Pop-Rock.com



Unanimated : "In the light of darkness"
La petite lueur dans le néant

mercredi 20 mai 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Lacuna Coil : "Comalies"
Deathstars : "Night electric night"
Helloween : "Keeper of the seven keys - The Legacy"
Cradle Of Filth : "Nymphetamine"
Cradle Of Filth : "Damnation and a day"
Austrian Death Machine : "Double brutal"
The Mad Capsule Markets : "Osc-Dis"
Hardcore Superstar : "Hardcore Superstar"
In Flames : "Come clarity"
U.F.O. : "You are here"


Je pique depuis déjà quelques temps de saines colères contre les sorties récentes concernant le métal "extrême" (pour faire court). Grosses difficultés à se renouveler, clichés à la pelle, thèmes débiles et éculés, musique pas folichonne, chanteur ridicule, bref, ça sent la grosse charogne. Pourtant, allez savoir pourquoi, j’ai bien apprécié le nouvel album d’Unanimated.

D’autant plus incohérent qu’il respecte de prime abord toutes les caractéristiques que je cite en introduction. Soit la pochette obscure, le logo que trois designers graphistes se sont évertués à rendre illisible, symétrique et arachnéen ("Unanimated", ils ont du s’éclater...), parce que le genre et Lucifer le veulent comme ça et pas autrement. Rayon décibels, même topo, introduction planante et glauque, classique jusqu’au bout des blasts, puis le démarrage bien costaud avec voix de plouc mort-vivant qui entame son texte en araméen.

Ça fait pas rêver mon speech, mais alors pourquoi diantre trouve-je cet album si prenant ? Justement, et j’assume parfaitement l’aspect contradictoire de mon discours, c’est qu’Unanimated ne cherche jamais à réinventer la poudre, mais simplement à proposer de la bonne musique, et ils y parviennent au-delà de toutes mes espérances. Des soli inspirés, de bonnes entrées en matière, de bons musiciens, un chanteur pas démesurément hargneux, de bonnes chansons bien pensées et bien jouées, je n’attends pas plus d’un groupe de death, aussi mélodique soit-il.

D’autant plus inespéré que les Suédois d’Unanimated sont dans le circuit depuis 1989, mais n’ont rien sorti depuis 1995, pour cause de split l’année suivante. On se retrouve donc dans les mêmes circonstances que Pestilence à peu de choses près, un groupe respecté qui disparait un bon bout de temps et qui nous revient sans crier gare un beau jour de l’an 2009. Mais ce qui fait toute la différence entre ces deux petits satanistes, c’est que le bien nommé Pestilence n’a rien branlé pendant ses congés, alors qu’Unanimated a vraisemblablement bien pensé son retour aux affaires, peaufinant ses partitions, ses arrangements, ses effets discrets mais bénéfiques. Il suffit d’écouter The endless beyond, ses parties de guitares confondantes de splendeur pour tendre vraiment l’oreille, c’est plaisant cette petite affaire, vraiment plaisant.

Le petit passage acoustique avec vent dans les arbres en fond (Enemy of the sun), classique aussi mais la suite est si puissante, si bien déroulée que moi, petit salopard toujours prompt à râler que c’est pas tout neuf, que c’est pas génial, que c’est déjà vu cent fois, j’abdique et rends sa couronne à Médor, In the light of darkness est foncièrement bien ficelé et accrocheur. Est-ce pour autant qu’il me réconcilie avec ce courant musical qui jadis me fit grande impression ? Non, pas suffisant, mais les Suédois me rassurent sur la capacité de quelques-uns à proposer encore quelque chose de non pas forcément nouveau (restons objectifs), mais au minimum de belle qualité, honnête, et ne sentant pas la bouillie pour chats que semblent vouloir nous mettre sous le nez nombre de deatheux sous couvert de retour aux sources.

L’avez dans le popotin les tâcherons, la concurrence ne semble pas être prète à nous vendre la même bouillie putride que vous. Va falloir se remettre au boulot fissa !



Répondre à cet article

Vincent Ouslati