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Rosetta : "Wake/Lift"
Epicentre

vendredi 21 décembre 2007, par Geoffroy Bodart

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Emoustillé par la pluie d’articles dithyrambiques accompagnant la sortie de ce deuxième album, c’est avec une petite lueur dans les yeux et un nœud au creux de l’estomac qu’on fait manger ce CD par la chaîne hi-fi. C’est presque une évidence : les premières écoutes sont décevantes. Cet album est bien, sans aucun doute. Mais un album dont on a simplement envie de dire qu’il est « bien », on a plutôt tendance à le placer en bas de la pile et à l’oublier. Sauf que celui-ci, on y revient. De temps en temps, un peu plus souvent, régulièrement, jusqu’à ce qu’il ait finalement pris un abonnement sur la platine sans qu’on s’en soit véritablement rendu compte.

La raison de la semi-déception du début est évidente : on frise le degré zéro de l’originalité et de l’audace. Rosetta fait du Isis. Un post-metal apocalyptique, nerveux, tendu et écrasant, mais parfaitement respectueux des règles établies sur Panopticon. Et un groupe qui s’applique à ce point à ressasser un style bien défini et magnifié par ses pères fondateurs ne peut que s’exposer au jeu des comparaisons. Ici, point de surprise : Wake/Lift est bien en-deçà du chef-d’œuvre d’Isis. Et il ne se dégage aucun supplément d’âme ou de personnalité de ce groupe qui permette de rentrer dans des sous-catégories au sein desquelles Rosetta pourrait prétendre à la première place.

Ceci étant clarifié, il serait malhonnête de donner son C4 au groupe pour cet unique prétexte, sans accorder leur chance aux morceaux qui composent Wake/Lift. Car, qu’on le veuille ou non, ces morceaux font tout doucement leur chemin au creux de l’oreille et finissent par s’imposer sur la longueur. Beaucoup plus orienté sur le côté brut de décoffrage que sur le volet atmosphérique (beaucoup plus orienté sur le Wake que sur le Lift, serions-nous tentés de dire), l’album est de ceux qui peuvent détraquer tous les pacemakers de Virton à Leuven : la guitare est surchargée, le chant hurlé scotche l’auditeur et la batterie donne l’impression qu’on est enfermé dans la grosse caisse. Le groupe connaît bien sa partition et l’exécute de main de maître, se permettant de faire jaillir une vraie tristesse dans ces murs de guitare. On sent que le groupe joue avec ses tripes, qu’il est à fond dans sa musique et ne se contente pas de surfer sur un mouvement qui a la cote en ce moment. C’est probablement ce qui hisse Rosetta, pour ce qui concerne la force de frappe des compositions et l’interprétation, au-dessus de la mêlée de post-coreux engendrés depuis la percée d’Isis et Neurosis (le paragraphe précédent peut en effet être appliqué à de nombreux groupes). Le groupe ne se confine toutefois pas dans son aspect « un marteau-piqueur dans la caboche » et ouvre régulièrement de larges espaces ambiants très inspirés, guidés par de très beaux arpèges. Le côté prévisible du groupe est toutefois encore au rendez-vous, en ce qu’on sent venir les montées en puissance à des kilomètres.

Parfaitement représentatif du genre auquel il est rattaché, Wake/Lift sera adopté par tous les mélomanes en manque de sensations fortes (franchement, vous n’avez jamais eu envie de vous retrouver sur l’épicentre d’un séisme, vous ?). Les plus chatouilleux, par contre, outre quelques longueurs (Temet Nosce est sublime dans sa première partie, mais deux fois trop long au final), regretteront que l’album soit aussi statique et, finalement, peu aventureux.



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Geoffroy Bodart





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Rosetta : "Wake/Lift"
(1/1) 28 octobre 2016




Rosetta : "Wake/Lift"

28 octobre 2016 [retour au début des forums]

Great music that is really nice to listen to all over again. - Bath Planet

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