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Whitesnake : "Good to be bad"
La vengeance du serpent (blanc) à plumes

vendredi 7 novembre 2008, par Marc Lenglet

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Dix ans après leur dernier album, Restless heart, vingt après leur avant-dernier, Slip of the tongue, et trente après leurs débuts, le grand Serpent Blanc, le spin-off le plus brillant et le plus médiatique de Deep Purple, le groupe qui symbolisa à lui seul une certaine idée de la flamboyance du rock des années 80... hé bien oui, le grand Whitesnake est de retour en studio dans la foulée des tournées triomphales de ces dernières années.

Bon, on se calme une minute là, on respire à fond. On écoute un peu de progressif. On redevient tout mou. J’ai beau être enthousiaste au possible sur le papier, rien ne permet de prétendre qu’une formation qui, en presque deux décennies, n’est arrivé à composer qu’un seul album studio soit encore capable d’autre chose que de vivre sur sa légende. Et puis, j’en repère déjà qui ricanent : qu’est ce que Whitesnake peut avoir de « grand », eux qui, de la power-ballade über-sensuelle à la veste à clous en passant par les crinières léonines et les poses de héros solitaires de western, ont incarné tous les travers de cette décennie ? C’est simple : une alchimie parfaite entre le son et l’image, un équilibre réel entre les prétentions et le résultat, un chant d’une puissance inégalée et des influences blues suffisamment bien digérées pour que Whitesnake soit bien autre chose qu’un simple rassemblement de hardos bariolés.

Passionné au premier chef par cette aura légendaire, j’ai sans cesse repoussé la confrontation avec la vérité. Crainte irrationnelle de ne pas retrouver l’essence du hard-rock de la fin des années 80 sans doute, parce qu’il était bien entendu que Whitesnake ne pouvait qu’avoir vieilli. Que des formations notoirement faiblardes comme Poison ou Dokken soient devenues complètement insipides est une chose, et c’est une situation beaucoup plus facile à admettre que celle d’une légende qui se contenterait tout juste d’obtenir la moyenne. Du coup, j’ai différé, tourné autour du pot, attaqué l’écoute d’ici de là, avant de me résoudre à aborder l’album frontalement. Verdict ? Good to be bad est un putain de grand album. Et ce n’est pas forcément que le fan de Whitesnake qui parle dans ce cas de figure.

Question production, on retrouve avec un plaisir non dissimulé l’essence du glorieux 1987, ce son à la fois monumental et velouté, où guitares, basse, claviers et chant opèrent en symbiose totale, laissant l’impression de vagues à la fois douces et irrépressibles qui viendraient s’écraser sur les enceintes. Le chant, identique en puissance et en charisme à celui des années 80, contribue à ces retrouvailles inespérées tandis que les nouveaux musiciens assurent comme des bêtes en arrière plan. Ce clin d’œil réussi au passé, qui ravira les fans et confortera les adversaires dans leur opinion, ne resterait cependant qu’un amusant gadget pour nostalgiques si la qualité des nouvelles compositions n’était à ce point au dessus de tout reproches. Les ballades sont d’une tenue exemplaire (Summer rain, All I want all I need) et on cherchera le moindre faux-pas dans les compos plus agressives (avec une mention spéciale pour l’éblouissant All for love). Même ceux qui goûtent peu la déco eighties trouveront quelques morceaux moins clinquants (A fool in love, ‘Til the end of time) et plus représentatifs des racines de Whitesnake. Personne ne niera que Good to be bad renferme beaucoup d’appels du pied aux grandes heures de Whitesnake (All I want all I need ne ressemblerait-elle pas un brin à Is this love ? Et Lay down your love ne retrouverait-elle pas quelques accents de Still of the night ?). Vu les années qui séparent cet album de ses prédécesseurs, qui s’en plaindra, si ce n’est ceux qui rangeront de toute façon le groupe dans le bac à crasses « hard-rock des années 80 », et à qui cette chronique ne s’adresse évidemment pas ?

Au vu de cette prestation d’un niveau exceptionnel, que dire de plus si ce n’est que Whitesnake a principalement visé le public qui lui était déjà acquis, sans chercher à se renouveler d’aucune sorte. En matière de résurrection de dernière minute, Whitesnake s’avère toutefois plus vivace que beaucoup d’autres, et clôture - vraisemblablement - sa longue carrière de la manière la plus formidable qui soit.



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Whitesnake : "Good to be bad" - Album of the year
(1/3) 12 novembre 2008, par Emile
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(2/3) 7 novembre 2008
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(3/3) 7 novembre 2008




Whitesnake : "Good to be bad" - Album of the year

12 novembre 2008, par Emile [retour au début des forums]

Album Of The Year (sponsored by Universal Music Catalogue/Lost Tunes), always a hotly contended category, went to
Whitesnake for Good To Be Bad.

Rien à ajouter !

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Whitesnake : "Good to be bad"

7 novembre 2008 [retour au début des forums]

si c’est pour retrouver le Whitesnake FMisé/Américanisé, aucun intérêt. là ou le groupe de Coverdale fut excitant, c’était durant ses grandes heures avec l’équipe Moody/Marsden (jusqu’à "Come An’ Get It" quoi !). "Saints & Sinners" pouvait faire encore illusion mais dès le suivant "Slide It In" on savait que Coverdale avait vendu son âme au Dieu Dollar$. quand à "1987" et la suite, n’en parlons même pas !

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Whitesnake : "Good to be bad"

7 novembre 2008 [retour au début des forums]

1987,je n’avais pas trouvé cela formidable,essence même du hard-rock variétoche mais trés bien foutu quand même.Alors là si c’est la même chose.....

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    Whitesnake : "Good to be bad"

    7 novembre 2008, par Oli [retour au début des forums]


    1987 est le sommet de leur période US, mais leurs débuts plus "Anglais" étaient excellents. A Réécouter leur live In The Heart of the City par exemple

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