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Napalm Death : "The code is red, long live the code !"
Etat d’alerte maximal !

vendredi 8 juillet 2005, par Marc Lenglet

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Ennemis farouches de l’industrie musicale, comme l’indiquait clairement le titre d’un de leurs précédents opus , Napalm Death n’en sort pas moins son nouveau bébé sur la major Century Media. Une décision que le groupe justifie clairement par les problèmes rencontrés avec le précédent label, ainsi qu’en raison l’indéniable confort professionnel que leur apporte cette nouvelle situation. Et puisque, sans rien renier des ses autres valeurs créatrices, les natifs de Birmingham s’octroient même le luxe d’accoucher d’une incroyable bombe nucléaire musicale, on passera volontiers l’éponge sur cette petite transgression finalement sans grand intérêt pour nous qui sommes simplement là pour nous en mettre plein les esgourdes.

Le code rouge, c’est l’état d’alerte maximum du territoire américain, symptôme de la réduction des libertés publiques et de l’autoritarisme rampant que Napalm Death s’est toujours donné pour mission de combattre, un engagement envers toutes les formes d’injustice qui ne s’est jamais démenti jusqu’ ici. Honnêtement, je n’ai jamais été particulièrement amateurs des offensives soniques de ces britanniques férocement engagés, ni d’ailleurs d’aucun de leurs semblables. Et pourtant, devant l’incroyable puissance et l’atmosphère de fin du monde qui se dégagent de ce nouvel album de Napalm, je me vois dans l’obligation de ranger The code is red dans la future sélection des albums metal les plus réussis de l’année.

Remarquablement produit, contrairement à nombre d’albums du même style, The code is red ravira ceux qui, comme moi, ont un peu de mal à adhérer aux bouillies sonores si communes dans les sphères extrêmes. Sans prétendre parfaitement saisir les propos éructés par le bouillant Barney (une fois de plus au sommet de son art et mitraillant l’humanité d’imprécations grondantes qui doivent valoir le déplacement), la clarté de l’audition apporte une dimension tout sauf préjudiciable à Napalm Death.

Napalm Death synthétise ici ses diverses incursions dans les chemins de traverse de la musique extrême de la manière la plus remarquable qui soit. Ceux qui ne jurent que par le grind-core le plus extrémiste qui soit recevront leur sanguinolente pitance sur les courtes et destructrices Right you are et Pay for the privilege of breathing. Mais Napalm Death se répand aussi en injonctions death, trash, hardcore voire même doom avec quelques relents d’indus, ce qui est tout de même, toutes proportions gardées, plus aisément appréciable que le grind ! On frémit déjà en songeant à ce que les plus furieux de ces nouveaux titres (Silence is defeaning, Vegetative state) pourront donner sur scène. Sur trois morceaux, quelques invités de marque viennent prendre la pose, et non des moindres puisqu’on a droit aux raclements de gorge de Jeff Walker (Carcass), à Jamey Jasta (Hatebreed) et surtout, à l’organe haut-perché si particulier de Jello Biaffra, leader des sulfureux Dead Kennedys (dont Napalm d’ailleurs reprenait en concert le Nazi punks fuck off depuis bien longtemps)

Bien entendu, pour quelqu’un n’ayant pas d’expérience particulière de ce genre de chose, The code is red paraîtra tout aussi linéaire, primaire et bas du front que n’importe quel grognement d’ours du même acabit. Tant pis pour les amateurs de poésie, ce n’est pas encore cette fois que Napalm Death fera un pas dans leur direction. Mais lorsqu’on possède un minimum d’attrait pour les choses bruyantes qui vous saisissent au gros intestin et le secouent dans l’espoir de l’arracher petit à petit , on ne peut que s’incliner devant cette énergie dévastatrice, cette violence brute qui évite sans dommage la linéarité propre au style pour offrir un résultat à la fois varié et monolithique. Et devant ce groupe qui, après deux décennies d’activité, tient toujours la dragée haute aux multiples imitateurs qui les ont pris en exemple sans jamais pouvoir rivaliser avec eux. Brillant, brutalement brillant.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

> Napalm Death : "The code is red, long live the code !"
(1/1) 8 juillet 2005, par La Bostella




> Napalm Death : "The code is red, long live the code !"

8 juillet 2005, par La Bostella [retour au début des forums]

Et ILS SERONT A DOUR 2005 pour ceux qui croient encore qu’il n’y a pas d’affiche !!

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