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Stratovarius : "Polaris"
Lente rééducation

jeudi 4 juin 2009, par Vincent Ouslati

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Ce fut limite ! Victime de mes a priori acides et virulents, ce disque devait faire les frais d’une critique propre à l’envoyer à la casse. Pas de quartier, Stratovarius allait payer pour les autres, payer pour mes factures de gaz énormes, payer pour les gens que j’aime pas, payer parce que cet album est forcément risible. J’avais déjà tout préparé, dico des plus belles insultes, glossaire de la vulgarité classe et crasse, clavier bouillant, tu vas morfler pour mes fautes Polaris ! Mais une lueur divine s’est mise en travers de mon massacre programmé, Sainte Honnêteté m’a touché des deux paumes, j’en étais quitte pour brouillonner ma diatribe (qui servira pour plus tard, faut pas gâcher).

Depuis déjà quelques années, Stratovarius a sombré dans un état de déliquescence proportionnel aux dérives loufdingues de son principal compositeur. Albums médiocres, bouffonneries, line-up éjectable, il faisait pas bon être fan d’un groupe qui n’avait plus grand chose à raconter hormis quelques brèves sur les péripéties ridicules d’un Tolkki luttant avec ses neurones. Et ce n’est pas le souffreteux album de 2005 (voir ici) qui rassura les masses. On pensait le cirque achevé lorsque le 2 avril 2008, ledit Timo Tolkki annonce la mort officielle de Stratovarius.

Mais voilà que le 20 mai, le fou Finnois en remet une couche, il renonce à tous ses droits sur le catalogue et le nom du groupe, lance un projet baptisé Revolution Renaissance dont on ne sait plus trop si c’était du Stratovarius avec d’anciens membres ou réellement Stratovarius avec une nouvelle équipe. Désireux cependant de poursuivre, le reste du groupe se mit à bosser sur un nouvel album, sans Tolkki. En découle le dénommé Polaris qui sentait de prime abord le gros four. Pensez donc, le génie frappadingue qui s’enfuit à poil dans les prés, il faut en avoir sous le pied pour égaler (je ne parle même pas de surpasser...) son boulot.

Pourtant, comble de la stupeur, Stratovarius même décapité a géré son petit business, proposant quelque chose de foncièrement honnête. je ne me suis pas fait cette remarque de prime abord, la première écoute avait eu tendance à confirmer ce que nombre de pauvres fanatiques pensaient, le groupe était crevé depuis longtemps et sans Tolkki pour faire rire, on ne pouvait même plus savourer leurs frasques dans les news, dernières manifestations d’un bouzin atteint d’abrutissement précoce. Polaris ne me plaisait pas, ça sonnait vioque, pas inspiré, pas voulu, naissance douloureuse d’un gnard rachitique et pas bien beau.

C’est donc à cet instant que Sainte Honnêteté m’a foutu une baffe et m’ordonna de bosser , grosse feignasse que je suis. Ladite Sainte étant une maîtresse exigeante, j’ai réécouté Polaris, superficiellement d’abord, plus en profondeur par la suite, et la musique a commencé à me plaire, pas mal cette petite intro, ce break, sympa, le petit clavecin là, ça a son charme dis-donc, oh là il est en forme Kotipelto, et le jeune gratteux, il manœuvre bien ma foi.
Ce disque s’est avéré peu à peu honnête, voire bon, sans toutefois anéantir ce gros défaut qui poisse dans les oreilles, celui qui m’avait tancé à le fusiller sans autre forme de procès au prélude de cette chronique. Il n’est en rien surprenant.

Comme perdus après le départ de Tolkki, les Finlandais ont préféré camper sur leurs acquis, balancer du tout cuit, rassurer le chaland. Perdre le cerveau, même bien entamé, est une chose. Perdre dans la foulée encore un peu plus son auditoire, pas question. Alors le coté aventurier, on l’a laissé dans la poche, on mise sur les vieilles cartouches, sur le savoir-faire, sur le bon gros couple rapidité/efficacité qui a fait en son temps toute la saveur de Stratovarius.
Cet album n’a rien d’un incontournable, mais il a la fibre rassurante. Ça a beau sniffer un peu le disque rayé, c’est bien foutu, sincère boulot, propre et sans bavures.

Là où l’on peut se faire du mouron, c’est bien sur l’après, car si Polaris est une correcte tentative de retour en grâce, il va maintenant falloir que les compères reviennent au niveau qui fut le leur il y a désormais bien longtemps. Étonner le peuple après lui avoir redonné espoir, ce serait un gros et beau clou dans le postérieur de leur ex-timonier.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Stratovarius : "Polaris"
(1/2) 29 décembre 2015
Stratovarius : "Polaris"
(2/2) 12 juin 2009, par Marc Lenglet




Stratovarius : "Polaris"

29 décembre 2015 [retour au début des forums]

They have very catchy songs which really appeal to the listeners. - Roger Quick

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Stratovarius : "Polaris"

12 juin 2009, par Marc Lenglet [retour au début des forums]

Je n’arrive pas vraiment à m’y faire, à ce nouveau style. Ce n’est pas que l’album soit mauvais : il comprend même une poignée de titres tout à fait corrects. Mais il y manque la gueule, la mégalomanie, la volonté décomplexée de faire du Metal baroque arrogant (tout ce que les non-fans trouveront du dernier grotesque en fait). Et ça, c’était clairement lié au gros Tolkki. Stratovarius va sans doute devenir un Sonata Arctica bis...un groupe finlandais de plus, quoi.

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