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Tobias Sammet’s Avantasia : "The scarecrow"
Cosi fan tutte

vendredi 15 février 2008, par Marc Lenglet

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Cela fait un paquet d’années qu’on était sans nouvelles d’Avantasia. A la fin des années 90, Tobias Sammet, alors jeune leader de la valeur montante Edguy, s’était lancé dans cet ambitieux projet afin de concrétiser quelque fantasmes adolescents : écrire un récit qui tienne la route, le mettre en musique à la manière d’un opéra aux guitares rugissantes et inviter amis et idoles à venir jouer avec lui. Pari réussi en son temps, et Avantasia s’imposa sans grandes difficultés comme l’une des plus grandes réussites du genre. Sept ans après le second volet, beaucoup de choses ont évolué... Et pas forcément pour un mieux.

Autant annoncer la couleur directement : ce troisième Avantasia est une déception. Ces dernières années ont vu Tobias Sammet transformer Edguy en quelque chose de moins flamboyant, de moins connoté « heavy allemand des années 90 ». Tout à sa quête de modernité, Edguy a durci le ton, perdant en partie ce qui faisait son charme juvénile. De manière inexplicable, Avantasia suit aujourd’hui le même cheminement. Oubliez donc les symphonies bourrées d’emphase, les morceaux truffés de claviers et de chœurs, les mélodies au souffle héroïque... Oubliez la notion même de metal-opera, qui constituait pourtant la raison d’être d’Avantasia à la base. A peu de choses près, Avantasia aujourd’hui, c’est Edguy, et vice-versa.

Et le casting, me direz-vous ? Sur le papier, il n’y a effectivement rien à redire au choix des invités. Sur tous les morceaux, on retrouve donc le petit Tobias à la basse et au chant, le fameux Sascha Paeth (qui a dû jouer avec la moitié des formations power-metal en activité) aux guitares et Eric Singer (Kiss) derrière les fûts. A ces trois permanents s’ajoutent une horde d’invités prestigieux qui viennent officier sur un ou plusieurs des morceaux de ce troisième opus. Aux claviers : le musicien de studio Michael Rodenberg ; aux guitares, Henjo Richter et Kai Hansen (Gamma Ray) ainsi que Rudolf Schenker (The Scorpions). La liste de chanteurs invités est tout aussi alléchante : Roy Khan (Kamelot), Jörn Lande, Michael Kiske (ex-Helloween), Bob Catley (Magnum), Oliver Hartmann (At Vance), Amanda Sommerville (autre mercenaire de studio réputée) et rien de moins qu’Alice Cooper pour l’un des highlights de l’album. Cependant, nombre de ces collaborations relèvent plus du gadget qu’autre chose. Une ligne de guitare par ci, un couplet chanté par là... Pas la peine de rameuter toute la fine fleur du metal old-school pour se taper soi-même 90% du boulot.

On passerait facilement au dessus de ces menues contrariétés si The scarecrow était bien ficelé mais, là aussi, la déception est grande. Les titres qui témoignent de la nouvelle orientation d’Avantasia (Twisted mind, Devil in the belfry, I don’t believe in your love,...) sont corrects mais pas transcendants. En revanche, les ballades cumulent ce qu’il est possible de faire de pire dans le genre, du cauchemar Disneyen (What kind of love) au cauchemar Bonjovien (Carry me over, Cry just a little). Sans oublier la petite expérimentation de rigueur, un Lost in space popisant d’assez mauvais goût.

Pour les indécrottables nostalgiques, il reste heureusement le morceau-titre, une composition à tiroirs de onze minutes. Montée en puissance progressive, superbe intermède atmosphérique, tendances folk et accents celtiques, on retrouve là le Tobias Sammet d’antan, celui qui pratiquait la surenchère mélodique à outrance, mais avec suffisamment de bonnes idées dans la mixture pour que les mauvaises passent plus ou moins inaperçues. A noter aussi Shelter from the rain, titre hyper speed qui semble lui aussi surgir d’un passé lointain. Enfin, The toy master, avec maître Alice Cooper en guest-star, est une savoureuse petite friandise malsaine, égarée au cœur de cet album.

Ce troisième opus d’Avantasia soulève tout de même quelques interrogations gênantes. Non content d’être très moyen dans l’ensemble, il peine à se démarquer du groupe principal de Tobias Sammet. Le concept reste succinct, les invités possèdent presque davantage de visibilité dans le livret et le style est globalement similaire à celui d’Edguy. En tant qu’opera metal, Avantasia était une escapade rafraîchissante. En tant que déversoir des mauvaises chutes de studio d’Edguy, autant que l’aventure s’arrête au plus vite.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Tobias Sammet’s Avantasia : "The scarecrow"
(1/2) 10 août 2016
Tobias Sammet’s Avantasia : "The scarecrow"
(2/2) 15 février 2008, par Red Cloud




Tobias Sammet’s Avantasia : "The scarecrow"

10 août 2016 [retour au début des forums]

The album was not a big hit, yet it was good enough to be recognized. - Mark Zokle

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Tobias Sammet’s Avantasia : "The scarecrow"

15 février 2008, par Red Cloud [retour au début des forums]

Dans le genre concept-album avec pléthore d’invités, le dernier Ayreon me semble être autrement plus intéressant. Du moins d’après le peu que j’en ai entendu.

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