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W.A.S.P. : "Unholy terror"
Mais pourquoi est-il aussi méchant ?

mercredi 7 octobre 2009, par Vincent Ouslati

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En 1999, W.A.S.P. a déjà oublié les dérives malsaines de K.F.D. avec le très rock n’roll Helldorado. Retour sans passéisme aucun sur du heavy rock gentiment vicieux, l’on s’assagit sans pour autant baisser le volume. Blackie laisse ses penchants de violeur de nonnes au placard dans les prémices du XXIème siècle. Voire, notre croquemitaine se sentirait même de nouveau quelques envies de politiser ses pamphlets, Unholy terror oublie le théâtre fantoche et se donne des allures de manifeste enragé sur l’état du monde. Facile ? A voir...

Enragé, notre bonhomme l’est toujours et bien que je tente d’apeurer le chaland en parlant de rock "contestataire", c’est bien du rock avant tout. Bien secondé (Holmes, notre gratteux alcoolique tient encore correctement son manche), Blackie décoche ses missiles balistiques les uns après les autres, à grands coups de Let it roar ou Loco-motive man, c’est une succession de pains généreux et puissants, loin de l’indus d’alors, nous sommes en pleines années 80, avec un son plus percutant et un chant qui ne déçoit jamais les amoureux de ce timbre aussi particulier que génial. Cette voix qui n’en finira jamais de m’ensorceler. Il ne faut pas tortiller du fion, aucun chanteur actuel ne me fait mouiller comme lui, hargneux mais touchant, puissant mais sensible, il y en a peu (euh, aucuns ?), qui provoquent en moi un tel tremblement de poils.

Politique, le disque s’y frotte dans les grandes largeurs le temps d’un combo fantastique, la paire Unholy terror/Charisma. Toujours aussi remonté, Blackie se prend pour Dieu, Hitler, un dogmatique personnage se faisant acclamer par les foules aveugles. Lawless éructe contre les dogmes, les faux charismatiques, les prophètes bidons des siècles passés ou actuels. Bien que le gaillard défende tout du long de sa vie des idées assez contradictoires (il se serait mis à croire en Dieu récemment...), il est impossible de lui enlever cette hargne, cette colère qui le fait écrire certainement ici l’un de ses plus beaux textes :

"I’m a liar blinding your vision Vatican Man Preaching fear and using religion With the bible and Koran I wrap myself in the American Flag And tell people I’m for which it stands I’m coming back till you know I’m God Till you believe, till you know my..."

Le menteur qui aveugle, l’homme du Vatican, usant de la peur pour accroitre son pouvoir, Lawless les dénonce, tous, crie aux mensonges et aux manipulations des peuples. Musicalement, la paire fonctionne comme une longue piste partagée entre une introduction presque parlée des plus angoissantes suivie d’un bombardement en règle avec le second titre, d’un classicisme vrai mais imparable, totalement à part entre les plages plus crues de la galette, ce qui le fait briller d’un tout autre éclat. L’artwork fut aussi très bien fichu, avec boitier en carton et s’ouvrant comme un livre. W.A.S.P. bien que connu pour son mauvais gout en matière de graphisme a fait de grands efforts cette fois-ci, la musique ne s’en voit ni pire ni meilleure, mais c’est un détail agréable.

Unholy terror est un de ces excellents disques qui ont souffert de la passe difficile du groupe durant cette décennie, plus travaillé qu’Helldorado de deux ans son ainé, bien plus inspiré que son successeur/copieur Dying for the world, ce disque est un petit bijou essentiel de la carrière du sieur Blackie, un de plus dirais-je, sans fan attitude aucune évidemment...



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Vincent Ouslati