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Samael : "Above"
Black calibré pour les beaufs

samedi 30 janvier 2010, par Vincent Ouslati

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Non mais... C’est quoi cette merde ? Alors jusqu’ici symbole du meilleur de la fusion des genres, de l’heureux métissage de l’électro et du metal, Samael fait ici un bond en arrière qui se calcule en années-lumières. Non pas que le retour aux sources soit une mauvaise chose en soi, c’est très bien les nouveaux départs, les nouvelles ambitions... Mais là, chers amis du son lourd, nos Suisses se sont plantés comme jamais. En revenant à du plat black metal, sans saveur et sans innovation, ils régressent de terrible manière. Above, fallait pas, sérieux...

Même aujourd’hui, je n’en reviens toujours pas, Samael faisait partie de mes petits préférés, l’une des meilleures preuves que l’on peut mêler des genres par nature inassociables pour en faire de merveilleuses compositions, à la personnalité affirmée et au contenu musical riche. On pouvait d’ores et déjà soupçonner une baisse de régime voire une stagnation avec Solar soul qui peinait à faire oublier son inestimable prédécesseur Reign of light en 2004. Et Vorph a lui aussi pigé que Samael ne pouvait aller plus loin, ne pouvait faire mieux. Alors plutôt que de remettre au goût du jour la recette sans en atteindre la saveur, il a préféré mettre au placard les bidouilles de bon aloi et en revenir au bon gros beauf black metal des débuts, bien lourd, bien inutile, bien mauvaise idée quoi.

Il faut dire qu’Above (au dessus... au dessus de quoi ???) ne devait pas être un album de Samael mais un projet annexe, une récréation en attendant l’inspiration pour un successeur digne de ce nom à Solar soul. Mais ayant visiblement jugé le disque à la hauteur de ses aînés (gros sic !), il fut décidé de lui coller l’étiquette de l’estimable bande. Et bien mal leur en a pris, car après la surprise, c’est la déception qui rapidement vous tire des larmes. Blasts, voix death, pas même un chouïa de nouveautés dans cette masse inodore et lourdingue. Rien qui dépasse le stade du black bas de gamme que n’importe quel gamin un tant soit peu doué puisse produire dans la cave de ses parents.

Above est fatiguant, épuisant même, impossible à écouter d’une traite tant il est compact et linéaire. Aucune surprise, aucun petit bout de soupçon de nouveauté dans cet album qui fait parfois penser à du très mauvais Cradle Of Filth, avec le symphonique en moins. Ça la fout mal et je ne pige toujours pas ce qui a pu pousser Samael à sortir quelque chose d’aussi inférieur à leurs travaux antérieurs. Drame, la production, batterie bien trop mise en avant, guitares bien trop saturées, claviers inaudibles. Quant à Vorph, on ne comprend rien à ce qu’il raconte.

Bref une prod’ calibrée ultra violente pour un résultat catastrophique. En perdant toutes leurs marques de fabrique, soit le chant de Vorph, le groove, les touches électro, ce sens de la composition et ce son si travaillé, si riche, le groupe s’est foutu dans la merde tout seul. Above est à n’en pas douter le plus mauvais album de nos Suisses, certainement aussi mauvais d’ailleurs que le New shores de Lunatica dans un autre genre. La différence étant que Lunatica pèche par manque d’agressivité alors que Samael se vautre par excès de violence idiote. Visiblement, c’est pas une bonne année pour le métal helvète...

Tout est mauvais ici, je ne vois rien qui soit à la hauteur du passé récent du groupe. Quand je dis rien, il faut faire une exception, une assez bonne piste est récupérable du marasme. Et croyez-le ou non, mais c’est la version électro de Black hole foutue en toute fin de Above. Si la version black classique est aussi pourrie que le reste, ce remix est lui nettement plus intéressant et démontre ce qu’aurait pu être ce disque sans ce parti-pris crétin de retour à l’âge des cavernes.

Il y a des retours en arrière qui sentent très fort la fin de parcours, Above sent comme ça, et ça me fout en boule. Va falloir sérieusement se bouger les jambons pour le prochain et tenter de faire oublier cette bouillie.



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Vincent Ouslati





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Samael : "Above"
(1/1) 25 novembre 2015




Samael : "Above"

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