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Summoning : "Oath Bound"
The dark side of the Ring

mercredi 14 juin 2006, par Geoffroy Bodart

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L’œuvre de Tolkien, on le sait, est une source d’inspiration intarissable dans le monde du metal. S’ils sont nombreux à inventer leurs petits récits, avec leurs petits guerriers, leurs petits trolls, leurs petits méchants sorciers pour planter le décor de leurs œuvres musicales, plus rares sont les groupes, qui puisent directement dans la trilogie du Seigneur des Anneaux et ses appendices le matériau qu’ils comptent mettre en musique, et exposer de leur singulier point de vue.

Je dois toutefois avouer que c’est bien parce qu’on m’avait prévenu que ce groupe contait les événements du Seigneur des Anneaux que j’ai pu vous répercuter cette information. Je n’aurais pas pu, de mon seul chef, la déduire ni des titres de l’album (même si des intitulés comme Bauglir ou Menegroth me faisaient tout doucement comprendre que les thématiques ne tournaient pas autour du bien-être animal ou de la cigarette post-coïtum), ni des paroles, grommelées de manière inintelligible, comme il se doit de la part de tout chanteur de black qui se respecte (tout au plus ai-je décelé, après plusieurs écoutes et le visage tordu par l’effort d’attention, l’un ou l’autre « nazgûl » éructé ici et là). Et c’est sans oublier Mirdauta Vras, chanté dans le langage Noir (mais on entend à peine la différence). N’étant pas un inconditionnel de ce type d’harmonies vocales (et c’est peu dire), cet album aurait très bien pu ne pas passer vingt minutes dans ma chaîne. Et pourtant, il faut bien reconnaître qu’il a un petit quelque chose...

Musicalement, l’ambiance est étouffante, plombée. Ces Autrichiens ne jurent peut-être que par la saga du Professeur, mais ils ont vite fait de zapper certains chapitres. N’espérez donc pas retrouver dans cet album les scènes manquantes aux films de Peter Jackson comme l’épisode de Tom Bombadil. Ne vous attendez pas non plus à de charmantes petites ritournelles champêtres ou à de joyeuses chansons paillardes de hobbits qui flairent bon la Comté et l’herbe à pipe du Quartier Sud. Oubliez vos rêves de douces mélopées et harmonies célestes illustrant Fondcombe ou les Havres gris. Ici il n’y a de place que pour le pays de Mordor, où s’étendent les ombres. Dans cette optique, il semble cohérent que le chant ait été confié à un orque...

L’album séduit par sa rythmique écrasante, ses instrumentations peut-être un peu cheap mais bien intégrées et parfaitement dans le ton, sa guitare lente, saturée à l’extrême, et ses percussions martiales. Le tout se veut épique, sombre, héroïque et gothique. L’objectif est atteint, sans pour autant qu’une débauche de moyens ait été déployée. La courte introduction, à la flute, est un régal, et le deuxième titre, Across the streaming tide, donne directement la mesure de tout ce qui va suivre. On regrettera toutefois une certaine lourdeur dans tout cela. Plus d’une heure d’un son aussi ramassé, condensé, ça finit par en être éreintant et on ne pense plus qu’à crever cette bulle opaque et oppressante dans laquelle la musique nous a enveloppés. La faute en revient en partie à la manière dont sont composées chacune des chansons, centrées à chaque fois sur un seul thème étiré, exploré, décliné, poussé jusque dans ses derniers retranchements jusqu’à le faire exploser au terme d’un crescendo. Ca fonctionne un temps, mais la saturation guète et l’on finit par se dire que tout se ressemble, sonne pareillement. Ce n’est qu’en morcelant l’écoute que l’on parvient à s’attarder sur la complexité et l’atmosphère de chacun des titres. Et on ne peut que conseiller d’accorder toute son attention à ces chansons, ne serait-ce que pour la majesté de Beleriand et la mélancolie de Land of the dead, sublimée par des chœurs qui donnent au titre une puissance digne de l’œuvre qu’il illustre.

A quand une version chantée par les Elfes ?



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Geoffroy Bodart





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Summoning : "Oath Bound"
(1/1) 26 octobre 2016




Summoning : "Oath Bound"

26 octobre 2016 [retour au début des forums]

Any fan of the group will definitely not miss this kind of album. - Marla Ahlgrimm

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