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Thursday : "Common existence"
Un peu de bruit dans le désert

lundi 4 mai 2009, par Vincent Ouslati

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Je chronique un disque de metal sur Pop-Rock.com ! J’ai les doigts qui tremblent, la sueur au front, j’ai les chocottes. Peur des réactions, des commentaires, de la balle perdue qui va se loger dans mon épiderme. Je crains les représailles de quelques-uns d’entre vous qui pourraient mal réagir à ce que je fais ici publier. Je sais que j’enfreins une règle bien établie depuis quatre mois, que je dépasse les bornes du bon goût pour parler de sous-musique, de bouillie indigeste, je connais les risques. Mais diantre ! Faisant fi du danger, je vais parler de zizique metal sur Pop-Rock.com !

Et voyez comme je vous gâte, lecteurs ouverts et attentifs, je ne vous ai pas dégoté de la vache moisie, du groupe de death pouilleux qui sent le vieux reblochon, non je vous offre ma tête et le dernier album de Thursday sur un plateau. Le choc quand même, je vais devoir utiliser des mots aussi grossiers que batterie, gratte, cris, riffs. Il est peut-être même envisageable que je place "grosse claque dans ta gueule", et "le batteur est un sale bourrin", mais c’est au regard de la musique, ce sont là des choses variables, pas question de radoter, mesdames et messieurs, dernier appel, nous voici avec Common existence.

Thursday officie dans un registre assez vaste, qui pourrait se définir par post-emo-metalcore et rock sous les aisselles. Je note que Wikipédia mon ami les catalogue dans le post-hardocre, bof... Je retiens pour ma part juste "emo" pour le côté souffrance devant la vie qui est vachement cruelle, et "core" parce qu’on souffre vraiment beaucoup et que même notre maman peut s’en rendre compte. De même que ces petits couillons de 30 Seconds to Mars, qui vont jusqu’à préciser dans leur patronyme la durée maximale d’écoute de leur soupe supportable par l’oreille humaine, Thursday est en exercice depuis 10 ans, avec un panel discographique qui a balayé à peu près tout ce que le genre peut compter de sous-catégories.

Les garnements du New Jersey conservent deux éléments qui en font un des groupes les plus respectables dans leur chapelle en fer, soit un sens mélodique fort prononcé et des structures de compositions parfois très alambiquées. Ensuite ils rajoutent là-dessus à peu près tout ce qu’ils veulent. A ce compte, Common existence ne m’a pas déçu, ne versant jamais dans les pleurnicheries typiques du gamin attardé Jared Leto, quitte même à réellement s’énerver par endroits, Thursday remet au goût du jour sa recette sans l’édulcorer.

Si le premier titre (Resuscitation of a dead man) ne décoiffe pas franchement, Last call qui suit est déjà nettement plus aventureux et fait rentrer de plain-pied dans la dure déprime de nos garçons. Et bonne tenue générale démontrée par Friends in the armed forces, sa basse en première ligne, Geoff Rickly très en forme, hurlant à la lune, que voilà du bon titre tout puissant tout costaud qui rassure quant à l’investissement réalisé. Même l’accalmie qui survient au bout des deux minutes et 15 secondes réglementaires est bien chiadé, interlude atmosphérique, presque pop qui ne fait que retarder un nouveau déluge sur la grosse caisse de Tucker Rule. Mais c’est qu’il sent le meilleur morceau de l’album ce petit bout de post-hardcore.

Pas vraiment car tout ce qui suit est peu ou prou du même calibre, puissant et relevé, laissant une grande place à la batterie et aux vocalises de Rickly. Dans les moments fameux, je ne peux passer devant en occultant la très sombre entrée en matière de Love has led us astray, formidablement belle pour un titre à la construction originale qui plus est.

Quel plaisir d’entendre d’aussi bonnes choses, entre Circuits of fever et le final tout en génie qu’est You were the cancer, l’esthète est comblé et Thursday certifie conforme les espoirs que l’on plaçait en eux. Jamais attentistes, ils se renouvellent de disques en disques tout en conservant bien ancrée leur capacité à faire de la bonne musique, ne cherchant ni à élargir leur public, ni à le rétrécir à la serpette, ils semblent avoir atteint un certain équilibre, gardant un orteil dans un relatif underground et l’autre dans une reconnaissance publique méritée à mon sens. Du dépressif pas poussif de ce niveau, c’est à garder bien au chaud sur l’étagère.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Thursday : "Common existence"
(1/2) 23 novembre 2015
Thursday : "Common existence"
(2/2) 4 mai 2009




Thursday : "Common existence"

23 novembre 2015 [retour au début des forums]

Nice review. This group really excels in their genre. - Green Water Technologies

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Thursday : "Common existence"

4 mai 2009 [retour au début des forums]

Merci pop-rock de faire connaitre ce fabuleux groupe à ceux qui ne le connaissent pas encore.. On sent également pas mal l’influence de joy division sur certaines de leurs chansons.

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