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Opeth : "Watershed"
Dualité

lundi 6 octobre 2008, par Marc Lenglet

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C’est prendre bien peu de risques que d’affirmer qu’Opeth est une des formations les plus passionnantes qui soient sur l’actuelle scène metal. Tout en conservant l’essentiel des caractéristiques d’un groupe de death qui se respecte, cette étonnante formation suédoise est passée maître dans l’art de créer des climats sous tension permanente.

Avec ses ténébreuses symphonies qui alternent de manière raisonnée violence forcenée et finesse lyrique, et grâce à son don unique pour passer soudainement - et sans faute de jugement - d’une démonstration de brutalité à une envolée mélodique à la majesté irréelle, Opeth renvoit bon nombre de références progressives autoproclamés à leur juste condition de branle-manches stériles. Et lorsqu’il s’agit platement de faire parler la poudre, la puissance écrasante qu’Opeth développe cloue dans les starting-blocks bon nombre de formations plus carrées, qui n’ont pourtant aucune autre vocation que de jouer vite, fort et bien. Pourtant, en dépit de ses indéniables qualités, Opeth reste encore une formation méconnue, à destination exclusive d’une certaine catégorie d’amateurs de metal, sans espoir de pouvoir un jour déborder de son créneau et attirer l’attention des simples amateurs de rock progressif ou atmosphérique. Une situation qui rappelle celle d’Anathema ou de Paradise Lost avant leur métamorphose, à bien y réfléchir.

Mais, puisque nous parlons de métamorphose, Opeth serait-il en train de réussir la sienne ? On pourrait se poser la question au vu de cet album étonnamment apaisé et introspectif. Le death growling n’a jamais été aussi en retrait que sur ce Watershed. A l’exception notable de l’implacable Heir apparent, les grondements bestiaux se partagent équitablement la vedette avec le chant clair (The lotus eater, sans nul doute le chef-d’œuvre à retenir sur Watershed), voire s’effacent totalement au profit de ce dernier. Et si Opeth maintient obstinément la filiation avec ses origines à grands coups d’offensives sauvagement metalliques, on découvre avec surprise que le groupe parvient à être encore meilleur lorsqu’il table sur le lyrisme et une relative sérénité que lorsqu’il bande ses muscles.

Entre les longues envolées psychédéliques que n’aurait pas renié le Pink Floyd de la période Dark side of the moon, les dépressions spleeniques dignes d’Anathema, et les atmosphère spatiales, vocaux déformés compris, qui évoquent Tool (caractéristique particulièrement visible sur Hessian peel), Opeth semble avoir trouvé la clé pour composer des œuvres dignes de ces géants sans devoir obligatoirement recourir à cette dualité excessive qui avait marqué son travail jusqu’ici.

Difficile de comparer ce nouvel album, qui témoigne d’une approche relativement neuve de la part d’Opeth, avec les précédentes réalisations du groupe. Opeth a généralement livré un travail sans reproches mais son côté abrupt et violent lui aliénait sans doute pas mal de sympathies potentielles chez les non-métalleux. Avec ce nouveau dosage moins ouvertement tourné vers la puissance de feu, Opeth perdra sans nul doute ses fans les plus intransigeants au passage. Espérons qu’il en séduise d’autres au passage car le génie et la puissance de suggestion de leur musique mériteraient réellement une meilleure médiatisation.



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Opeth : "Watershed"
(1/2) 16 janvier 2009, par JAIMZ
Opeth : "Watershed"
(2/2) 7 octobre 2008, par Mary




Opeth : "Watershed"

16 janvier 2009, par JAIMZ [retour au début des forums]

Mouais,au début j’ai trouvé cela franchement trancendant,torturé extrême, sensible ,poêtique....bla,bla....et puis c’est bizarre cela m’a fait un peu comme avec Anathema,comme si j’avais fait le tour de leur avion planant et mélancolique...et merde à la fin...oui justement cela manque de cul,de chatte ,de bites, de sang et de rire...
cela reste étrangement...protestant.Amen !

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Opeth : "Watershed"

7 octobre 2008, par Mary [retour au début des forums]

Coil, la piste 1, en totale opposition avec le reste de la production du groupe, vaut à elle seule l’achat du cd.
Douceur, mélodie, arrangements, lignes de chant (masc. & fém.)... un chef d’oeuvre !

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