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Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"
Bas les masques !

mardi 15 juin 2004, par Marc Lenglet

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Slipknot, c’est sa force, n’a jamais laissé personne indifférent. Ses admirateurs comme ses détracteurs avaient tous une opinion bien tranchée sur le phénomène. Pourtant, les deux camps se rejoignaient pour constater que le groupe américain avait su mettre un bon coup de pied au cul d’une scène neo metal déjà envahie de petits poseurs iconoclastes. Rien que pour ça, avoir subi - comme c’est mon cas - leur épouvantable vision musicale durant deux albums prenait un certain sens.

Ayant repris à leur compte le côté visuel qui avait fait le succès de Kiss, les 9 membres de Slipknot donnaient dans un metal braillard, hyper brutal, maladroit et finalement pathétique : une véritable bouillie sonore mal dégrossie, au contenu d’une telle nullité manichéenne qu’il ne pouvait que toucher sa cible, l’adolescent frustré incapable de voir le monde autrement qu’en noir et blanc. S’il fallait néanmoins leur accorder un certain mérite, ce serait celui de s’être toujours montrés capables d’assurer des shows explosifs et d’avoir, assez inexplicablement, démontré qu’on pouvait concilier musique extrême et succès commercial conséquent. Iowa, leur seconde offensive, sans changer grand chose à l’idée de départ, exceptées quelques influences death et trash plus marquées, avait déjà parû un peu plus consistant. Ensuite, ce fut le brouillard pendant près de 2 ans : certains prétendaient que le groupe avait splitté, d’autres qu’il y aurait un dernier album testamentaire avant sa dilution dans les limbes de l’histoire du rock. Pour ne rien arranger aux rumeurs, les membres du collectif s’étaient éparpillés dans divers projets artistiquement éloignés de Slipknot. (Stone Sour pour le chanteur Corey Taylor, les Murderdolls pour le batteur Joey Jordisson,...), fait qui semblait indiquer que la page était bel et bien tournée. On se surprenait à se demander à quoi aurait bien pu ressembler le cap difficile d’un hypothétique troisième album du gang de Des Moines.

Et puis, voilà que débarque sans crier gare le troisième volume des déprédations sonores de Slipknot : nouveaux masques, nouveau concept, nouveau producteur (Exit Ross Robinson, c’est Rick Rubin qui s’y colle cette fois),... en vérité, c’est presque à une nouvelle formation que l’on a affaire ici. Pensez donc, il y a même des balades ! Slipknot qui fait des balades ! Il y a quelque chose qui ne colle pas, non ? ! Enfin...inutile de sabrer le champagne trop vite, puisque, malgré une maîtrise minimum du genre, Circle ou Vermillion pt.2 ne sont pas vraiment époustouflants de talent. Il s’agit de titres honnêtes, calmes, qui permettent de souffler quelques minutes au milieu de l’ouragan impitoyable que constituent la plupart des autres plages de l’album. Car, bien que Slipknot se soit montré capable de donner une valeur mélodique réelle à plusieurs de ses nouvelles compositions, on reste dans le domaine de la violence cathartique illimitée.

Ici et là, on retrouve quelques touches qui rappellent Slayer, Ministry ou KoRn vieille époque. En parlant de ces derniers, Corey Taylor démontre malheureusement que, contrairement à Jon Davies, il restera uniquement cantonné au rôle du gueulard patenté, ses parties chantées ne faisant rien ressortir de bien transcendant. Bref, diverses influences se trouvent ici régurgitées avec une compétence certaine : tandis que la rythmique sourde de Three nil rappelle le black metal, le très intéressant Opium of the people possède un style hardcore bien marqué. Le principal attrait de ce nouvel album réside donc dans son éclectisme, son désir flagrant d’évolution et dans des morceaux qui sont dans l’ensemble fort intéressants sans perdre pour autant de leur brutalité originelle. Il est difficile, à l’aune de cette nouvelle - et plus que correcte - réalisation, de déterminer si le style et le niveau qualitatif des premiers albums du groupe reposaient sur une décision volontaire de faire dans le brut de décoffrage simpliste, ou sur un manque d’expérience et de maturité, que les nombreux side-projects auraient comblé. On ne se posera pas la question plus longtemps, puisqu’à défaut d’être subliminal, Slipknot troisième cuvée se défait de sa réputation de pétard mouillé et se révèle comme un véritable groupe, capable d’élargir le champ de ses compétences et de tenir son rang au milieu de tout ce qui fait beaucoup de vacarme dans le petit monde du metal. D’ailleurs, ses membres semblant satisfaits du travail accompli, il semblerait que l’hydre à 9 têtes ne compte pas abandonner la scène dans l’immédiat.

Ceux qui éprouvent un besoin viscéral qu’on leur broie les tympans pour avoir la sensation d’exister risquent d’être impitoyables avec ce qui a tout l’air d’être une véritable "trahison". Pour les autres, il n’est jamais trop tard pour découvrir une des sensations les plus marquantes du metal actuel, qui réalise ici la première de ses productions qu’on puisse raisonnablement considérer avec un intérêt non feint.



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"
(1/3) 19 juin 2007, par KWAK LE PLUS DINGUE DES CANARDS
> Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"
(2/3) 15 septembre 2004
> Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"
(3/3) 23 juin 2004, par mathieu leroy




Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"

19 juin 2007, par KWAK LE PLUS DINGUE DES CANARDS [retour au début des forums]

moi j’ai le cd et je le trouve bon mais sans plus

a écouté de temps en temps

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> Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"

15 septembre 2004 [retour au début des forums]

$lipknot=$oulfly=$hit. Qu’ils fassent du niou death metal ou du nickelbuk of Mudd, c’est tout aussi mauvais.

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> Slipknot : "Vol 3. (The subliminal verses)"

23 juin 2004, par mathieu leroy [retour au début des forums]

slipknot ca pète un point c’est tout. Sinon le cliché de l’ado attardé qui écoute ce genre de musique c’est un peu facile ... suffit de se rendre à tous ces concerts hardcore pour se rendre compte que des gens de tout âge y vont ... et pas beaucoup d’adolescents ! Sinon je crois que si Slipknot avait fait un troisième album dans la même lignée que les deux derniers, ca n’aurait pas marché. Ce genre de musique défoule, mais bon, c’est vrai qu’a un certains moment, c’est assez limité. Le dernier album apporte un peu de renouveau à Slipknot qui lui permet ainsi de survivre mais il n’apporte rien de très nouveau au genre ...

Sinon un truc rienavoir mais que j’ai envie de dire aux personnes qui n’écoutent QUE slipknot et qui ne vont pas plus loin ... le rock (et le rock hardcore) ca se limite pas a ca les gars !

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