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Ultra Vomit : "Objectif : Thunes"
Mechanical Chiwawa (Hymne à la France éternelle vol.2)

mardi 2 décembre 2008, par Vincent Ouslati

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Après les diatribes scato-métalliques de Gronibard, penchons-nous pas plus tard que maintenant sur Ultra Vomit, autre grand serviteur d’une musique de qualité à la française. Objectif : Thunes est le petit dernier de nos frères consanguins et beaux comme des demi-dieux de la guitare qui sent bizarre. Mais tout en se tapant des délires immondes sur les plus belles compositions de Michel Delpech ou Joe Cocker, nos chevaliers du moche langage ont surtout prouvé qu’ils pouvaient mettre un énorme pain dans la tronche à n’importe quel groupe de neuneus métalleux français qui passerait devant leurs latrines.

"Bonsoir à tous, et bienvenue sur ce second opus d’Ultra Vomit. Au programme, des tubes de légende, des riffs d’exception, et surtout, une expérience humaine sans précédent. Ouvrez grand vos oreilles, l’aventure commence maintenant !"

D’entrée, Ultra Vomit annonce de quoi sera fait cet album, si il est bien entendu qu’il faut comprendre tout cela au quarante-troisième degré, les premières écoutes vous feront vite changer d’avis. le potache de circonstance est bien là, les titres sidérants de bêtise répondent bien à l’appel mais les premiers bouts de riff vous collent au sofa. Cette réinterprétation d’Ace of spades (Quand j’étais petit (Feat. Lemmy), est un missile aussi court que jouissif. Le son est proprement énorme, la batterie est ahurissante, est-ce encore de l’humour pipi-crottes lorsqu’on peut en remontrer à Mikkey Dee et Hellhammer en l’espace d’une minute et quarante secondes ? Le reste est à l’avenant, à l’image de leurs collègues de Gronibard (voir "Hymne à la France éternelle vol.1"), Ultra Vomit a un peu mis en sourdine son grind/grindcore pour plus de fantaisie et de variété, ce qui nous change un peu de leur Kebabized at birth passé, plus cru... On pestera tout de même sur le fait qu’ils n’ont conservé de leur genre originel que le fait de proposer des morceaux ultra-courts. Si ça collait très bien à ce genre qu’est le grind, vu la totale absence de mélodicité qui le caractérise, c’est regrettable au vu du niveau actuel d’Ultra Vomit et de la qualité de leurs compositions.

Les "thématiques" abordées sont nulles et désespéreront le lecteur du Monde Diplomatique qui n’y trouvera en aucun cas la saine et consistante acuité politique dont il se nourrit chaque matin. Comme Ultra Vomit est un groupe ultra-célèbre et reconnu, les guests sur cet opus sont nombreux. Ils peuvent entre autres compter sur la présence de Lemmy Kilmister (immortel), Darry Cowl (ah bon, il est mort ?), Maïté (pas encore morte...) ou encore Wolfgang Amadeus Mozart (lui, c’est sur, il est mort...). C’est bien tout le talent de ces vilains garnements que de modeler de fort belle manière des morceaux courts et burnés en trois coups de cuillère à pots. Tout ce qui fait le métal actuel est proprement ingurgité et régurgité par Ultra Vomit qui ne souffre d’aucuns complexes d’infériorité. Cette débauche permanente de pistes aux paroles régressives et aux tempos monstrueux fait rire au premier abord, tant l’association est saugrenue. Mais après quelques petits tours dans le mange-disque, on s’étonne à un peu moins prendre en compte les textes et s’extasier devant la maîtrise technique de nos gerbeux compères.

Les textes justement. Que dire à part que les sommets de l’idiotie ont été depuis belle lurette dépassés et que l’on se perd alors dans une stratosphère de connerie ultime. Entre un mansonnesque Mechanical Chiwawa, la reprise délirante de Delpech Pour un Mosh, et le boogiesque Jack Chirac dont les paroles se limitent à..."Jack Chirac, Jack Chirac..." chanté avec une pince à linge sur le pif durant cinquante secondes, on est encore très loin de Serge Caussimon au niveau profondeur et sentimentalisme. Et comment résister à Boulangerie pâtisserie ou à ce Darry Cowl éructant, cheveu sur la langue inclus, un démoniaque "c’est ici qu’ça s’passe, putain, j’veux voir du sang dans la fosse" ? A moins d’avoir vécu un terrible drame deux heures auparavant ou de posséder l’humour d’un séminariste, difficile de ne pas adhérer à ce défoulement crétin.

Pour faire définitivement taire les langues fourchues qui oseront avancer qu’Ultra Vomit, c’est de la gerbe idiote avec du bruit, mettez-vous dans les portugaises Gremlins at the gates puis encore Mountain of maths (drôlissime qui plus est), vous changerez rapidement votre balai d’épaules, ou le sortirez définitivement de l’arrière-train. Le travail sur la voix est lui aussi loin d’être bâclé. Fetus, si il possédait un chant très death sur M. Patate, leur précédent opus totalement grind, s’est amusé ici à moduler sa voix et en tirer des imitations fort réussies. J’en vois deux au fond qui chialent parce que c’est pas vraiment Maïté et consorts qui chantent, navré, c’est bien Fetus qui, niveaux vocaux, fait quasiment tout.

Autre surprise, alors que le son est digne d’une grosse production hollywoodienne, Objectif : Thunes est bien autoproduit, payé avec les cachets de concerts et les fonds de slips des membres du groupe. Il faut croire que le merchandising, ça marche pas mal pour eux, vu ce qui nous est offert à entendre. Marc Lenglet (gros poutous Marc !) écrivait ici qu’Ultra Vomit, si il souhaitait un jour se mettre au métal "sérieux", aurait de quoi détruire en bonne et due forme n’importe quel groupe métal de l’hexagone. Après écoute du dernier scandale symphonique du plus nauséeux des metalbands franchouilles, on ne peut que le confirmer, tout en se demandant si on ne regretterait pas finalement leurs grosses déconnades actuelles.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Ultra Vomit : "Objectif : Thunes"
(1/2) 4 décembre 2008
Ultra Vomit : "Objectif : Thunes"
(2/2) 2 décembre 2008, par Benjamin




Ultra Vomit : "Objectif : Thunes"

4 décembre 2008 [retour au début des forums]

Gros poutous Marc. Je vous souhaite tout le mal que vous méritez pour nous lâcher ainsi (que le cul vous pèle et qu’il vous pousse un jonc !), et, pour tout le reste et forever (donné c’est donné, et vous ignorez combien), tout le bien possible et humainement imaginable.

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Ultra Vomit : "Objectif : Thunes"

2 décembre 2008, par Benjamin [retour au début des forums]

C’est un de mes albums de chevet depuis 3-4 mois... Bon je commence un peu à me lasser mais j’ai vraiment accroché. Etant un graaaaand fan de métal, c’est un des rares groupes qui m’a fait découvrir quelques choses de nouveau dernièrement.

Autant les paroles (Boulangerie pâtisserie) et les reprises sont risibles, autant les riffs batterie et guitare sont quant à eux parfois digne de grands groupes de black métal / grind...

Le mieux que j’ai vu récemment, le clip de "Je collectionne des canards, entre parenthèse vivants" :
http://fr.youtube.com/watch?v=O3-9X...

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