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Rhapsody Of Fire : "Triumph or agony"
Donjons & Somnolence

lundi 20 novembre 2006, par Marc Lenglet

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Je le pressentais. J’en était convaincu. Convaincu qu’un jour, Rhapsody finirait par me soûler. Pourtant, en digne fan d’Heroic-Fantasy, j’étais prêt à tout avaler tant que les Italiens me garantissaient de longues chevauchées imaginaires dans les plaines d’Algalord, des batailles mythologiques, des dragons avides de richesses, et des démons immémoriaux émergeant brutalement des débris d’un glyphe de protection. Oui, je m’en tamponnais le casque à corne de ce chant maniéré et pompeux, de cette absence pathologique de renouvellement d’albums en albums, de ces orchestrations grandiloquentes piquées à gauche et à droite et de cette obsession malsaine de la double-pédale. J’avais mon steak d’orc chaque année dans l’assiette, et ça suffisait à mon bonheur.

Et voilà que je ne sais pas quoi dire face à ce Triumph or agony tout mou et tout fatigué, qui semble être à l’épopée épique ce que le dernier Marduk est à la liturgie chrétienne. L’album précédent, Symphony of the enchanted Lands II, s’était pourtant montré parfait dans son rôle de voix d’accès à une nouvelle épopée fantastique. De là, le changement de nom de la formation italienne ? Rhapsody Of Fire, la nouvelle dénomination en vigueur, symboliserait, je cite, « un nouveau départ, qui reflète la direction toujours plus foudroyante et grandiose prise par la musique de Rhapsody ». En fouillant un peu, on pige vite qu’il s’agit en fait d’un bête histoire de copyright. Voilà comment on brise un mythe en attendant de briser un album. Non, Triumph of agony déçoit principalement par l’insipidité de ses compositions, faiblesse encore aggravée par le sentiment de les avoir déjà entendues sur un autre album du groupe, mais en mieux. Jusqu’ici, on n’adressait généralement ce type de reproches qu’aux ajouts symphoniques. Le seul message que cet album diffuse, c’est que les héros sont fatigués et que, malgré les titres flamboyants des chansons, il ne se passe pas grand-chose dans cette partie de la quête.

Les orchestrations symphoniques, qui deviennent dès lors la seule raison d’être de Rhapsody, ont heureusement fait l’objet de soins particuliers. Non qu’elles soient très différentes de celles des autres albums : la puissance de l’orchestre et l’intervention d’un régiment complet de choristes sont toujours palpables mais, moins grossièrement grandiloquents qu’ils ont pu l’être par le passé, ces apports se fondent mieux dans l’architecture générale de l’album, soulignant le chant au lieu de l’écraser. Ceci dit, réussite orchestrale ou pas, si on veut se flanquer de la musique de blockbuster hollywoodien dans les esgourdes, autant acheter directement la Bande Originale du Seigneur des Anneaux, de Braveheart, de Kingdom of Heaven ou de Troy. Rhapsody reste, jusqu’à nouvel ordre, un groupe de metal. Et c’est bien là que le bât blesse. Fabio Lione se donne à fond et tente d’apporter un certain relief au scénario, mais sur des morceaux aussi ternes, aucun miracle n’était à attendre. C’est tout de même un comble que, pour une fois, les ballades sont plus excitantes que le reste de l’album ! Elles, au moins, se montrent fidèles à ce qu’on attend d’une ballade metal pleine de grands sentiments et de nostalgie pour les êtres chers disparus au combat. Même la continuité du récit ne parvient pas à captiver l’auditeur de base, qui se demande bien pourquoi la musique colle si peu aux thématiques grandioses développées au fil de l’album. En fait, on prend sûrement Triumph or agony par le mauvais bout. Il serait plus raisonnable de réécrire soi-même l’épopée sur base de ce qu’on entend.

« Nous chevauchions, dûment mandés par le Roy en queste du macramé sacré, seul artefact à même de vaincre le démon Fulgur. Cette contrée estoyt triste et morne, tel un bordeau sans puterelles. Pour tromper l’ennui, Rorik et Bronsky, nos deux guerriers, se donnaient moult baffes et torgnoles jusqu’à ce que coma s’ensuive. Ventrebleu, que n’eussent-il vu ce drôle du village voisin jaillir des futaies et heurter notre homme de tête, Niquedouille. A moitié escollié par le vil bestiau, ce sottard d’escuyer ne put que s’esbaudir prestement, tandis que nous fîmes pleuvoir la mortaille sur la canaille. Nous fîmes ripaille de la dépouille, puis allâmes nous secouer le pendeloche contre un chêne voisin. C’estoyt notre ferraillage le plus excitant depuis bien des lunes. Demain, si Dieu le veult, peut-être aurions nous l’espoir d’occire un lapiot, un chapon ou de faire rendre gorge à une autre menace redoutable. Que n’étais-je resté en mes terres à besogner la gueuse au lieu de rejoindre l’ost le plus ennuyeux de nos annales... »

Evidemment, la débâcle n’est pas non plus totale : la ballade The myth of the Holy sword ne manque quand même pas de gueule, et la traditionnelle symphonie à rallonge, The mystic prophecy of the Demonknight, offre une intéressante succession d’ambiances différentes, de la ballade au flûtiau au thrash le plus hargneux. Mais les autres morceaux s’écoulent dans la plus parfaite indifférence. Si Rhapsody a toujours été, entre autres, une musique de fond tout à fait appréciable pour une partie de jeu de rôle nocturne, cet album sans éclat risque fort de rester cantonné à cette unique utilité...



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Marc Lenglet





Il y a 5 contribution(s) au forum.

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(1/4) 3 octobre 2016
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(2/4) 25 mai 2007, par MECHE le SOURNOIS
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(3/4) 30 décembre 2006
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(4/4) 16 décembre 2006




Rhapsody Of Fire : "Triumph or agony"

3 octobre 2016 [retour au début des forums]

Not their best work, but it was highly recognized by the fans. - Morgan Exteriors

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Rhapsody Of Fire : "Triumph or agony"

25 mai 2007, par MECHE le SOURNOIS [retour au début des forums]

c’est vrai que cet album est mon bon ,moins puissant que les précédents mais ce n’est pas non plus de la merde
en résumé je lui met 3/5

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Rhapsody Of Fire : "Triumph or agony"

30 décembre 2006 [retour au début des forums]

Après une bonne quinzaine d’écoutes, je ne peux pas dire que cet album est aussi excellent que l’était ceux d’antan ("Symphony of Enchanted Lands", "Dawn of Victory"...) mais je le trouve tout de même superbe. C’est du bon Rhapsody.

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Rhapsody Of Fire : "Triumph or agony"

16 décembre 2006 [retour au début des forums]

Je suis désolé pour le rédacteur de cet article, mais...la débâcle est totale.

On ne parvient même plus à en rire...

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