à discerner les coups de boutoir des frères Bermudez, en somme, c’était brouillon, sale et loin de la netteté d’un Silicon Messiah. Cette fois, Andy Sneap a revu sa copie et su bien mieux retranscrire la puissance du combo en studio. Équilibrée, laissant place à une note légèrement amateur qui fait tout le sel d’un groupe "artisanal" tel que Blaze Bayley, Promise and Terror est clairement mieux peinturluré que le précèdent. Les musiciens ont profité de l’espace offert pour progresser nettement, les guitares de Walsh et Bermudez se répondent parfaitement, évoluant entre belles lancées furibardes et douces mélopées acoustiques, le groupe enfin crée un bloc, dont chaque membre défend le peu de failles décelables.

Le lancement très rentre-dedans avec deux titres rapides tels que Watching the night sky et Madness and sorrow finit de convaincre, le groupe sait toujours mettre à genoux avec trois fois rien. C’est efficace, refrain imparable, duels de guitares en option et lourdeur en fond de salle. Bayley cependant montre quelques signes de fatigue vocalement parlant, et l’on retrouve parfois le jeune chanteur un peu gauche de The X Factor, mais rien de grave cependant pour qui aime le ton de notre antihéros.

Sur 1633, l’on revient sur ses longs titres épiques et sombres qui sont une de ces marques de fabrique depuis le maidenien Sign of the cross. La basse qui s’offre même un intéressant solo met l’ambiance, oppressante, et fort bien maitrisée. Blaze a varié ses thématiques, 1633 conte de fait le combat de Galilée contre les foudres de l’Église, apeurée par ses théories invraisemblables. L’atmosphère y est parfaitement retranscrite, et le texte intelligent.

Le curieux mid-tempo de God of speed (?) reste de bonne facture sans déplacer des montagnes, mais City of bones qui suit efface cette légère gène. Marche militaire d’entrée et un riff d’une beauté envoutante, Blaze reste dans les sujets historiques puisqu’il relate la résistance acharnée des habitants de Leningrad et le rôle héroïque de Chostakovitch qui interprètera sa septième symphonie à peine achevée dans la ville assiégée.
Plus complexe mais certainement savoureuse, cette composition révèle le niveau atteint par le groupe et son évident plaisir de jouer ensemble, Walsh/Bermudez s’en donnent à cœur joie tandis que Blaze offre une belle prestation vocale ; imaginer tel hymne en concert fait saliver.

Passons sur Faceless et Time to dare, non qu’elles soient mauvaises, bien au contraire, mais je n’en peux plus de ne pouvoir conter la fin de l’album qui atteint les sommets. C’est bien simple, vous pouvez acheter ce CD uniquement pour cette conclusion en quatre actes. Quatre actes où le chanteur se donne le temps de la réflexion, de l’introspection, sans jamais verser dans du larmoyant chiant. La "power ballade" Surrounded by sadness qui l’inaugure est simplement superbe, Blaze ne fait pas son cinéma, il narre et invoque l’espoir et les lendemains qui chantent, malgré tout. Les arpèges médiévaux sont utilisés à bon escient et rendent ce titre essentiel. Sans accrocs, parfaitement coordonnée, la suite n’en est pas moins poignante et belle, nous sommes dans la même intensité qui me fit adorer Blood and belief, cette même sincérité.

Si la vie de Blaze poursuit sa route sinueuse et déprimante, il n’en est rien de son groupe qui démontre ici une cohésion énorme, des idées de composition flamboyantes au service d’un type certes diminué par les tragédies récentes mais toujours vaillant, toujours en quête d’un futur plus réjouissant. Un type qui vit sa vie, aussi pénible soit-elle.



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Vincent Ouslati





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Blaze Bayley : "Promise and terror"
(1/1) 20 août 2012, par Maggic




Blaze Bayley : "Promise and terror"

20 août 2012, par Maggic [retour au début des forums]

I don’t love him ! I will quit him !
charmingdate review

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