Pop-Rock.com



Apocalyptica : "7th Symphony"
Rendez-moi mon Cult !

jeudi 16 septembre 2010, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Stratovarius : "Elysium"
Angelus Apatrida : "Clockwork"
Crowbar : "Sever the wicked hand"
Lair Of The Minotaur : "Evil power"
The Absence : "Enemy unbound"
Times of Grace : "The hymn of a broken man"
Dark Tranquillity : "We are the void"
Jorn : "Dio"
Acid Witch : "Stoned"
Avantasia : "The wicked symphony/Angel of Babylon"


Cult, on y revient toujours pour différentes raisons. Le patronyme déjà, aussi pompeux qu’il parait de prime abord est pourtant parfaitement cohérent d’avec son contenu, sorte de manifeste torturé et grandiose du métal symphonique. Ils n’avaient rien fait de mieux avant ce disque, et rien pour l’instant qui s’en rapprocherait. Un metal qui trouvait sa beauté dans les rides du bois, qui évoquait sans artifices une puissance emprunte de mélancolie, une tension qui parfois se muait en violence, et cette simple splendeur des cordes mêlées, Cult(e), je vous le dis.

Depuis cette crise de génie, c’est le néant et le formatage qui sont maitres du rafiot, remplissant les disques d’invités chantant des lyrics d’un con absolu sur des rythmiques métalliques rasoirs et creuses. Reflections, Apocalyptica, Worlds collide, même combat, même fosse à purin d’où l’on peinera à extraire ce qui fit d’Apocalyptica une révélation il y a de cela si longtemps déjà... J’ai même hésité à vous parler de cette septième symphonie, dont le nom est carrément une insulte à ce pauvre Ludwig van Beethoven, qui n’aura jamais été aussi heureux d’être mort et sourd. J’y ai aussi trouvé quelques aspects qui m’ont foutu dans une crise de nostalgie dramatique, alors afin de clarifier mon propos évidemment tourmenté par telle affliction, scindons cette chronique en deux chapitres :

Chapitre I : Je vois des gens qui sont morts et 7th Symphony est une belle merde.

Les Finlandais accumulent les tares, poursuivent dans cette voie ridicule de métallisation entre deux chanteurs incohérents d’avec leur univers, mais si prompts à se vendre en single. La production tout d’abord est affreuse, non en termes de rendement du son global, correctement puissant sans étouffer quoi que ce soit, mais bien sur le travail de saturation des violoncelles. Le son en est si déformé, maltraité, que le charme des instruments disparait sous la grasse couche de réglages. Le résultat est une catastrophe, donnant à entendre du gros metal tout commun avec des grosses guitares sans intérêt.

At the gates of Manala est certainement le titre où ce massacre se fait le mieux entendre, dommage qui plus est vu la qualité de la composition. Foirée l’introduction, attaque de morpions dans mes tympans, je crains le pire pour la suite. Et la suite est évidemment pire vu qu’on nous décoche les désormais traditionnels accompagnements vocaux comme sur l’archi pataud End of me avec Gavin Rossdale (chanteur de Bush), single en puissance à gerber tant sa platitude est infinie. Juste derrière, rebelote avec un Not strong enough poppy qui me fait revenir fissa devant mes chiottes. A ce moment, j’ai failli extraire cette erreur de ma chaine et sauter à pieds joints dessus. Comment peuvent-ils nous faire ça ? Sais pas, mais quels enfoirés ces mecs.

Je me suis retenu le temps de 2010, où Dave Lombardo (Slayer), désormais vieux compagnon de route des Finlandais réveille les endormis après les deux chiures précédentes. Si le morceau se veut plus énergique (et instrumental), il est parfaitement plombé par la saturation indigente des violoncelles, sonnant encore une fois comme de vulgaires guitares manowariennes. Pour en revenir aux voix qui puent, je dois encore vous parler de Broken pieces affublé des cordes vocales sans intérêt de Lacey Mosley (Flyleaf), parangon de la mauvaise chanteuse avec ses tics affreux et son émotion aussi plate que mon humeur. Du Evanescence tout pourri, en gros.

Chapitre II : Je te jure que c’est bien un violoncelle que j’ai entendu sur un disque d’Apocalyptica et putain c’est bon.

Beautiful, il y a des noms de baptême qui coulent de source, où nos amis d’Apocaplytica sont réellement conscients qu’ils pondent de bonnes choses entre deux remplissages de bacs d’hypermarché. Beautiful, deux minutes où les violoncelles reviennent enfin dans toute leur majesté nous caresser les oreilles. La mélancolie, la simplicité de la composition, débarrassée de ce canevas FMisant qui ne leur sied aucunement, c’est la fleur dans le purin.
Il y aussi cet attrait pour la musique imagée, se donnant des airs cinématographiques et mystérieux. On the rooftop with Quasimodo est un morceau de cette trempe, bien que la rythmique calibrée en fond soit des plus désagréables. Eicca toppinen s’est pourtant démené ici, en lui donnant une dimension épique qu’il a bien du mal à offrir au reste de son album.

Bring them to light se voit là encore affublé d’un timbre humain, ou presque. Joe Duplantier (Gojira) possède une tessiture de voix que l’on peut difficilement confondre avec celle d’un vulgaire castra et en louant la complexité de ce titre, mêlant refrain rapide et bel imbroglio symphonico/death, il en résulte enfin une expérience nourrie d’émotions. D’autant que la conclusion tout en sanglots de violoncelles après la fureur conserve cet aspect si envoutant de la musique des Finlandais. Ici, c’est ce Apocalyptica dévastateur qui nous revient, imposant tant ses capacités instrumentales (indéniables) que les mariages possibles d’avec certains timbres de voix. Duplantier est parfaitement à l’aise dans l’exercice, modulant sa voix sur un déchainement de violoncelles et de percussions. Ca fait flipper dans les coins, c’est addictif en diable. Si les Finnois cherchent réellement un timbre en accord avec leurs accords, qu’ils ne cherchent plus, pitié.

Sacra est imposant, et se pare d’une majesté tragique qui nous renvoie quelques années en arrière, avant que Max Lilja ne finisse par quitter le navire, emportant avec lui un peu de cette essence qui avait donné au groupe toute sa singularité. La paresse fait place dans les dernières plages de ce disque à une fraicheur retrouvée, le groupe parvient de fait à décocher une ultime piste diablement entrainante. Rage of Poseidon revient à ces titres à tiroirs que le groupe maîtrisait auparavant avec insolence. De rage il est question ici, naturellement, mais l’on se surprend de plus à confondre les instruments avec des cris de matelots en perdition, le drame du naufrage, les tourments des ondes qui tuent et effacent, la rage de Poséidon qui se manifeste dans la seconde partie, le dieu des mers semblant apparaitre aux yeux des noyés, les navires qui se disloquent sous les coups de boutoirs incessants de centaines de cordes enragées, le final est, enfin, apocalyptique.

Conclusion : J’y crois encore...

Un avis final irrémédiablement faussé, tant la seconde partie de cet opus surclasse et fait oublier les maladroites premières pistes, bouffées par des timbres indignes et des choix de mixages édifiants de bêtise. Apocalyptica n’est plus un groupe surprenant, l’automatisme ayant pris le pas sur la surprise, ce qui finira bien par nous lasser. Mais dans un second temps, je dois admettre que le groupe parvient à rester des plus singuliers lorsqu’il en reste à ses fondamentaux, le violoncelle, les tripes de Topinnen et la fougue du combo. Lorsque cette alchimie fonctionne, rien ne peut les arrêter. Lorsqu’ils comprendront que la voie mercantile les poussera définitivement dans une médiocrité imméritée, on pourra se remettre à causer d’eux comme d’une des alternatives métalliques les plus importantes de ces dernières années. D’ici là, on doit se cogner pas mal d’étrons…



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Apocalyptica : "7th Symphony"
(1/1) 20 août 2012, par Maggic




Apocalyptica : "7th Symphony"

20 août 2012, par Maggic [retour au début des forums]

I believe that you guys can make rock become more popular !
charmingdate review

[Répondre à ce message]