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Meshuggah : "obZen"
A réserver à un public averti

samedi 31 mai 2008, par Marc Lenglet

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Il faut entrer dans l’univers de Meshuggah comme on entre en religion : sans arrières pensées, sans a priori et avec la ferme volonté d’aller jusqu’au bout de l’aventure quelque soient les obstacles rencontrés. Le concentré d’ultraviolence proposé par la formation suédoise ne repose pas uniquement sur les gimmicks communs à tous les groupes de metal extrême mais également sur un processus de composition basé sur une précision glaciale, une recherche quasi scientifique du déséquilibre et des sonorités perturbantes.

Polyrythmies, guitares tortueuses et déphasage continuel des instruments semblent tout particulièrement étudiés pour provoquer chez l’auditeur un sentiment de malaise persistant. Cette étrange optique musicale constitue à la fois une force et une faiblesse. D’un impact formidablement insidieux, la sculpture sonore élaborée par Meshuggah se montre parfois si pointue que sa minutie échappe en grande partie aux non musiciens. Autant dire qu’elle laissera totalement de marbre ceux pour qui le death présente déjà quelque chose de rebutant à la base. Ceux là ne verront en Meshuggah qu’une formation de barbares braillards de plus, particulièrement inaudible qui plus est. Même en étant coutumier des tendances les plus féroces du metal, on ne peut se fier qu’à la vague impression que quelque chose cloche dans les compositions de Meshuggah, sans pour autant pouvoir définir précisément de quoi il s’agit.

Et ça tombe bien car le représentant majeur du bien nommé "math-metal" semble avoir changé son fusil d’épaule pour ce sixième album. Plutôt que de se lancer dans une de ces discordantes compositions qui vous filent le mal de mer endéans les cinq minutes, Meshuggah s’est employé à condenser son art, non pas pour le rendre plus accessible mais pour lui donner plus d’impact. Une fois de plus, ce choix se révèle à double tranchant : on éprouve l’impression de pouvoir presque toucher du doigt tous ces éléments qui assurent la marginalité de leur musique, l’agencement anormal de la rythmique, les riffs à contre-sens, les apaisements soudains, etc., mais ces éléments sont en réalité plus insaisissables que jamais. Et Meshuggah semble dès lors souvent se réduire à une simple formation extrême sans particularités...même si on ne parvient jamais tout à fait à évacuer un doute persistant sur la question.

Tout cela ne vous semble pas très clair ? Meshuggah ne l’est pas non plus. Faisons un peu de prospective car présenter une opinion arrêtée sur cet album qui joue simultanément sur la séduction et la répulsion, me semble au dessus de mes forces. ObZen est un album que les fans de death basique pourront apprécier sans avoir l’air de béotiens, que les exégètes de Meshuggah trouveront, au choix, primitif ou, au contraire, encore plus audacieux par son primitivisme feint ; et que ceux qui n’apprécient pas les grondements caverneux ne pourront pas écouter plus d’une minute sans le haïr de toutes leurs forces.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Meshuggah : "obZen"
(1/1) 1er juin 2008, par Benjamin




Meshuggah : "obZen"

1er juin 2008, par Benjamin [retour au début des forums]

Meshuggah au VK le 21 juin avec Dillinger Escape Plan ! J’y serai :)

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