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Papa Roach : "Getting away with murder"
Et si on faisait du rock FM ?

vendredi 3 décembre 2004, par Marc Lenglet

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Getting away with murder, troisième album studio de cette formation californienne à la réputation déjà bien établie, marque une évolution assez prévisible vers un rock conquérant et simpliste, à même de maintenir sa place dans le cœur des teenagers en mal de compréhension.

Moins neo metal qu’auparavant, plus power-pop, avec des titres simples et bien foutus, des guitares grossières mais rugissantes, Papa Roach ne fait finalement que suivre une certaine tendance dans le rock djeunz américain, qui remplace les fondements hip-hop du genre par une quête vers le rock FM parfait. En délaissant le nombrilisme et la débauche de sa jeunesse, le leader Coby Dick tente même de donner de la respectabilité et de la profondeur à ses compositions, fruit de son combat contre l’alcool. Lovehatetragedy voici deux ans avait marqué une respectable volonté d’évolution chez un jeune groupe qui aurait encore pu vendre quelques camions de rap-metal bateau avant de lasser ses fans. Dommage que cet album soit resté intrinsèquement plutôt faiblard.

Il semble qu’aujourd’hui, le père cafard ait soigneusement étudié ce qui apportait autant de succès à ses voisins de chambrée et ait pris la décision de faire du calibré sans risques. Et il serait faux de dire que l’on n’éprouve aucune envie primale de se secouer un peu la carcasse sur des tubes en puissance comme Stop looking start seeing, Getting away with murder ou Be free. Comme bien souvent quand on tombe sur des morceaux aussi immédiatement appréciables, il ne suffit que de quelques écoutes pour se rendre compte que ces excellents titres sont l’arbre qui cache la forêt, à savoir un album globalement bien moins inspiré. On a tout de même vu nettement pire dans le même registre, et Papa Roach laisse tout de même en bouche un goût d’arnaque nettement moins prononcé que de nombreux autres représentants de la pseudo scène neo metal.

Avec un talent indéniable pour la mélodie carrée et accrocheuse, et le ton qu’il faut pour exprimer une révolte de la manière un peu surfaite qui plaît aux masses, Papa Roach est un sérieux concurrent pour Linkin Park. A un niveau plus global, Getting away with murder est loin d’être déplaisant en soi, mais il est douteux que son côté "variations sur le même thème" et son uniformité fadasse le rendent intéressant sur le long terme pour toute personne qui sait qu’il existe une vie musicale en dehors de MTV. Tant que ça se vend, après tout...



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Marc Lenglet