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Saxon : "Into the labyrinth"
Faites qu’ils s’y perdent...

vendredi 20 août 2010, par Vincent Ouslati

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Nous voici décidément dans l’ère des grands retours de vieilles gloires, entre Judas Priest et Guns n’Roses, Metallica, Motörhead, l’approche de la maison de retraite semble donner aux vieux un sursaut d’énergie avant le pas ultime. Pour certains, le coup de fouet aura été bénéfique et laisse présager de quelques années passionnantes. Pour d’autres, la mise sous perfusion semble nettement plus probable. Alors que The inner sanctum avait laissé entrevoir le retour en forme de Saxon, ce nouvel album aussi rapidement bouclé ne fait pas que sentir la refourgue micro-ondée. C’est un vrai produit de fast-food, décongelé, et mal réchauffé.

Il fallait s’y attendre, on ne peut avoir une telle carrière sans de temps à autre être tenté par un peu de facilité. Le précédent a bien marché, ben les mecs, moi je vous l’dis, on s’en refait un petit dans le même genre, on repart en tournée, et y’aura de quoi payer les traites de nos lofts respectifs. Pas con le Biff. Into the labyrinth fait illusion quelques minutes, et l’ensemble reste d’un bon niveau, du Saxon 2.0, avec tout ce qu’il doit y avoir d’épique, de rock, de "Born to be wild spirit" et toutes ces petites choses qui font que Saxon, bien qu’ayant rarement pu dépasser les ténors de la N.W.O.B.H.M. n’en aura pas moins œuvré avec talent et application dans le genre depuis ses débuts. Il y aura bien eu quelques tentatives plus FM dans les eighties mais ce ne sont pas les premiers à avoir arpenté les trottoirs à cette époque. On leur pardonnera volontiers ces quelques écarts.

D’écart ici, il n’y en a pas et c’est bien à ce propos que ça coince. Into the labyrinth aurait pu s’appeler The inner sanctum II sans provoquer de remous particuliers. Du nouveau ? Rien. De la prise de risques ? Que dalle. Du déjà-entendu tout vieux et fatigant ? Plein la gueule les Britons ! Même équipe, même producteur, et un son nettement aseptisé qui n’aide pas à la transe. Bon, j’admets que c’est accrocheur par endroits, c’est juste un album insipide, Saxon avait tout dit dans le précédent, ici l’on radote à grosses louches et on bave dans la soupe qui fut bonne, drame et billevesées, tout ça est bien décevant.

Que garder avant la mise en bière alors ? Une bonne entrée en matière avec Batallions of steel, bonne mais sans plus, quelques trucs-machins plus rocks pas mal foutus, Live to rock, un peu de speed repompé sur le précédent, Valley of the Kings. Ils se sont remis à faire du AC/DC, comme dans le très banal Slow lane blues, où seul Byford étonne avec sa copie conforme du timbre de voix de canard de Brian Johnson.

Sans vouloir être démesurément méchant mais connement honnête, cet album n’a strictement aucun intérêt, propose un heavy ultra-banal, des morceaux lourdingues et mille fois entendus. Un bon point ? Allez, Biff chante toujours aussi bien et les musiciens dans leur ensemble assurent correctement. Mais Saxon aurait mieux fait de mettre le frein à main voilà deux ans et arrêter définitivement les frais. Ce labyrinthe sent tellement l’arnaque qu’on s’en détournerait presque lorsque l’on voit l’album dans le bac du disquaire, rien qu’à l’odeur. Petit récapitulatif :

_Catégorie "Only Rock n’Roll", Come rock of ages, un brûlot, bandant, classique, rock quoi.
_Catégorie "Gâtisme précoce", Protect yourself, Hellcat, Crime of passion, simplement nul.
_Catégorie "Efficace mais date de péremption avancée", Batallions of steel, Live to rock.

Le reste variant entre le déjà-vu bon et le souvent entendu médiocre. Les vieux briscards du heavy ont déjà éteint la flamme aperçue il y a peu. D’accord, il y a de quoi repartir en tournée, c’est d’ailleurs le principal argument de vente de ce disque. Mais prendre les fans pour des buses est bien peu sympathique venant d’un groupe respectable et doué tel que Saxon. Drame et grosse bavure en prévision pour le prochain ?



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Saxon : "Into the labyrinth"
(1/2) 21 décembre 2015
Saxon : "Into the labyrinth"
(2/2) 20 août 2010




Saxon : "Into the labyrinth"

21 décembre 2015 [retour au début des forums]

It was really not a surprise to see this band rise to popularity. Their talent is undeniable. - Dennis Wong YOR Health

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Saxon : "Into the labyrinth"

20 août 2010 [retour au début des forums]

De toute manière, tout comme Judas Priest, Iron Maiden, Motörhead et les autres vieux briscards de l’ère NWOBHM ou pré-NWOBHM, Saxon était déjà mourrant dès le milieu des Eighties ! Power & The Glory reste l’ultime album qu’ils pouvaient se permettre de sortir car dès le suivant - le piteux Crusader, c’est déjà la catastrophe intégrale !

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