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Acid Witch : "Stoned"
Sorcellerie et psychotropes

samedi 15 janvier 2011, par Arnaud Splendore

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Deux ans après leur premier album, les dangereux malades d’Acid Witch sont de retour. Witchtanic hellucinations avait déjà collé un grand coup de gourdin dans une scène stoner-doom qui avait un peu trop tendance à se prendre au sérieux. Le duo américain y professait son amour pour le trente-sixième degré, les films d’horreur et les substances illicites. Si l’album était une véritable bouffée d’air frais, pour autant que l’air de la tombe puisse être frais, beaucoup de soi-disant spécialistes s’accordaient à dire qu’il ne s’agissait que d’un pétard mouillé. Pas de bol pour leurs détracteurs, les zinzins nous reviennent avec un deuxième album, bien décidés à en remettre une couche.

Pour ceux d’entre vous qui auraient loupé la première sortie studio des américains, Acid Witch officie dans un stoner-doom pur jus, mixant des grosses guitares crasseuses et plombées, qui ne sont pas sans rappeler le death-rock d’Entombed, un chanteur qui évoque un Lemmy Kilmister atteint d’un cancer de la gorge, un orgue emprunté à Type O Negative et un (mauvais) goût pour l’horreur série Z, façon Rob Zombie. Le cocktail, s’il n’a rien d’original, est redoutablement efficace, les deux frappas maniant aussi bien le gourdin du tempo que la lame affutée d’un humour vaseux. Et si l’ensemble était déjà bien connu, puisqu’il constitue le modus operandi habituel d’un groupe comme Electric Wizard, c’est surtout l’attention particulière portée aux atmosphères de l’album qui remportait la mise pour Acid Witch.

Afin de négocier la barrière dangereuse du second album, les deux toxs ont choisi d’emprunter la voie la plus simple : on prend les mêmes et on recommence. Ou plus exactement, on prend les mêmes et on enfonce le clou. Stoned n’est, grosso modo, que Witchtanic hellucinations avec tous les contrôles poussés à 10. Plus de gras, plus de lourd, plus de gore et sans aucun doute plus de drogues. La rythmique façon rouleau compresseur continue à tout écraser sur son passage. L’ambiance est malsaine, à des kilomètres des aspirations habituelles du stoner, et ce lourd voile funéraire n’est rompu qu’occasionnellement par cet orgue fou qui propulse l’auditeur dans un bal des sorcières qui serait organisé par Austin Powers.

Ceci dit, le minimalisme érigé en cheval de bataille d’Acid Witch ne signifie pas pour autant que le duo n’est pas capable de surprendre son auditoire. Les américains sont tout à fait capable de prendre tout le monde à contre-pied et de se retrouver là où on ne les attend pas, comme avec If Hell exists et son sympathique côté New wave of british heavy metal ou Stoned to the grave et son break punkoïde en diable. Pour autant, il ne faut s’attendre à des merveilles d’ingéniosité digne de Dream Theater. Les riffs sont simplistes au possible, du genre déjà usé jusqu’à la corde à l’époque où Ozzy Osbourne était capable d’aligner deux pensées cohérentes. Il n’empêche que ça fonctionne pourtant, les américains étant capables de rendre leurs chansons incroyablement infectieuses grâce à un groove patenté, volé dans le magasin de Cathedral, et cet orgue dément qui risque de hanter vos nuits pendant longtemps.

Le secret de fabrique d’Acid Witch repose, comme pour leur début, dans le travail fourni au niveau de l’atmosphère de l’album et des chansons. A l’instar d’un Rob Zombie, la musique d’Acid Witch ne fonctionne vraiment que si l’on se laisse entraîner dans leur univers particulier. Pris au premier degré, il faut bien avouer que Stoned n’a pas grand intérêt. La formule est répétitive, convenue et entendue des dizaines de fois. Mais pour peu que l’on soit capable de voir au-delà de cette limite purement technique, le monde d’Acid Witch est prenant, riche en références et jouissif comme un gros film d’horreur de série B peut l’être, à condition d’être capable de faire preuve de second degré.

De toute évidence, Acid Witch ne risque pas de convaincre beaucoup de ses détracteurs avec ce nouvel opus. Les mêmes personnes qui avaient conchié Witchtanic hellucinations peuvent ressortir leur liste de doléances, elle reste entièrement d’application. Pour ma part, je rangerai ces tristes sires dans la catégorie des pisses-froid incapables de s’amuser. Sur ce, je vous laisse car je ne voudrais pas être en retard. Ce soir, c’est sabbat et le Diable, qui est un DJ bien plus efficace que cette tache de David Guetta, a prévu une séquence Acid Witch. Ce n’est pas parce que c’est messe noire qu’on ne peut pas rigoler !



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Arnaud Splendore





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Acid Witch : "Stoned"
(1/1) 20 août 2012, par Maggic




Acid Witch : "Stoned"

20 août 2012, par Maggic [retour au début des forums]

so amazing !
charming date

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