Pop-Rock.com



Molly Hatchet : "Warriors of the rainbow bridge"
Je viens du Sud...

samedi 9 juillet 2005, par Marc Lenglet

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Machine Head : "The blackening"
U.F.O. : "You are here"
Mass Hysteria : "Une somme de détails"
Iron Maiden : "Dance of death"
Limp Bizkit : "Chocolate starfish & the hot-dog flavoured water"
Saxon : "Into the labyrinth"
Behemoth : "Evangelion"
In Flames : "Come clarity"
Judas Priest : "A touch of evil live"
Blind Guardian : "A twist in the Myth"


Ce que je n’ai jamais compris avec Molly Hatchet, c’est leur obsession, en tant que fiers représentants du hard rock sudiste le plus rustaud, à truffer leur artwork de blonds guerriers musculeux à peine digne d’un poster acheté en promotion sur le marché, et à affubler leurs albums de titres ronflants tout droit tirés d’une mauvaise littérature heroic-fantasy. Cette interrogation m’angoisse. Elle m’obsède. Heureusement, à part cela, j’ai compris tout le reste. Et il n’y a pas grand chose à comprendre dans la musique de Molly Hatchet.

Car Molly Hatchet est tout sauf une énième guilde metallique de Germanie septentrionale obsédée par des notions chevaleresques oubliées depuis sept siècles. La musique de Molly Hatchet respire clairement le sud éternel, les routes désertes au beau milieu de champs de coton à perte de vue, une certaine idée de l’indocilité, et un mode de vie qui n’en finit pas de mourir, nageant dans un petit côté chauviniste et beauf totalement assumé (Son of the south, véritable manifeste du sudisme, tout comme pouvait l’être Heart of the USA sur l’album précédent).

Phil McCormack, l’impressionnant chanteur du combo américain, produit toujours son petit effet, et on se demande encore au bout de treize albums combien de baignoires de bourbon ont été nécessaire pour façonner des cordes vocales aussi rocailleuses. Les musiciens font dans le pragmatisme : tant que la batterie claque comme la foudre, tant que les riffs se montrent vengeurs, pas d’inquiétude : Molly Hatchet est toujours bien là où on l’attend, le Vieux sud ne mourra jamais tant qu’il y aura des hommes et des motos, et le soleil se lèvera à l’est de Jacksonville comme tous les matins. Seule concession à l’originalité, du piano de saloon, souvent étouffé sous le vrombissement des guitares, et des chœurs féminins pas toujours du meilleur goût contribuent à asseoir les origines géographiques du groupe, et à lui donner une cachet sonore minimal.

Pas plus que pour n’importe quelle autre de leurs œuvres, Molly Hatchet ne semble décidé à prendre des risques et à tenter autre chose. Ca a toujours été comme ça, donc ça ira toujours comme ça à l’avenir. CQFD. Les cow-boys de Molly Hatchet continuent donc leur petit bonhomme de chemin, avec une énergie brute sans cesse renouvelée, sans mentir et sans réfléchir, soucieux de correspondre à l’idée qu’ils se font d’eux mêmes, désireux de plaire à leurs admirateurs, et se fichant royalement de tout le reste. Warriors of the rainbow bridge est d’une uniformité minutieuse, même au regard des standards de Molly Hatchet. Un album où les ballades ont une nette tendance à s’emballer à plein régime, et où les pistes plus hargneuses ne parviennent jamais à dissimuler totalement le gros cœur sudiste qui bat sous une épaisse couche de pectoraux et de poils. Ca défoule et ça fonctionne bien, c’est le moins qu’on puisse dire. Peut-être pas aussi bien que chez Motörhead et AC/DC mais ça fonctionne quand même...



Répondre à cet article

Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Molly Hatchet : "Warriors of the rainbow bridge"
(1/1) 22 septembre 2016




Molly Hatchet : "Warriors of the rainbow bridge"

22 septembre 2016 [retour au début des forums]

The group had already proven their talent in this music genre and it will always be recognized. - Morgan Exteriors

[Répondre à ce message]