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Watcha : "Phenix"
L’oiseau qui ne renaissait pas de ses cendres

samedi 19 novembre 2005, par Marc Lenglet

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Depuis Mutant, le précédent et relativement décevant opus du groupe, Watcha avait emprunté une optique plus mélodique, davantage tournée vers le rock que vers le hardcore qu’ils affectionnaient à leurs début. On ne vous refera pas le coup de l’adoucissement inéluctable des grands noms du metal français : depuis les redditions en bonne et due forme de Mass Hysteria et No One Is Innocent, on s’est habitué à cette inéluctable idée.

Quoi qu’il en soit, on sent ici clairement que le groupe parisien maîtrise plus professionnellement son sujet. Mais bien que cette évolution soit respectable à tous points de vue, nul n’est forcé de baver d’admiration devant un groupe qui me paraît avoir perdu une partie de sa substance au cours de sa mutation, sans pour autant arriver à se hisser au rang des meilleurs dans son nouveau registre. Les tentatives rock ont certes évolués dans le bon sens, mais le ton geignard qui engloutit des chansons telles que Lâche ou L’amour n’évite pas la mort est fort irritant. Le problème n’est pas tellement la voix d’El Butcho, alias Bob. Le chanteur dreadlocké a des capacités remarquables et semble à présent apte à œuvrer correctement dans de très nombreux registres. Mais si cette manière très expressive d’incanter les textes torturés possède ses admirateurs, je ne fais clairement pas partie de ce clan là. Les textes des pièces incriminées, à mi chemin entre engagement un peu naïf et introspections psychologico-sentimentales, n’arrangent rien à l’affaire tant pour la plupart, ils voguent gaiement sur une mer de clichés adolescents. Le groupe revendique malgré tout lui même ses textes un peu simplets avec une humilité appréciable sur le titre Dans tous mes états. Ne dramatisons pas outre mesure : on a vu nettement pire en matière de rock français, et contrairement à certains groupes bien connus, on n’écoute pas les titres incriminés avec l’image terrible d’un dictionnaire de rimes à l’esprit... (Mais on ne citera pas les intéressés sinon leur fans vont encore nous faire des yeux noirs...)

En fait, la nouvelle facette rock de Phenix souffre clairement de la comparaison avec le vieil esprit hardcore du groupe. Car, quoi qu’on puisse y faire, c’est quand Watcha continue à officier dans son style originel qu’il se montre le plus convaincant. Des brûlots comme La guerre des nerfs ou Plus fort séduisent comme au bon vieux temps de Velliki Cirkus ou du premier album. Je t’emmène est très agréable par son côté punkoïde bien dératé. Et n’oublions pas Sam 4, sur lequel on retrouve avec plaisir le personnage emblématique de la saga Watcha. Le titre, un peu simpliste mais néanmoins enragé comme il faut, soutient la comparaison avec les précédents morceaux consacrés à ce malheureux jeune homme dévoré d’ambition. Pour clore tout en finesse ce tour d’horizon du nouveau Watcha, l’hommage à Dimebag Darrel est ce que Phenix propose de plus heavy. Normal, on dirait du Pantera en à peine moins dévastateur. Sympathique idée d’avoir glissé dans les textes de nombreux titres de chansons mémorables du défunt combo texan, même si Manowar avait jadis exploité l’idée à des fins d’auto-célébration.

Du côté des bonus, on sera un peu plus réservé. On ne pige pas trop la raison d’être de Wolf le guerrier, qui ressemble plus à un petit délire entre potes difficilement compréhensible pour tout qui ne se trouvait pas dans le studio en même temps qu’eux, et on affiche un petit sourire sarcastique face à la reprise techno-core bien convenue de I was made for loving you.

Il y a à boire et à manger sur Phenix et, assez logiquement, du bon et du moins bon. Les titres plus mélodiques attireront certainement un public plus amateur de la Team Nowhere que de Lofofora, et les fans de la première heures retrouveront avec plaisir des explosions hardcore qui n’ont rien perdu de leur verve. Difficile de se prononcer en fin de compte. Si Phenix est de toute évidence supérieur à Mutant, il ne me fera certainement pas oublier les deux premières exactions du groupe, moins matures mais tellement plus puissantes et endiablées. D’une certaine manière, chacun trouvera pourtant son compte avec Phenix, fut-ce seulement sur une moitié de l’album.



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Marc Lenglet





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Watcha : "Phenix"
(1/1) 11 octobre 2016




Watcha : "Phenix"

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The band had always been consistent in creating wonderful songs. - Dennis Wong YOR Health

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