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Trepalium : "XIII"
Du groove sous le chapiteau

vendredi 11 septembre 2009, par Vincent Ouslati

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Lorsque Gojira se trouve des groupes capables de chauffer la salle durant leurs tournées, ils se contentent rarement de tacherons apathiques. En mettant en lumière le groovy death de Trepalium, ils démontrent encore une fois le foisonnement incroyable de formations de qualité dans l’hexagone. Rencontre bizarroïde avec des clowns dégénérés.

Nous entrons, visiteurs aimés, dans le grand cirque des horreurs de Trepalium, bande de saltimbanques malades mentaux qui ont choisi d’explorer leur mal-être psychomaniaque grâce à une savante mixture de death, de jazz, de groove et d’une bonne dose de déconne sanguinolente. Aussi bêtement zinzins qu’une péloche de Rob Zombie dont la pochette en est d’ailleurs un vibrant hommage, ces zigotos-là s’amusent mais n’amuseront pas vraiment les marmots.

Pas de méprise, si les premiers accords sont bien estampillés death, jetez une oreille sur Addicted to oblivion et son break manouche, sa rythmique jazzy si singulière. Loin de virer gros bœufs dépressifs, Trepalium est membre honoraire avec Hacride, Klone et quelques autres de la crème de la scène métallique française, la plus innovante et la plus active ces dernières années (et je suis objectif !). Troisième opus de nos terrifiants singes batteurs, XIII est un conte horrifique, c’est une nuit passée à poil dans un cirque cauchemardesque et ridicule, déroulement de scènes mi-idiotes mi-terrifiantes.

Trepalium est un maitre de l’ambiance qui glace et qui fait sourire, un joyeux cimetière entre cadavres de bonne famille se la souhaitant bien bonne entre deux coups de poignard dans la trompette. Amusant et décadent, cet album est superbement produit, alterne lents instants de terreur et envolées loufdingues simplement géniales. Car quelle idée fantastique d’associer le jazz manouche à un death déjà bien technique. Usual crap est révélateur de cette ligne étrange suivie par le groupe, zigzaguant entre guitares jazzy et martèlements puissants, Trepalium s’est trouvé un créneau excitant, angoissant, bandant !

Il fallait oser pacser Django Reinhardt et Chuck Schuldiner dans la même chapelle. Tel ensemble ne pouvait que se vautrer à moins d’être transcrits par des types un poil doués. Rassurez-vous, nos pierrots psychopates sont doués au delà de toute espérance et déploient un univers aussi étrange qu’attirant. Certes, c’est du death, et le chant type jappements de pitbull reste toujours le plus gros écueil à surmonter pour les allergiques nombreux de ce type de prouesses vocales. Il est peu aisé de passer outre le chant pourtant assez supportable de Cédric Punda. Mais il convient parfaitement à l’environnement de tarés bariolés que laisse entrevoir la troupe.

Et lorsque les guitares de Nicolas Amossé et Harun Demiraslan suivent le chef, il est devenu bien difficile de tourner la tête et boucher les portugaises. Ces franchouilles arrivent à coller quelque chose de bien entêtant au fond des cranes. Fous qu’ils sont, ils donnent au death une dimension nettement plus amusante et visuelle que le commun des abrutis qui officient généralement dans ce genre. Moi qui traine une sainte horreur des clowns, je trouve curieusement ceux-ci tout à fait à mon gout.



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Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Trepalium : "XIII"
(1/1) 26 juillet 2016




Trepalium : "XIII"

26 juillet 2016 [retour au début des forums]

It can’t be denied that the band was one of the best in their genre. - OKC Dentist

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