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L’album metal du mois
The Chant : "Ghostlines"
Ice storm

samedi 9 février 2008, par Geoffroy Bodart

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Quand on se balade de page en page sur MySpace et qu’on finit par dégotter un groupe qui exhibe dans sa liste de best friends des groupes comme Anathema, Porcupine Tree et Katatonia, forcément, on s’arrête de cliquer cinq minutes et on écoute. Et quant le résultat s’avère à la hauteur des formations susvisées, alors on réserve illico une place au poste d’album du mois.

Le gros risque, bien sûr, c’est de tomber dans le jeu des comparaisons, que The Chant ne peut que perdre. Moins rugueux que machin, moins vibrant que truc et moins travaillé en profondeur que brol, et on peut continuer comme ça pendant des heures. Mais quand on s’arrête sur un groupe uniquement parce qu’il pratique un style qu’on adore, on fait un peu fi des considérations d’innovation et d’originalité. The Chant est donc un groupe de metal. C’est un peu prog, beaucoup plombé et très atmosphérique. Et ce qui vaut à ce premier album d’enchanter à ce point votre serviteur, c’est uniquement la force de frappe énorme des compositions.

Oui, une fois n’est pas coutume, ce ne sont pas les "morceaux", les ambiances, la recherche intrinsèque qui attirent, mais bien les chansons. D’un format et d’une longueur conventionnels pour le genre (comprenez : cinq à six minutes), chaque chanson est une authentique bombe qui donne envie soit d’entrer dans un pogo, soit de chialer toutes les larmes de son corps. On pourra certes reprocher au groupe son manque flagrant de prise de risque. Le chanteur, très talentueux au demeurant, ne se décide pas à pousser son chant trop loin dans le rageur ou le larmoyant, les musiciens renoncent à tout débordement technique, la production et le mixage sont réglés comme une horloge, il se dégage définitivement de cet album une impression de travail extrêmement consciencieux et professionnel. C’est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un premier album, même si le groupe a pas mal d’atouts dans sa manche : déjà quatre E.P. fort remarqués au Nord de notre Vieux Continent et un entourage de personnalités confirmées ayant travaillé notamment avec et/ou pour Moonsorrow, Rust, Sonata Artica et Apocalyptica. On notera tout de même, en guise de curiosité, l’intervention de la trompette dans le thème principal de Secret societies pour un résultat plus que convaincant.

Force de frappe des chansons, avons-nous dit. Et ceux qui poseront une oreille sur l’ouverture déchaînée de Green waters, se sentiront portés par le solo de Footmen, ou trembleront devant les accords sournois et irrésistibles de Crown comprendront vite de quoi on parle. Les neuf titres qui composent l’album s’enchaînent sans temps mort, sans se ressembler. Entre ballade acoustique (Ghostlines dont le thème sera repris dans l’électrique Wayfarer - Ghostlines Reprisal), tueries dans les règles de l’art (The breakdown, Green waters), morceaux mid-tempo pesant et mélancoliques (Crown, Ode to the end (thank you), on n’a pas le temps de reprendre son souffle. L’alternance de passages acoustiques et électriques au sein d’une même chanson est un procédé que le groupe semble privilégier, et qui fera un maximum d’étincelles sur Cold comfort.

Si formellement, le groupe est le plus à rapprocher de Katatonia, époque Tonight’s decision, il évoque également les mêmes thématiques sombres et volontiers morbides. Si Ilpo Paasela est encore loin de proposer des textes définitivement traumatisant ou parmi les mieux écrits qui soient (on ne se trouve pas face à des textes personnels débordant d’émotions, mais plutôt face à un groupe qui brasse des thématiques obligées), on se mange néanmoins quelques jolis moments extrêmement forts. Notamment sur Ode to the end (thank you), qui, outre un thème musical magnifique, propose un refrain qui comprime la poitrine et ne donne pas vraiment envie de regarder un film de Jim Carrey.

Il va falloir désormais compter avec The Chant qui a posé de solides bases avec ce premier disque pour ce qu’on espère être une longue carrière. On leur souhaite de pouvoir injecter dans leur musique suffisamment d’éléments personnels et d’acquérir suffisamment d’expérience et d’audace pour nous emmener plus loin encore, dans un univers qui leur sera propre et toujours aussi empli de mélodies foutrement bien torchées.

Un petit problème avec la gravité ? Toujours est-il que si l’album sort dès a présent en Finlande, il faudra attendre début mars avant de le voir arriver dans nos contrées.



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Geoffroy Bodart