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Velvet Revolver : "Contraband"
L’ombre du passé

dimanche 4 juillet 2004, par Marc Lenglet

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On répète après moi : ceci n’est pas un nouvel album des Guns’n Roses. Ceci est un groupe à part entière avec sa personnalité propre. Ceci n’est pas une tentative d’évoquer les années mythiques 1986-1991.... Pffffuuu... Vraiment pas facile d’utiliser la méthode Coué dans le cas présent. Elle va être difficile à traiter objectivement, cette collaboration entre les ex-Guns Slash, McKagan et Sorum et le chanteur Scott Weiland.

Contrairement aux Brides Of Destruction qui restent un groupe purement connoté hard-glam des années 80, Velvet Revolver fait tout son possible pour sonner le plus actuel possible. Avec un succès tout à fait estimable d’ailleurs car, en faisant abstraction du passif de ses membres, Velvet Revolver pourrait tout à fait passer pour une nouvelle formation totalement en phase avec son temps.

Le grand drame de cet album, c’est qu’avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas résister à l’envie de revivre les sensations procurées par les albums des Guns’n Roses. Les musiciens eux-mêmes ne nous facilitent pas la vie. Il est vrai que Slash est nettement moins démonstratif qu’au début des années 90, mais rien à faire, il ne suffit parfois que d’un seul de ses inimitables soli pour qu’un flot de souvenirs remonte à la surface. Qu’il s’agisse d’un titre hargneux ou d’une ballade, on se prend à rêver d’être de nouveau en train de découvrir Appetite for destruction ou Use your illusion...

Même Scott Weiland -fort heureusement plutôt rarement- se prend à imiter les inflexions geignardes d’Axl Rose. Mais le frisson ne se fait ressentir que très peu. Voire même pas du tout. Contraband est plus policé, moins spontané, moins électrisé et tendu que les albums des Guns’n Roses. Et par conséquent, je ne peux vraiment pas accorder ma bénédiction à, attendez ! Ca y est ! Ca vient de fonctionner ! Je suis parvenu à faire abstraction du passé. On reprend tout à la base.

Velvet Revolver est donc une excellente surprise estivale, qui nous propose des ruades hard rock puissantes et des balades qui jamais ne plongent dans les travers stéréotypés des années 80. Une reconversion de très haute facture pour des artistes dont l’heure de gloire s’était écoulée depuis...non, ça ne va pas non plus. J’ai des réactions vraiment trop ambivalentes vis-à-vis de cet album. La joie de retrouver une vague effluve d’un des plus grands groupes de hard de l’histoire, couplée à la déception de ne pas trouver cette effluve plus persistante ? Ou l’intérêt de voir ces musicos échapper au clichés passéistes, tout en leur reprochant de ne pas avoir satisfait ma petite envie égoïste d’un Guns’n Roses bis ? Impossible à dire d’ailleurs, Velvet Revolver souffle en lui même le chaud et le froid, et il n’est pas évident de s’avouer clairement déçu ou heureux du résultat.

Avouons-le : on note tout de même des faiblesses notoires dans les morceaux proposés. Car aucun des trois ex-Guns ici présents n’a jamais été vraiment impliqué en profondeur dans le processus de composition de leur ancienne formation. Quant aux Stone Temple Pilots, dont est issu Scott Weiland et qui partagent également beaucoup d’affinités avec Velvet Revolver, il ne m’ont jamais fait vibrer outre mesure. Velvet Revolver souffre en fait des mêmes avantages et des mêmes défauts qu’Audioslave. Dans les deux cas, la convergence de deux groupes à forte personnalité engendre un résultat métissé où l’on reconnaît avec un certain plaisir quelques caractéristiques des défuntes formations. Mais ce métissage se paye au prix d’une nécessaire dénaturation de leurs esprits respectifs. On n’éprouve pas l’ancien thrill d’autrefois que, consciemment ou non, on ne pouvait s’empêcher d’espérer retrouver. Et une fois que la raison l’a emporté (Oui, les Guns, c’est définitivement du passé. Non, Soundgarden ne se reformera jamais...), on découvre dans les deux cas des albums inégaux où l’excellent et l’inspiré côtoient le quelconque et l’inutile. Dans le cas de Velvet Revolver, ce problème est flagrant puisque, après un début d’album sur les chapeaux de roue, le soufflé retombe assez vite à coups d’agressions sonores un peu trop convenues et de balades un peu faiblardes. Notons quand même quelques déflagrations qui tentent de plus ou moins dégager une rage hors de contrôle (Sucker train blues, Big machine,...), l’une ou l’autre belle power-balade (Fall to pieces,...), malheureusement sévèrement encadrées de titres plus mornes. Alors que faire ? Et bien, tout comme pour Audioslave, se contenter, dans le cas présent, d’un album en demi-teinte et pas franchement révolutionnaire, et attendre le suivant en priant pour que le groupe ait à ce moment développé sa propre personnalité et affiné ses capacités de création.



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Marc Lenglet





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Velvet Revolver : "Contraband"
(1/1) 26 septembre 2016




Velvet Revolver : "Contraband"

26 septembre 2016 [retour au début des forums]

The album has proven to be one of the best material from the group. - Marla Ahlgrimm

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