Pop-Rock.com



The Eyes of A Traitor : "A Clear Perception"
Le NME aime ça

vendredi 17 avril 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Soulfly : "Conquer"
Lunatica : "New Shores"
The Mad Capsule Markets : "Osc-Dis"
Apocalyptica : "Apocalyptica"
Helloween : "Rabbits don’t come easy"
Fantômas : "The director’s cut"
Cathedral : "The garden of unearthly delights"
In Flames : "Soundtrack to your escape"
Samael : "Solar soul"
Cannibal Corpse : "Evisceration Plague"


Mort aux préjugés ! C’est pas parce qu’on se traîne un nom de telenovela brésilienne et un artwork piqué au Journal de Mickey qu’on sait pas faire du gros son les mecs ! The Eyes Of A Traitor (moué...) est anglais, et passe pour un petit phénomène dans le doux monde du tatapoum grand-briton. Étant plus que difficile en ce moment, et me méfiant qui plus est de l’enthousiasme souvent puéril des médias anglais, j’y ai cependant jeté une discrète oreille poilue. Qui plus est lorsque j’ai su qu’ils participèrent à la tournée de Gojira en Grande-Bretagne, la petite écoute à la va-vite s’est faite plus précise et insistante. Alors vrai bon nouveau, ou énième tâcheron ?

Le Deathcore, genre dans lequel on peut mettre The Eyes Of bidule, est un style qu’on ne pensait pas vraiment voir dépasser les 10 ans de survie dans la jungle métallique. Mais selon quelques magazines outremancheux et suite à la parution du petit monstre de Bring Me The Horizon peu avant, il semblerait que l’on assiste à un "renouveau" (mouarf...). Il faut dire que l’époque est tellement creuse pour les genres, sous-genres et dérivés du rock au sens large que n’importe quel buzz va réveiller le hardeux dépressif terrassé sous sa couette. Mais soyons purement objectifs, et voyons si le phénomène annoncé a une mince raison d’être. Première constatation, ça tape dur. Pourtant loin d’être des vétérans, les boutonneux ont déjà un bagage technique plus que respectable. Et pour le chant de Jack Delany, variant entre chant clair (traduisez par hurlé) de bonne tenue et chant death pas trop ringard, le niveau est très convaincant, atteignant parfois un Corey Taylor dans ses belles heures, pas moche comme référence. La recette est celle-ci, on envoie la purée trois minutes, puis break mélodique puis nouvelle tournée de bastonnade.

Sur Under siege, qui respecte ce plan à la lettre, le premier bémol apparaît, Delany foire ses passages voix clair/death avec toute la folie de sa belle jeunesse. Pas très bien calqué sur l’ambiance, le titre s’en voit d’un coup d’un seul descendre de quelques points dans une appréciation stricte. Là où les gamins surprennent, c’est sur leur vision très alambiquée du deathcore, qui se mue bien souvent en metalcore ou heavy metal (n’ayez pas peur, les nuances sont franchement minuscules tant la consanguinité a touché le metal). With different eyes et son démarrage piqué chez Muse shooté aux amphét’, son épilogue au piano douloureux, Decorus et sa ligne de piano en fond sonore, ses riffs acérés, son chant hurlé, où caser pareil mixage ? Deftones ? Un peu, mais le métal gothique n’est pas loin de par la lourdeur tremblotante de l’ensemble.

Du heavy, on en retrouve dans les beaux soli de Life clockwork ou encore Misconceptions, les deux petits gratteux Matthew Pugh et Steve Withworth se font visiblement plaisir et ont déjà un niveau fichtrement convaincant. On est loin des lignes de gratte ridicules d’un Mantas chez Venom à ses débuts. D’autant que le pépère est pas devenu un dieu du riff en 30 ans de carrière...

La diversité des compositions se fait rapidement jour, alors qu’on pouvait s’attendre à quelque chose de très compact et chiant, on a droit a une forte variété, que ce soit dans les parties de batterie ou de guitares, le tout demande de l’attention à l’écoute mais se révèle très correct dans tous les domaines, offrant des titres plutôt matures et affirmés. Donc, c’est plus vraiment du deathcore comme l’aimeraient les plus cons des puristes, c’est un hybride, une sorte d’hippogriffe du genre, ne sachant pas bien encore comment conjuguer toutes ses influences mais prometteur au regard de ce premier opus. D’autant que se faire produire aussi rapidement par Listenable Records force l’admiration (du moins la mienne...).

Complexe et différent, ces premières écoutes remettent en cause la notion de "perception claire", c’est au contraire complètement indistinct et désarticulé. Rien de vilain dans ces termes, tout du contraire en fait. Car passée la surprise, on en vient à se dire que ce disque est un putain de bon disque, aux multiples défauts bien entendu, pas l’œuvre ultime qu’on attendrait, mais bigre, les buzzers avaient raison, les yeux du traître ne mentent pas et donnent à voir une bien prometteuse carrière. Que manque t-il au juste ? Pas la technique, l’envie non plus, le chant est parfois hésitant mais volontaire et puissant. Il suffirait juste de canaliser quelque peu cette juvénile folie sans pour autant l’étouffer et The Eyes Of A Traitor pourrait se faire une jolie place sur mes étagères.



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

The Eyes of A Traitor : "A Clear Perception"
(1/1) 25 novembre 2015




The Eyes of A Traitor : "A Clear Perception"

25 novembre 2015 [retour au début des forums]

NIce song. This material can really catch the listeners attention. - Dennis Wong YOR Health

[Répondre à ce message]