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Avantasia : "The wicked symphony/Angel of Babylon"
Plaisir coupable

vendredi 23 avril 2010, par Arnaud Splendore

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Tobias Sammet et son side-project Avantasia ont connu des hauts et des bas. Après un premier album attendu comme le retour du messie et qui valait clairement l’attente, le second opus était une véritable catastrophe, sorte de compilations des clichés du genre et monument à l’égo grandissant du petit Tobi. Mais l’échec critique de l’album fut salvateur pour le teuton. Après s’être ressourcé avec son groupe principal, Edguy, Tobias nous est revenu avec The scarecrow qui, malgré quelques faiblesses, a permis de remettre tout le monde au courant que les prétentions artistiques de Sammet n’étaient pas que de la gueule. Cette fois, l’allemand nous livre un double album, qui conclut la trilogie commencée par The scarecrow et qui surpasse toutes nos attentes.

Avantasia rentrant dans la catégorie “metal opera”, la liste des invités est fatalement en conséquence. Je ne vais pas vous la passer toute en revue, mais pointons juste les présences remarquées de Klaus Meine (Scorpions), Tim « Ripper » Owens (ex-Iced Earth et ex-imitateur de Rob Halford), Jon Oliva (Savatage, Pain), et Russell Allen (Symphony X). Il faut également noter la présence des multirécidivistes Michael Kiske (ex-Helloween) et le mercenaire Jorn Lande, qui enquille quasi la moitié des chansons des deux albums. C’est un peu le Jorn Lande show mais ceci dit, on ne va pas se plaindre, le sieur Lande étant tout de même une des plus grandes voix de notre époque, tous genres confondus.

Au niveau musical, Tobias Sammet ne change pas vraiment son fusil d’épaule. Avantasia alterne toujours avec autant de bonheur les chansons symphoniques avec les envolées power-metal teuton bien typées années quatre-vingts. Deux petits changements mineurs, cependant. D’une part, Tobias semble mieux concentré dans son écriture et les deux albums sont, par conséquence, moins éclectiques que leur prédécesseur. On pourra regretter ce manque d’expérimentation, qui avait séduit pas mal de monde étranger au milieu du metal sur The scarecrow, mais vu la qualité des chansons, on ne va pas trop cracher dans la soupe.

Autre changement, positif celui-ci, la présence d’une seule et unique ballade pour les deux albums. On connait l’affection de Sammet pour les ballades ultra-pourries depuis l’époque Edguy. Ici, on a juste droit à Blowing out the flames, qui ne fait pas mentir la tradition. N’hésitons pas à le dire, c’est qualité Eurovision. Tobias peut franchement s’inscrire au concours, je pense qu’il a ses chances. Pour le reste du commun des mortels, fournis avec un minimum de goût, on se contentera de zapper cette horreur. On profitera plutôt du monumental Symphony of life qui nous permet de faire connaissance avec la charmante et très talentueuse Cloudy Yang qui, en une chanson, écrase bon nombre des potiches qui officient dans le genre boursouflé du gothic-metal. Mesdames, prenez des notes, ça c’est une vraie chanteuse !

Si le double album est moins expérimental que son prédécesseur, Tobias ne se fout pas de la gueule du monde pour autant. Calez-vous Dying for an angel (avec Klaus Meine, excusez du peu), la meilleure de l’album, vous m’en direz des nouvelles. Ou jetez une oreille sur Crestfallen et son petit côté électro, ou encore l’épique The wicked symphony et son refrain imparable. Sammet enchaîne les hymnes et les ambiances avec un naturel déconcertant et chacun peut y trouver son compte. Et il joue avec ses chanteurs d’un jour, leur offrant une chanson qui peut sembler dans le style habituel de l’invité, pour mieux repartir dans des sonorités avantasiennes, comme si de rien n’était. Deux bons exemples, la très expérimentale Death is but a feeling avec Jon Oliva et le monstrueux Scales of justice, véritable tueurie speed-metal où Tim Owens démontre toute l’étendue de son talent, alors que ces derniers temps, il avait plutôt tendance à se vautrer dans des projets aussi inutiles que grotesques.

Mais le véritable talent de Sammet en tant que compositeur est de jouer avec les clichés du genre sans jamais sombrer dans le ridicule. Prenons par exemple Journey to arcadia, qui conclut Angel of Babylon. Pour être direct, la chanson pourrait sans problème figurer dans un Disney, avec ses chœurs et ses mélodies de dessin animé. Et pourtant, la chanson fonctionne tout à fait et colle parfaitement à l’ensemble. De même pour The edge, le Lost in space de cet album. La chanson est abominablement eighties avec son refrain bateau à la Dokken, mais on se surprend rapidement à chanter en chœur avec Tobias, généralement avec un grand sourire aux lèvres.

Évidemment, les pisses-froid vont encore critiquer mais sincèrement, qu’ils aillent se faire foutre ! Moi, je me contenterai de dire « Merci Tobias ». Merci de faire la musique qui te plaît et merci de te foutre royalement des modes et des enquiquineurs qui ont oublié que la musique était avant tout une affaire d’émotions. The wicked symphony/Angel of Babylon est une véritable bouffée d’air frais dans une scène musicale engoncée dans ses complexes et franchement, ça fait du bien de respirer un peu !



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Arnaud Splendore





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Avantasia : "The wicked symphony/Angel of Babylon"
(1/1) 20 août 2012, par Maggic




Avantasia : "The wicked symphony/Angel of Babylon"

20 août 2012, par Maggic [retour au début des forums]

The Babylon rock music is the most beautiful music once I have heard !
charmingdate review

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