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Paradise Lost : "In requiem"
Le secret de Paradise Lost

samedi 16 juin 2007, par Clarisse de Saint-Ange, Geoffroy Bodart

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Parce que deux avis valent mieux qu’un...

C’est pas possible, ces mecs ont un secret. Cela doit s’appeler le talent, j’en sais rien. Bon, les fans hardcore du groupe voueront de toute façon aux gémonies toute critique négative et seront par là même enclins à encenser ce nouvel opus. Mais en auditrice plus distante, je dois dire que je suis toujours agréablement charmée par un nouvel album de Paradise Lost.

Même si ce charme a souvent du mal à dépasser le mois. Très honnêtement, après un maladroit et parfois pataud Paradise Lost, qui faisait pourtant lui-même suite au fabuleux Symbol of life, on pouvait s’attendre à une sorte de ratage difficile à assumer, puisque l’on retrouve toujours le même producteur derrière les manettes, à savoir un Rhys Fulber qu’on ne présente même plus. Et pourtant, In requiem semble gorgé de bonnes intentions métalleuses, sans jamais déroger au genre, tout en se permettant des expérimentations et des incartades qu’on n’avait pas forcément l’habitude de discerner sur les précédentes galettes de cette légende vivante du metal. Donc, la question est la suivante : quel est le secret de Paradise Lost, pour parvenir à se réinventer de manière intelligente à chaque album ?

Sans rire, quand on écoute les évolutions d’autres groupes de metal, on a souvent l’impression que lesdits groupes sombrent à chaque fois dans une répétition générale de leurs premiers albums, encore et encore, cherchant désespérement une identité originale là où il n’y aurait finalement que copies de clichés. Mais sur ce très honnête In requiem, on retrouve beaucoup d’ambiances sombres, beaucoup d’atmosphères qui apportent une autre dimension aux titres. Des atmosphères qui, bien souvent, ne sont pas loin de me rappeler les amères noirceurs du tout premier album de Dead Can Dance. Si, si. Pour vous en convaincre, laissez-vous happer par le goudron d’Ash & debris, morceau à la fois typique du groupe britannique, et qui possède pourtant ce petit quelque chose d’éminemment singulier.

Dans le même style qui pourrait rappeler certaines musiques de film, on se retrouve emporté de façon très pressante par le refrain quasi-lyrique du pourtant très brutal The enemy. Sur Beneath black skies, on se retrouve de nouveau touché par une sorte de grâce mystique métalleuse, sensation que l’on retrouvera une nouvelle fois sur le poisseux et apocalyptique Requiem (probablement le morceau le plus puissant de l’album, au sens large du terme). Là encore, la question se pose : comment est-ce que, au bout d’une carrière à l’aube de ses vingt ans, Paradise Lost peut-il nous pondre maintenant un album aussi mystique, qu’on ne pourra pas rattacher à un autre opus, qui ne ressemble ni à un retour aux sources, ni à une course effrénée vers une modernité déjà hors de portée ? Non, In requiem est d’une atemporelle sincérité, et on se laisse volontairement couler par ses charmes vénéneux et ses délices mélancoliques. Les fans seront aux anges (ou plutôt aux démons), les puristes comblés et les badauds (comme moi) intimement impressionnés par la puissance de cet album.

Clarisse

Sans aller jusqu’à ranger In requiem aux côtés d’un classique comme Draconian times, force est de constater qu’on tient là un assez bon album. Malgré le format court et direct des chansons, il faut leur donner un peu de temps pour leur permettre de se révéler. L’accroche est certes instantanée, mais il se dégage néanmoins une sensation de facilité, d’utilisation de grosses ficelles qui donne à penser, dans un premier temps, que l’album est bien troussé mais fort classique.

Une intro comme celle de Never for the damned, ou une ligne de chant saccadée et un riff basique comme sur The enemy, nous renvoient l’image d’un groupe qui fonctionne en pilotage automatique, qui connaît sa recette et l’applique un poil trop méthodiquement. Est-ce à dire que c’est mauvais ? Certainement pas. Ce n’est pas parce que l’intro de Never for the damned ne nous paraît pas fondamentalement innovante qu’elle n’est pas terriblement évocatrice et apte à nous plonger dans l’ambiance. Sur sa longueur, le titre s’avère par ailleurs remarquable. Idem pour The enemy, qui malgré son classicisme (imposé par son statut de single ?) se montre d’une efficacité incontestable.

Plus pesant que ses prédécesseurs, In Requiem laisse les guitares s’exprimer dans un registre qui ne déborde jamais du bon gros metal de base. Riffs lourds et soli héroïques sont au menu et nous valent quelques grands moments (Ahes and debris, Requiem, dont le thème principal semble pompé sur Empty spaces de Pink Floyd). Le côté gothique est quant à lui assuré par les claviers, grands pourvoyeurs d’ambiances glauques et ténébreuses (Praise lamented shade).

On trouve néanmoins quelques morceaux sans grand relief dans le paquet. Mais si des Unreachable ou des Sedative God, pris séparément, ne nous feront pas dresser le chapiteau, ils assurent une certaine cohésion à l’ensemble. Avouons-le également, ils permettent de tirer l’album jusqu’à ses quarante-cinq minutes. On sent toutefois que ces morceaux n’ont pas été traités par-dessus la jambe et, bien qu’ils soient massés en fin d’album, ils ne donnent pas envie d’écourter l’écoute du disque.

Si Paradise Lost apparaît parfois comme un groupe surestimé (OK, ils sont bons, audacieux et certains de leurs disques dépotent comme peu d’autres, mais il faut tout de même rester raisonnable), et qu’on regrette certains manques (des titres un poil plus long et atmosphériques) on ne peut que reconnaître que ,avec Dead again de Type O Negative, ils se situent un bon cran au-dessus de ce que la mêlée nous a récemment offert dans un même genre (on pense en vrac aux derniers Katatonia, Lacuna Coil et Evergrey, tous trois décevants), et ne parlons même pas des gothiques, les autres (Him, The Rasmus, Tokio Hotel, et d’autres qu’il n’est même pas besoin de citer).

Geoffroy

Pour les petits curieux : la version bonus de l’album contient deux titres supplémentaires, à savoir une inédite dispensable (Silent in heart) et une reprise étonnante du célèbre Missing d’Everything But The Girl.



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Geoffroy Bodart

Clarisse de Saint-Ange





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Paradise Lost : "In requiem"
(1/2) 28 décembre 2007, par l0st-n0t-al0ne
Paradise Lost : "In requiem"
(2/2) 17 juin 2007




Paradise Lost : "In requiem"

28 décembre 2007, par l0st-n0t-al0ne [retour au début des forums]

Vous pouvez vous renseigner sur les albums de madina lake , the used et unwritten law ?
Meeercii :)

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Paradise Lost : "In requiem"

17 juin 2007 [retour au début des forums]

Ne trouvez-vous pas que Holmes chante de plus en plus comme James Hetfield ?

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