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Sonata Arctica : "The days of grays"
Et dire que je voulais pas m’y mettre...

mercredi 6 octobre 2010, par Vincent Ouslati

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Moi ? Friand de speed-metal dans les neiges ? A vrai dire non, je privilégie souvent des grosses voix de mâles bien couillus, de quoi faire douter de ma profonde hétérosexualité. J’ai bien touché à Stratovarius du bout des oreilles quelques fois, et ne m’en suis pas porté plus mal. Sonata Arctica est une épreuve récente que je me suis imposé, n’y connaissant que des bribes de pochettes et pas grand-chose de plus, hormis Unia dont la digestion fut difficile. Puis en 2009 parut The days of grays, et je vous le dis, Sonata Arctica est essentiel au bon fonctionnement du monde.

Il y a cet instrumental d’une beauté maléfique, Everything fades to gray, ce piano qui vous fait frémir, ces trois minutes de bonheur pur qui ne peuvent qu’annoncer un dénouement heureux dans votre triste vie. Rien que ces trois minutes valent l’achat, le vol, la séquestration ad vitam eternam de cette galette à votre domicile. Il n’est plus possible aujourd’hui de produire de la beauté avec quelques notes justement agencées, fous que vous êtes si vous croyez cela, car Sonata Arctica y oppose un émouvant démenti en guise d’introduction, je suis conditionné à aimer la suite.

Unia montrait la voie de cette transformation musicale, le metal (BWEUUUAAHHH !) y prenait moins d’importance, les guitares se réduisaient à des accompagnatrices dociles, Tony Kakko mettant en avant les ambiances et les claviers, qui sont encore ici les rois. L’on peut regretter cette mise au rencard d’Elias Viljanen, qui pour sa première participation n’est pas vraiment - semble t-il - un acteur majeur dans la composition. Mais les choix de Kakko se défendent devant le résultat obtenu.

Moins métallique donc, et plus imagé. The days of grays est travaillé comme une bande originale de film à grand spectacle, il y a du Dany Elfman, du John Barry ici, du monumental sans exagérations, sans outrances. Le changement dans la continuité ? Non, l’évolution n’est pas ici dans le style mais dans la maitrise, Unia faisait office de laboratoire, de tentatives alambiquées, ce nouvel album en est l’aboutissement, n’allons pas avancer que c’est la fin du processus, tant nous attendons la suite de cette métamorphose.

Deathaura qui est le premier titre pourvu de vocalises de l’album renoue donc avec la difficulté sans plus de sermons, mais les morceaux les plus complexes se voient cependant insérés plus en avant dans le déroulement du disque, encore une fois pour amener calmement l’auditeur vers les vues plus développées de Kakko. Un Kakko qui s’est lancé dans une œuvre d’une richesse au moins égale à son prédécesseur. Les éléments les moins intéressants sont finalement les plus classiques, ceux qui semblent des résidus du Sonata Arctica des temps jadis, notamment The last amazing grays, bien que profitant d’un instrumental à décorner les bœufs. Impossible de ne jamais déceler la moindre petite seconde de bonheur chez eux, même dans le moyen se cache quelque chose de génial.

D’expérimentations, ce disque n’en manque pas, mais elles sont clairement mieux intégrées, mieux pensées, et donc passent plus pour des expériences abouties que les jeux de chimie amusante du prédécesseur.

Kakko semble peaufiner cette nouvelle image, aux volontés plus cinématographiques que métalliques. Mais si le résultat est aujourd’hui des plus envoutants, l’on peut craindre ces sempiternelles crises d’égocentrisme dont pâtissent nombre de chevelus du Nord (rappelez-vous du ridicule Timo Tolkki qui faillit couler Stratovarius, zyeutez ici). Crises qui amènent à produire n’importe quoi sous prétexte de posséder le savoir ultime. J’espère pour ma part que Kikko saura poursuivre son chemin sans jamais oublier qu’il se doit d’offrir une somme d’émotions au public, et non pas une biographie pompéienne n’intéressant que sa personne. The days of grays n’est heureusement pas cela, il est une confirmation et un prolongement, pourvu que ça dure.



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Vincent Ouslati





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Sonata Arctica : "The days of grays"
(1/1) 19 juillet 2013, par Lena M. Hernandez




Sonata Arctica : "The days of grays"

19 juillet 2013, par Lena M. Hernandez [retour au début des forums]

Ils sont un des plus grands au cours de leur temps, c’est pourquoi il est un peu triste qu’aucun des musiciens d’aujourd’hui ne donne pas de leur rendre hommage. | narrative essays

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