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Adrift For Days : "The lunar Maria"
Lourd de chez lourd

samedi 27 novembre 2010, par Arnaud Splendore

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Imaginez-vous perdu au beau milieu de l’Outback australien, à des kilomètres de toute civilisation. Le désert s’étend à perte de vue, illuminé par la pâle clarté d’une pleine lune. Tout autour de vous, la nuit s’anime de bruits étranges. Dans le lointain, le chant tribal d’aborigènes est ponctué par les jappements d’un coyote. La sensation d’être perdu, seul au monde, le seul survivant d’un monde moderne, la perte de tous vos repères vous feraient presque oublier la crainte d’un jour nouveau, d’avoir encore à affronter le soleil brûlant. Vous êtes arrivé au bout du voyage, bienvenue dans le monde de Adrift For Days. Bienvenue à la fin.

Il faut bien le reconnaître, le 21ème siècle n’est guère clément avec le heavy-metal. Entre des groupes établis qui tournent en roue libre et une horde de suiveurs sans la moindre identité propre, il n’y a plus grand-chose d’original à se mettre sous la dent. Comble de bonheur, la scène est devenue affreusement cloisonnée, chaque sous-genre regardant l’autre d’un mauvais œil et en se traitant de tarlouze. Au milieu de la mêlée, le doomster sourit calmement et compte les points. En effet, s’il y a bien un genre qui n’a jamais démérité, c’est bien le doom-metal : une scène variée où chacun puise ce qu’il veut dans des racines communes, posées il y a bien longtemps par Black Sabbath. Du stoner-doom au death-doom, de Reverend Bizarre à My Dying Bride, chaque nouvelle sortie apporte sa pierre à la cathédrale doom, pour le plus grand bonheur des fans du genre. Et là, les enfants, le père Noël est passé à l’avance parce que ce n’est pas une pierre qu’il a dans sa hotte, mais tout un pan de mur !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Australiens d’Adrift For Days ne sont pas venus pour faire de la figuration. Bury all that’s chosen, le titre qui ouvre l’album, est d’emblée une très grosse claque. La chanson démarre sur une ambiance bluesy toute en retenue. Le chanteur pose une voix chaude et mesurée sur une mélodie quasi tribale. Pour un peu, on se penserait au milieu du bayou, avec les alligators et les rednecks comme compagnie. L’atmosphère est malsaine, comme chargée d’une menace invisible et omniprésente. Soudain, le serpent caché dans les hautes herbes frappe et la correction démarre. Les guitares déboulent, grasses et lourdes à souhait, pour un moment de drone comme on n’en avait plus entendu depuis longtemps. Puis, tout aussi soudainement, le groupe explose dans une tuerie sludge sans pitié. Adrift For Days ne laisse jamais l’auditeur s’installer confortablement dans une routine prévisible. Chaque fois que l’on pense avoir cerné le groupe, celui-ci change la donne et prend son public à contre-pied.

L’écoute de The lunar Maria fait ressortir un certain nombre d’influences plus ou moins évidentes. On pense immanquablement à l’ombre de Neurosis qui plane sur les ambiances tribales de l’album. La voix de Mick Kaslik évoque un Phil Anselmo (Down) qui aurait appris à chanter et à maitriser sa voix. Le côté stoner/sludge renvoie à des figures du doom anglais, Electric Wizard en tête. Et bien entendu, le droning conjure l’ombre encapuchonnée des malades mentaux de Sunn O))), en moins barré. Pour autant, Adrift For Days ne cherche pas à réinventer la roue, mais nous livre une synthèse plutôt réussie de ses influences. Au même titre qu’un groupe comme Yob, les Australiens prennent ces ingrédients de base et, en y ajoutant leur touche propre, réussissent une transformation éminemment personnelle et captivante du début à la fin.
Alors qu’un premier album n’est généralement qu’une relecture scolastique, ils affirment leur identité haut et fort, en vous chopant par le col et en vous mettant au défi de faire la moindre remarque.

Que ce soit le petit côté jazzy de The leech ou le monolithe drone deAlong the Moon River, Adrift For Days déploie des trésors de créativité pour happer son public dans un univers pâle et morbide. L’album se ressent plus qu’il ne s’écoute et c’est une expérience dont on ne ressort pas intact. Les Australiens possèdent une maestria naturelle pour poser leurs ambiances et véhiculer les émotions de leurs compositions, composante vitale pour le doom-metal. La musique de Adrift For Days est vivante, et elle ne nous veut pas que du bien. Ça sent le désert, le diesel et la sueur, le resto-route paumé au milieu de nulle part et tenu par une famille de consanguins dont on se demande s’ils n’ont pas l’intention de nous faire figurer au menu du jour. L’ensemble est littéralement oppressant et incroyablement prenant.

On me demande souvent quel est l’intérêt de ce genre de musique, quel plaisir il peut y avoir à se farcir des ambiances pareilles. La réponse est simple : si vous devez poser la question, c’est que ce n’est pas pour vous. Fort heureusement, la musique n’est pas faite d’émotions faciles véhiculées par la pop bubblegum, ou de pseudo-intellectualisme façon « j’ai mal à mon compositeur ». La musique d’Adrift For Days est primale et fait appel aux formes les plus pures des émotions. Quand un album est aussi réussi que The lunar Maria, elle devient un voyage initiatique, un rite tribal de passage et pour ceux qui se laissent prendre au jeu, l’expérience devient viscérale et marque les esprits de façon indélébile. Les australiens viennent de porter leur premier coup, et c’est un coup de maître. Soyons sans ambages, il y aura un avant et un après The lunar Maria et personnellement, je suis impatient d’entendre l’après...



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Arnaud Splendore





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Adrift For Days : "The lunar Maria"
(1/1) 20 août 2012, par Maggic




Adrift For Days : "The lunar Maria"

20 août 2012, par Maggic [retour au début des forums]

I want to experience life like you to travel around the world !charming date

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    Adrift For Days : "The lunar Maria"

    10 avril 2013, par malheureusement [retour au début des forums]


    E ’stato un esercizio prezioso per me di passare attraverso il vostro sito web. E ’sicuramente estende i confini con il cervello quando si passa attraverso molto eccellenti dettagli e cercare di capire in modo efficace. Vado a cercare questo sito di solito sul mio PC. Grazie per la condivisione
    mightystudents

    [Répondre à ce message]