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Motörhead : "Inferno"
Vite fait, bien fait

mardi 3 août 2004, par Marc Lenglet, Vincent Ouslati

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Comme tous les deux ou trois ans, le toujours vert Lemmy nous balance un nouvel opus de Motörhead dans les gencives. En l’occurrence, un nouvel opus qui ne devrait pas spécialement briller au sein de leur discographie bien ordonnée.

Car que peut-on dire d’un nouvel album de Motörhead sinon qu’il s’agit justement d’un album de Motörhead de plus ? Cela fait près de 30 ans que la Tête de moteur nous sert à chaque fois les mêmes brûlots heavy-rock, seulement nuancés de quelques infimes variations. Ainsi Hammered, la précédente étape dans la carrière des 3 vétérans, se montrait par exemple un rien plus sombre qu’à l’ordinaire. Pas de quoi crier à la révolution : on restait de toute manière dans le domaine de la musique pour mâles tout de cuir et chaînes vêtus. Chez Motörhead, tout se joue donc à l’impression à chaud que l’on se fait de l’album. Parfois, on se prend une claque immédiate. Parfois, on se tape relax une dizaine de plages sans coup d’éclats, qui laissent un vague goût amer à la satisfaction virile éprouvée à l’écoute de n’importe quel brûlot du groupe. Pas de chance : Inferno joue dans la deuxième catégorie.

La recette a pourtant fait ses preuves : quelques morceaux foudroyants et bien testostéronés, une majorité de titres en mid-tempo, le même chat dans la gorge de Lemmy depuis 30 ans,...et comme à chaque fois, on éprouve la vague impression d’avoir déjà entendu un riff ou une ligne de chant à un moment ou à un autre de leur longue carrière. On peut signaler la présence de Steve Vai sur certains morceaux, mais cela se fait finalement peu sentir. Motörhead s’octroie souvent une courte récréation sur chaque album, le plus souvent sous la forme d’une reprise. Cette fois, le groupe se risque au blues, avec une compo originale, Whorehouse blues, malheureusement totalement dénuée d’intérêt. Pour le reste, il manque malheureusement le petit quelque chose qui fait que...

Evidemment, tout cela n’est pas mauvais en soi. Terminal show ou Killers ont suffisamment de punch pour troubler la tranquillité des chaumières une fois encore. Et on serait tenté de dire que ça fait toujours une douzaine de morceaux potables de plus jetés en pâture aux amateurs de gros son. Mais il est évident que Motörhead ne s’est pas particulièrement foulé cette fois-ci, préférant camper sur ses acquis et, sans grande motivation, torcher un album bien carré en deux temps trois mouvements. Le Can we go now ? final des musiciens et le yeah fatigué de Lemmy en répartie en prennent d’autant plus de sel...

M.L.


Motörhead, c’est vrai que c’est pas bien complexe, je mets tout à fond et j’envoie la sauce, allons-y pour deux ou trois variations histoire de pas passer pour des radoteurs gâteux et hop, voilà un bel album tout neuf. Recette largement rodée, et qui franchement fonctionne toujours autant. Oui, c’est vrai qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, mais qu’attend t-on de Lemmy et sa bande, réinventer leur bon gros son qui tâche à chaque album ? , que nenni mon cher ! Il est possible qu’ils ne se soient pas trop foulés pour nous pondre ce Inferno, mais bon sang de bonsoir, est-ce vraiment ce qu’on cherche chez eux ?

Moi qui ne suis pourtant pas un die Hard fan (juste un gros sympathisant) du groupe, lorsque je me mets un Ace of spades ou un Bomber dans la platine, c’est pour m’en mettre plein les esgourdes et oublier que je hais mes profs, mon banquier et tous ces gens qui se liguent contre moi pour me faire du mal. De là à écouter ça du matin au soir, il faut être un brin maso, ou sourd de naissance, ça peut devenir insupportable, mais habilement distillés dans les moments de coup de pompe, ça marche du feu de Dieu. Et Inferno remplit parfaitement son office, pas un temps mort, du son énorme, la voix de Lemmy toujours là, des titres pas forcément aussi bouleversifiants que d’autres grands des albums cités plus haut, mais encore une fois, ça marche. Et c’est tout le talent de ces gars-là, c’est de nous éclater la tronche avec des pains sonores pas franchement différents au premier coup d’oreille mais on en redemande, c’est con certes, mais c’est ainsi.

Motörhead, c’est un peu le poivrot du bar-tabac d’à côté, il est toujours là quoiqu’il arrive, il raconte toujours les mêmes conneries mais ça fait toujours autant marrer parce qu’il est sympa ce mec, parce que dans ce monde où tout change, lui ne bouge pas d’un iota, et ça rassure. Je ne crois pas que cet opus soit inférieur à ses récents prédécesseurs, des titres comme Terminal show ou Killers sont assez couillus pour vous faire gigoter gracieusement sur votre pouf en skaï. Et j’ai une passion particulière pour le dernier morceau, un petit bout de blues bienvenu après cette charge infernale. Ça va pas faire sortir Leadbelly de sa tombe mais c’est tout à fait potable. In the black est assez surprenant avec un refrain jouissif où Lemmy montre qu’il a encore de beaux restes. Avec ce nouvel album, Motörhead fait du Motörhead de base, on ne leur en demandait pas plus.

V.O.



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Marc Lenglet

Vincent Ouslati





Il y a 9 contribution(s) au forum.

> Motörhead : "Inferno"
(1/4) 11 avril 2005, par Fred / INHUMATE
> Motörhead : "Inferno"
(2/4) 2 février 2005, par Euxeb
> Motörhead : "Inferno"
(3/4) 18 août 2004
> Motörhead : "Inferno"
(4/4) 3 août 2004, par Uncle Luke




> Motörhead : "Inferno"

11 avril 2005, par Fred / INHUMATE [retour au début des forums]

Quand un groupe change de style on a toujours les détracteurs pour dire qu’il s’éloigne de ses origines et les fans pour dire qu’il évolue. Ce qui est bien avec MOTÖRHEAD c’est qu’ils ont toujours suivi la ligne qu’ils se sont fixés et hormis peut-être "Another Perfect Day", MOTÖRHEAD est toujours resté MOTÖRHEAD, ils ne sont jamais tombés dans le rock mielleux et sirupeux qui plaît aux masses... "Inferno" est un excellent album aux riffs puissants qui fait que MOTÖRHEAD fait partie des rares groupes à la longue carrière (avec des hauts comme des bas, bien sûr) capable de sortir quelque chose d’original sans forcément quitter son style propre.
Marc Lenglet me donne l’impression d’être quelqu’un qui connaît MOTÖRHEAD, sans apprécier cette formation beaucoup plus qu’une autre, et qui pense comme une malheureuse majorité (cf biographie de Lemmy sortie chez Camion Blanc), que depuis "Ace of Spades" ce groupe ne peut rien amener de neuf.
Mais il faudra bien comprendre un jour que telle n’est pas la vocation de MOTÖRHEAD... Ronsard a fait des sonnets toute sa carrière, à aucun moment un critique n’osera émettre l’idée que n’avoir rien fait d’autre puisse nuire à son génie....

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> Motörhead : "Inferno"

2 février 2005, par Euxeb [retour au début des forums]

Moi je le trouve très bien le dernier Motorhead ! Un morceau comme "Terminal Show" est putain de carton, et assez original aussi !!!

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> Motörhead : "Inferno"

18 août 2004 [retour au début des forums]

Je l’ai écouté au casque à la Fnac, et je l’ai trouvé fort bon. Le son est assez hénaurme, et il y a des guitares partout. En pilotage automatique, le bombardier ?!

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> Motörhead : "Inferno"

3 août 2004, par Uncle Luke [retour au début des forums]

N’empêche que c’est bon d’avoir à nouveau du Motörhead dans ses oreilles.

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    > Motörhead : "Inferno"

    6 août 2004, par Jérôme Prévost [retour au début des forums]


    Ca fait mal, tu veux dire :)

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    > Motörhead : "Inferno"

    10 août 2004 [retour au début des forums]


    Typiquement, j’ai toujours été déçu par Motorhead (quiiiiiii a dit "Major-head" ?) en concert. Trois tonnes d’amplis sur scène, à fond sinon c’est pas bon, et le pauvre ingénieur du son qui essaye de rattrapper la sauce comme il peut, qui se fait engueuler par le chanteur parce que ça larsenne de tous côtés. Le tout pour avoir une tambouille sonore en façade digne d’un groupe débutant.

    Bref, mention peut faire mieux !

    Ceci dit, à Nandrin pour une fois le son était un peu moins dégueu (ça allait juste un peu moins fort que vraiment trop fort... donc on distinguait quelques riffs), et le sonorisateur n’en a pas pris plein la poire. Deviennent plus sages. L’âge, sans doute...

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      > Motörhead : "Inferno"

      27 août 2004, par Uncle Luke [retour au début des forums]


      Et que penses-tu de leurs albums live, comme "England" ? Personnellement, c’est celui-ci qui m’a fait découvrir Motörhead. 12 ans après, "Doctor Rock" est toujours une tuerie pour moi.

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      > Motörhead : "Inferno"

      18 décembre 2006, par N [retour au début des forums]


      Et nous voilà deux ans plus tard, Motorhead au Zénith, et je peux vous dire que le son était parfait ainsi que tout le reste du concert...

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