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Nile : "Those whom the gods detest"
Anubis est en rogne

dimanche 6 décembre 2009, par Vincent Ouslati

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Imaginez-vous le Nil, ce fleuve qui fut le berceau d’une civilisation, qui fertilisa les terres, qui fit et défit des rois, qui permit à l’Égypte d’accroitre sa toute puissance et de projeter sur ses voisins l’image d’un empire qu’il fallait autant respecter que craindre. Ces eaux si placides qui envahissent parfois dans un élan de fureur insurmontable tout ce qui les entoure, les crues du Nil peuvent être gigantesques. Sous ses atours de fleuve nourricier, il est aussi un assassin, brutal et aveugle. Nombreux sont ceux qui ne voient pas cet aspect ténébreux de ces ondes, mais les Américains de Nile l’ont eux parfaitement perçu.

Que Nile soit obnubilé par l’Égypte est un fait avéré. Mais moins par les gentils esclaves construisant de jolies pyramides que par l’occultisme, la barbarie, et l’infra-monde mythologique. Nile s’est évertué à faire revivre un monde de cauchemars ou règne le dieu des morts et ses serviteurs, où Osiris se fait éternellement charcuter par cet enfoiré de Seth, où l’hérésie d’Aménophis IV est vue comme un pacte avec les démons, occultant la magnificence de Râ, le Dieu Soleil.

Si nous parlons bien ici de death technique, il serait trompeur de voir dans le travail du groupe une sorte de tatapoum folklorique, avec grosse batterie martelée par des chameaux. La technique de Nile est toute autre, et finalement plus convaincante. La musique est lourde, oppressante, chargée en électricité, et l’unique attente est que le cumulonimbus explose enfin et décharge son fiel sur le sol. Nile est de cette caste de privilégiés qui sont incapables de faire paraitre quelque chose de mauvais. Et c’est agaçant pour les bouseux qui suivent derrière.

Rien ne serait plus foireux que de faire du gros son avec de jolis accords orientaux en fond sonore, la recette a été vue cent fois et tout un chacun finit par s’en lasser. Les Américains n’assemblent pas des éléments, la musique est naturellement sortie du four avec ses différents composants. Rien ne semble surajouté, transformé, le tout forme un bloc de granit que ne renierait pas le temple de Karnak. Il faut alors en passer par une expérience partagée entre une brutalité primaire et le savoir-faire es ambiances de la troupe.

Attention, c’est costaud, et il serait facile de se laisser déborder par la masse, que ce soit Kafir !, ses tronçonneuses en guise de guitares, ses ambiances du Caire ou 4th arra of dagon qui se lance comme une visite guidée de geôle souterraine, Those whom the gods detest est un matériau dense, voire indigeste pour qui n’aurait pas à ce moment la bonne mentalité pour l’apprécier.

Car fondamentalement, Nile ne fait que confirmer qu’ils sont des empereurs en leur domaine. Forts de la particularité que leur donne leur monomanie pour l’ancienne Égypte, ils règneront encore longtemps sur le genre. Si vous avez des velléités de lourdeur et de défourailler toute votre violence contenue, les bords du Nil vous sont recommandés, chaudement.



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Vincent Ouslati





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Nile : "Those whom the gods detest"
(1/1) 24 novembre 2015




Nile : "Those whom the gods detest"

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A band with talented members, their songs were all great. - Fred Wehba

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