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Sick of It All : "Death to tyrants"
Les véritables Hardcore Superstars ?

mardi 4 juillet 2006, par Marc Lenglet

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Comme à chaque album ou presque, les vieux coreux de Sick of It All viennent de changer de label et nous annoncent, sans trop se prendre au sérieux, qu’il s’agit là de leur meilleur album. On ne les croit d’ailleurs pas vraiment. Parce la notion de « meilleur album » ou « de plus mauvais album » n’a pas vraiment de sens chez ces New-yorkais pur jus. Depuis vingt ans qu’ils dénoncent sans relâche la tyrannie, l’injustice, les inégalités et la violence, Sick of It All a réalisé un parcours dont l’intégrité et l’honnêteté laissent rêveur.

Par où commencer pour vous dévoiler le contenu de ce nouvel assaut urbain de Sick of It All ? Hum... Pas évident, puisque Sick of It All sert pratiquement de mêtre-étalon à toute la scène hardcore. Le groupe américain a toujours fait preuve d’une telle constance, d’une telle maîtrise de son sujet et d’un telle obstination à refuser de baisser la cadence qu’on finit inévitablement par comparer tout nouvel arrivant du milieu à cette référence vivante. Ce Death to tyrants est sans conteste aussi réussi que l’excellent Life on the ropes de 2003 qui était lui même un rien supérieur au Yours truly de 2000, album qui marquait un retour aux sources après un Call to arms (1999) moins virulent mais fondamental. On pourrait d’ailleurs continuer de la sorte jusqu’aux débuts de la discographie du groupe, qui ne s’est jamais franchement écarté de ses principes fondateurs.

Excepté quelques pistes intermédiaires plus ou moins dispensables, tous les titres présentés par Death to tyrants sont d’un excellent niveau. Aucun d’entre-eux ne ressort particulièrement du lot, mais là n’est pas l’objectif d’un groupe tel que celui-ci. Profane ou pas, on écoute l’album comme 35 minutes d’un défouloir testostéroné, radical et, pour ceux que ce genre de choses intéresse, qui a de réelles choses à dire, fut-ce sur un mode binaire... Le profane est encore plus concerné par cette vision puisque, de son point de vue, tous les morceaux finissent quelque peu par se ressembler. Personne n’a jamais demandé au hardcore de faire preuve de génie pionnier d’ailleurs...

Vous voulez du bon gros son épais comme qui ravage tout sur son passage ? Vous voulez une grosse voix de punk pas content qui condamne la société dans son ensemble ? Vous voulez du refrain à entonner en cœur au moment où vous mettez un coup de boule au voisin de fosse ? Alors, ruez vous sur ce nouvel album de Sick of It All ! Ou sur n’importe lequel des anciens d’ailleurs.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Sick of It All : "Death to tyrants"
(1/2) 16 mars 2007, par Walter Benjamin
Sick of It All : "Death to tyrants"
(2/2) 27 septembre 2006




Sick of It All : "Death to tyrants"

16 mars 2007, par Walter Benjamin [retour au début des forums]

" Personne n’a jamais demandé au hardcore de faire preuve de génie pionnier d’ailleurs..."

Minutemen ? Hüsker Dü ? Bad Brains ? Fugazi ? Big Black ? Black Flag ? Meat Puppets ?

C’est vrai, personne ne leur avait demandé de le faire. Ils ont joué selon leurs règles, souvent en dépit des lois du marché ; parfois même en guerre ouvertes contre icelles puisque farouchement opposés au modèle économique - politique, idéologique, moral ou spirituel si l’on veut - qui les sous-tend ; à des degrés divers, ces groupes sont parvenus à créer des formes musicales originales (dans leur contexte au moins) ; les emprunts rythmiques au funk pour les Minutemen, les manipulations éléctroacoustiques perpétrées par Hüsker Dü (c’est frappant sur sur Zen Arcade), la fantastique maîtrise des contrastes dynamiques dans les chansons (pourtant courtes) de Fugazi... Cette inventivité musicale, cette appropriation de la "scène" par des gens souvent très jeunes et pas du tout musiciens professionnels, au moins autant que le discours non-conventionnel (mais pas toujours explicitement politique) qu’elles entendait véhiculer, a fait qu’on a pu qualifier tous ces groupes de "Hard Core" ; et aussi cette volonté réalisée, au moins au début, d’exister en dehors des grosses machines productivistes de l’industrie des loisirs, de créer des circuits de diffusion et de distribution parallèles ; ceux-là était un "Noyeau Dur" parce qu’ils résistaient à la pression.

Puis la presse s’en est mêlé, le public s’est fait plus nombreux, moins motivé par l’intégrité artistique et politique du groupe qui jouait ce soir là que par sa capacité à lui fournir un support de "Slam Dancing". Le "Hard Core" est désormais une catégorie musicale codifiée avec ses diocèses, chapelles et hérésies ; une rubrique de la presse métal ; un bac chez Tower, Virgin Megastore ou à la FNAC ; on y range des groupes qui jouent vite et fort en criant des slogans non sataniques et plutôt Nouvelle Gauche que Néo Romantiques... Un segment de plus du marché pop.

Ceci dit je n’ai rien contre Sick Of It All. Ce groupe comme d’autres (Bad Religion, par exemple), même si son originalité est moins frappante que celle des groupes cités plus haut, fait partie des créateurs de cette scène et n’a certainement jamais trahi son éthique de départ. S’il joue peu ou prou la même musique (la même chanson ?) depuis vingt ans ou plus, au moins celle-ci lui appartient-elle en propre.

Il me semble simplement que réduire le Hard Core à un style, celui précisément où s’illustre Sick Of It All, est un non-sens en regard des valeurs de base affichée par les individus qui en furent les créateurs ; qu’appliquer systématiquement la formule "violence sèche/chansons courtes/ruptures rythmiques/paroles contestataires hurlées/T-shirt et jeans non griffés" n’est pas forcément moins conformiste que proférer en boucle "Sex’n’Drugs’n’Rock’n’Roll" ou "Mèl, assied-toi faut qu’j’te parle/J’ai passé ma journée dans l’noir..." ; qu’enfin, en tant qu’auditeur, "s’envoyer" du New York Hard Core comme on le ferait du Speed Metal Mélodique Allemand, du R’n’B Siliconé de la Californie du Nord ou du Black Progressif Certifié Non-Nationaliste De la Norvège Septentrionale, c’est faire preuve d’un réflexe consumériste bien navrant. Mais là n’était sans doute pas votre propos...

Cordialement quoi qu’il en soit : WB

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Sick of It All : "Death to tyrants"

27 septembre 2006 [retour au début des forums]

Bravo pour l’article - à quand un article sur le dernier Black Label Society ? Merci— Francois

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