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Rhapsody : "Power of the Dragonflame"
Musique à grand spectacle

vendredi 7 février 2003, par Marc Lenglet

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Après bien des péripéties et des retournements de situations, le guerrier nordique et ses alliés se trouvent maintenant face à leur destin et à l’armée de la reine des damnés. Vaincront-t-ils ou les terres d’Algalord sombreront-elles à jamais dans les ténèbres ?... Non, il ne s’agit pas du script du prochain « Conan le barbare » mais bien du dernier album de Rhapsody. Et vous obtiendrez les réponses à ces interrogations quasi métaphysiques en écoutant jusqu’au bout ce splendide album.

L’Italie est réputée pour servir de gîte à un nombre incroyable de petits groupes de metal à moitié inconnus, dont l’unique obsession dans la vie semble être de traquer le kobold dans de sombres cavernes ou de chevaucher un blanc destrier dans d’immenses plaines en décapitant du troll à tour de bras. Ces formations ne parviennent que rarement à éviter de sombrer dans le comique involontaire, n’ayant souvent ni le talent ni les ambitions techniques de leur grandiloquence. Ce n’est pas le cas de Rhapsody, fondateurs et uniques représentants reconnus de ce qu’ils nomment eux-mêmes le « Hollywood-metal », une mouvance épique du power-metal, dont les multiples arrangements symphoniques, pratiquement aussi importants que la musique elle-même, leur permettent de concurrencer les bandes originales des plus grosses productions hollywoodiennes.

Rhapsody, c’est aussi la saga de l’épée d’émeraude, épopée heroic-fantasy imaginée par le guitariste Luca Turilli et le claviériste Alex Staropoli. Ce récit, « les chroniques d’Algalord », reprend le schéma traditionnel de la lutte du Bien contre le Mal, mais le scénario, aussi classique qu’il soit, ne manque pas de panache et surtout, il sert de fil conducteur à tous les albums, depuis le premier, Legendary tales, en 97. En écoutant les 5 albums, on peut donc suivre toute l’histoire d’une seule traite. Ce cinquième opus, lui, se centre sur les grandioses batailles qui clôturent la saga, et pourrait donc être un signe avant-coureur de la dissolution du groupe, Luca Turilli ayant depuis lors entamé une carrière solo.

Basiquement, Rhapsody est un groupe de power-metal mélodique doté de fortes tendances progressives comme il en existe des dizaines d’autres. Mais les flamboyantes orchestrations symphoniques, dignes des plus grandes réalisations cinématographiques, les passages acoustiques, les bruitages hollywoodiens qui parsèment les chansons, les extraits de musique médiévale, et surtout le fait que chaque album se situe parfaitement dans la continuité du précédent, ne lui donnent aucun rival parmi les groupes du même acabit. Sans jamais tomber dans la caricature, cet album réutilise avec bonheur les ficelles de ses prédécesseurs : des compositions puissantes et exécutées d’une main de maître par des musiciens très compétents, une atmosphère héroïque absolument fabuleuse, regorgeant de chœurs masculins ou féminins omniprésents (on dirait presque du Therion !), et toujours ces petites sections de musique médiévale qui parsèment les morceaux en fonction de l’ambiance évoquée. Car les musiciens s’efforcent de faire coller un maximum l’évolution du récit avec l’ambiance installée par les chansons. Même sans écouter les paroles, on parvient sans peine à déceler le moment où un combat tourne en défaveur des héros ou bien celui décrivant un soudain retournement de situation. Power of the dragonflame est par ailleurs un album assez sombre et pessimiste, au vu des événements qui y sont relatés, et cela se ressent dans la musique, plus dure qu’auparavant. A tel point que, pour une fois, même le chanteur Fabio Lione modifie sa façon de chanter en fonction des circonstances. Si, auparavant il restait généralement cantonné à la voix haut perchée typique des groupes de ce style, il durcit ici souvent le ton jusqu’à parfois approcher d’un style black metal sur le titre « When demons awake ».

Les autres compositions sont toutes sans exception, d’un excellent niveau. Signalons simplement une « March of the swordmaster » guerrière et médiévale à souhait, et le sublime chant « Lamento eroico », entièrement en italien (certains passages des autres titres sont également dans cette langue). L’album (et la saga) se clôt sur une pièce apocalyptique de près de 20 minutes, « Gargoyles angels of darkness », sans doute un des titres les plus grandioses jamais composés par un groupe de metal. Power of the dragonflame est à coup sûr le meilleur album de Rhapsody depuis Symphony of the enchanted land, son atmosphère sombre et souvent désespérée, lui permettant d’apporter un peu de renouveau dans une série où les albums finissaient par se ressembler.

Bien sûr, inutile de se leurrer : Rhapsody est un groupe de forbans. Ils ont dû piller les trois quarts de leurs orchestrations dans les péplums et les films d’aventure que le cinéma italien a toujours produit en grandes quantités, et il semble même qu’ils aient quelquefois tendance à réutiliser certaines parties de guitares issues de précédents albums (l’intro de deuxième chanson « Knightrider of doom » ressemble à peu de choses près au fameux « Emerald sword » du deuxième album ). Mais qu’importe : le résultat final est si épique, l’ambiance si irréelle, et les arrangements orchestrés avec un tel brio qu’on peut tout leur pardonner. Si vous êtes fans de jeux de rôles ou, plus généralement, d’heroic-fantasy, vous ne risquez rien de moins que de tomber raide mort à la première écoute !



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Rhapsody : "Power of the Dragonflame"
(1/3) 9 juillet 2007, par MÈCHE LE SOURNOI
Rhapsody : "Power of the Dragonflame"
(2/3) 5 septembre 2006, par N
> Power of the Dragonflame
(3/3) 7 février 2003, par badrock




Rhapsody : "Power of the Dragonflame"

9 juillet 2007, par MÈCHE LE SOURNOI [retour au début des forums]

VIVE RHAPSODY LE GROUPE QUI M’A DONNER ENVIE DE DÉCOUVRIR LE MÉTAL DANS TOUTES CES FORMES

MECHE LS

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Rhapsody : "Power of the Dragonflame"

5 septembre 2006, par N [retour au début des forums]

Le temps passe et les goûts (?) changent comme j’ai déja pu le remarquer avec Manowar. (N’est-ce pas ?)

"Power of the Dragonflame", excellent album. "Le meilleur depuis "Symphony of Enchanted Lands"", cela reste à voir. "Dawn of Victory" est dans la même lignée au niveau de l’excellence.

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> Power of the Dragonflame

7 février 2003, par badrock [retour au début des forums]

Encore une bonne critique, tu m’as dis de les écouter et bien j’adore. ;. le clip est tellement bidon lol... ils jouent du synthé dans un bois..MDR

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    > Power of the Dragonflame

    7 février 2003, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    J’admets que leurs clips bénéficient apparemment d’un budget de super-production slovaque...mais bon tant que la musique suit...

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      > Power of the Dragonflame

      30 janvier 2004 [retour au début des forums]


      Au pire, il leur reste leurs belles pochettes...Ca doit d’ailleurs être le truc qui fait que je suis plus tenté d’acheter un album de rhapsody qu’un autre ,au contenu tout moche,que je gagnerai vraiment pour le coup à télécharger (oui,ce n’est pas bien, je sais , mais en ce qui me concerne, l’industrie du disque ne m’aurait jamais vu acheter autant d’albums si je ne les avait pas essayés gratuitement avant : quand un album est bon, on finit très souvent par l’acheter ne serait-ce que pour bénéficier d’un son bien meilleur )

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