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Slayer : "World painted blood"
Une leçon de brutalité

jeudi 3 décembre 2009, par Arnaud Splendore

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L’avantage avec Slayer, c’est qu’on est en terrain connu. Certes, il ne faut pas attendre de surprise de la part des Californiens, ils risquent assez peu de nous sortir un album de free-jazz. D’accord, God hates us all était insipide. D’accord, Christ illusion manquait de cohérence. Mais Slayer n’a pas acquis sa réputation en se reposant sur ses lauriers. Et alors que leurs confrères se vautrent en albums ratés et en frasques dans la presse, il était temps que les rois du thrash remontent sur le trône. C’est chose faite avec World painted blood, qui n’est pas tant un nouveau couronnement qu’une prise de pouvoir rapide et sanglante.

Afin de décortiquer ce nouvel album des maîtres du thrash, j’ai pris l’initiative d’inviter un de leurs plus grands fans, Jean-Raoul. Je compte bien sur lui pour nous livrer une analyse pointue de l’œuvre. Jean-Raoul, bienvenue sur Pop-Rock !

- Jean-Raoul : WOUAAAAIS !!! SLAAAAYEEEER ! WHOU-HOUUUU !

- Arnaud Splendore : Euh oui, c’est cela, Slayer aussi !

Bon... Le moins que l’on puisse dire, c’est que la chanson-titre, World painted blood, a le mérite de rappeler à l’auditeur distrait qu’il écoute du Slayer. Rien de révolutionnaire, mais les éléments classiques du groupe sont bien présents. Rythmique incisive de la part de King et Hanneman, la paire de guitaristes la plus couillue de l’histoire, martelage de fûts impitoyable de Dave Lombardo, LE plus grand batteur thrash, phrasé démoniaque et chant hurlé de Tom Araya, l’élément le plus reconnaissable du groupe. Jean-Raoul ?

- J-R : WOUAAAAIS ! LET’S GO TOM ! SLAAAAYYYYERRRRR !

- A.S. : D’accord… Une première chose qui frappe à l’écoute de l’album, c’est que Slayer met en évidence ses racines punk de façon plus marquée qu’à l’accoutumée. Il suffit d’entendre Unit 731 ou Public display of dismemberment, véritables tueries speed-thrash, pour s’en convaincre. On sait que King et Hanneman, les deux compositeurs du groupe comptent des combos punks tels que Minor Threat, The Stooges et Verbal Abuse dans leurs influences. Et ce sont ces influences qui ont permis la création d’un monument comme Reign in blood à l’époque. Petite séquence nostalgie pour Slayer, mais ça fait du bien de voir le groupe nous rappeler pourquoi ils sont les maîtres en la matière.

- J-R : WOOUU-HOUUU ! ANGEEEEL OF DEEAAATH ! WIOOOOU-WOOOU !

- A.S. : OK, voilà qu’il nous fait les soli à la bouche… J’ai encore eu une bonne idée, tiens…

En parlant de solo, justement… Slayer est réputé pour beaucoup de choses, mais certainement pas pour la qualité de ses soli de guitare. De leur propre aveu, King et Hanneman n’en ont rien à battre des règles de la musique et se contentent de jouer leurs gammes à fond la caisse. En règle générale, ça passe mais ici, Slayer a vraisemblablement décidé de mettre l’accent sur les passages instrumentaux et, à force, ça gave un brin. L’intro de Snuff, par exemple, donne plus l’impression d’un groupe de djeun’s qui vient d’apprendre à jouer de la guitare que le dixième album studio d’un des piliers du thrash. Bon d’accord, faut pas s’attendre à des prouesses de guitare à la Symphony X, mais tout de même c’est un peu lourd.

- J-R : EH, TU DIS PAS DU MAL DE SLAYER, HEIN ? SLAAAYEEEEER !

- A.S. : Euh, quelqu’un pourrait lui filer un peu de viande crue, ça lui fera une occupation ? Merci !

Tant qu’à dire du mal, et pour profiter que Jean-Raoul est occupé avec son bout de bidoche, parlons du cas Americon. Parce que là, c’est LA faute de goût de l’album. Cette chanson, composée par Kerry King, nous ramène aux pires moments de God hates us all. D’un point de vue musical, on s’emmerde ferme. Aucune cohérence, aucun riff particulièrement intéressant, bref ça ne ressemble à rien. Le père Kerry est bien gentil, mais son obsession de faire moderne nuit vraiment au groupe. Slayer n’a pas besoin de sonner jeune et Slayer n’a pas besoin de se compromettre dans des chansons sociales. Comble du bonheur, Americon joue carrément la carte de l’anti-américanisme, histoire de faire tendance.

Par contre, la performance d’Araya est irréprochable. L’homme a un style unique et sa voix complète à merveille l’agressivité des chansons. Sur cet album, il est terriblement efficace. C’est bien simple, sur le final de Psychopathy red, il ne crie plus, il hurle littéralement à s’en faire péter les cordes vocales. Et quand il ne hurle pas, Araya scande les paroles de manière contenue, pour arriver à un climax de brutalité. Le bonhomme est à son niveau le plus impressionnant depuis des années. Ça n’a pas l’air grand-chose dit comme ça, mais cela apporte énormément en termes de violence. Et c’est bien pour ça qu’on aime Slayer.

Avant de conclure, je voudrais encore épingler un titre qui sort du lot. Playing with dolls est sans doute la chanson la plus intéressante que Slayer ait pondue depuis l’époque de Divine Intervention. A l’instar des classiques du groupe que sont Dead skin mask ou South of Heaven, la chanson repose principalement sur les ambiances. A partir d’un début étonnamment calme, où Araya est quasiment en train de parler, Playing with dolls monte en puissance avant de vous exploser à la gueule et de repartir pour un tour. Une démonstration de force pour le groupe, qui prouve grâce à cette simple chanson qu’il est encore capable de surprendre après toutes ces années.

- J-R : DANCE WITH THE DEAD IN MY DREAAAAMS ! WOUUUU-HOUUUUU ! SLAY-YER ! SLAY-YER ! SLAY-YER !

- A.S. : Ah merde, il a fini de bouffer, ce con-là. Bon, il est temps de conclure avant qu’il n’attaque le mobilier…

Après plus de vingt ans à distribuer des albums comme autant de tartes dans la gueule, on aurait pu croire que les petits gars de Slayer allaient se calmer avec l’âge. Il n’en est rien ! On a pu douter d’eux, perdre la foi durant leur traversée du désert. Mais si Christ illusion nous faisait surtout regretter la gloire passée, World painted blood est le signe de l’Apocalypse, le retour en forme des maîtres. Certes, l’album a ses défauts mais en matière de thrash, personne n’arrive à la cheville de Slayer !

- J-R : SLAAAAYEEEER !!



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Arnaud Splendore





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Slayer : "World painted blood"
(1/2) 3 décembre 2009, par Reivoli
Slayer : "World painted blood"
(2/2) 3 décembre 2009




Slayer : "World painted blood"

3 décembre 2009, par Reivoli [retour au début des forums]

SLAYEEEEEEEEEEEER !

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Slayer : "World painted blood"

3 décembre 2009 [retour au début des forums]

rigolo comme les analyses des ’forces’ et ’faiblesses’ de nos artistes favoris peuvent varier d’un amateur à l’autre..

Moi, j’ai bien aimé ’God hates us all’, j’ai bien apprécié ’Christ Illusion’, et j’ai une tendresse (si l’on peut dire) vraiment particulière pour ’diabolus in musica’...

Le seul album de slayer (je connais tout à partir de reign in blood) qui, jusqu’ici, ne m’a pas interpellé, c’est ’undisputed attitude’..

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