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Mass Hysteria : "Une somme de détails"
Furia major

vendredi 31 août 2007, par Marc Lenglet

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Ce n’est pas tous les jours qu’on peut faire virer ses propres préconçus à 180°. C’est d’autant plus savoureux que ce revirement imprévu concerne le rock hexagonal, une scène sur laquelle on aime bien, disons, persifler un peu de temps à autres. Alors que tous les groupes censément « énervés » de la dernière décennie s’achètent en vitesse une capacité d’indignation plus adaptée au prime-time et que la nouvelle vague stagne dans un méchant rock pédiatrique, une saine gueulante comme vient de nous pousser Mass Hysteria nous rappelle heureusement que les généralités ne sont jamais bonnes à entretenir. Et pourtant, dieu sait si on se préparait à l’enterrer dans le même bac à crasse que nombre de ses congénères...

Le dispensable album éponyme, co-écrit avec Miossec voyait en effet Mass Hysteria tenter à son tour une incursion dans le créneau déjà bien encombré de la pop-rock « à textes ». En faisant preuve d’énormément d’abnégation et de mémoire sélective, on pouvait admettre que l’album tenait tout juste la route, tout en n’ayant strictement rien à voir avec ce qui avait été l’une des révélations françaises les plus excitantes des années 90. N’en déplaise aux contempteurs du gros son, cette porte timidement entrouverte vient d’être claquée avec rage sur ses gonds. Mass Hysteria s’est souvenu d’où il venait, et nous balance cette prise de conscience en pleine face avec une énergie qu’on ne lui aurait jamais imaginé.

Dès les premiers roulements du typhonnique Des nouvelles du ciel, le doute n’est plus de mise. Mass Hysteria a réalisé un retournement spectaculaire en direction de ses premiers faits d’armes, l’expérience et les moyens de production en plus. La puissance de la production est d’ailleurs la première chose qui frappe à l’écoute de ces treize nouveaux titres. Rigoureuse sans être lisse, elle donne une ampleur inégalée au rock destructeur assaisonné d’électro que (re)délivre Mass Hysteria. On hésiterait presque à les cataloguer comme un groupe de metal industriel comme c’est bien souvent le cas, mais on se refuserait tout autant à les assimiler aux tics de la mouvance nu-metal. Derrière la nature fondamentalement metal de l’ensemble, Mass Hysteria peut tabler sur l’efficacité et la relative originalité que lui confèrent un usage équilibré des éléments électroniques, plus ou moins prégnants selon les compositions mais particulièrement vivaces sur le très dynamique Killing the hype. Les Parisiens donnent l’impression d’avoir assimilé toutes les caractéristiques de ce qui se fait de mieux outre-Atlantique. On évoquera dans le désordre Biohazard (Echec), KoRn (Killing the hype), White Zombie (Je ressens) voire même Slayer (l’étourdissant Une joie kamikaze). Une fois n’est pas coutume, on ne se retrouve pas en face d’une copie maladroite qui singe les méthodes U.S. sans grande conviction mais d’une formation qui possède suffisamment de tempérament et de personnalité pour affirmer sa singularité. Même au niveau des paroles - d’ordinaire le gros point sombre du rock bleu-blanc-rouge - il a de quoi s’estimer raisonnablement satisfait. Mass Hysteria évite toute approche trop directe de l’actualité qui l’aurait inévitablement déforcé, et on constate avec plaisir que les textes, révoltés comme il se doit contre l’évolution du monde mais qui tendent parfois vers plus d’optimisme, évitent constamment les clichés et les incantations imbéciles au profit d’une approche imagée parfois agréablement tournée.

Violent et enragé d’un bout à l’autre, Mass Hysteria nage sans complexe à contre-courant de la tendance générale. Même les quelques titres un rien moins frénétiques (Babylone, Se lover dans les flammes) ne provoquent aucune césure indésitable dans le rythme ultra-soutenu de l’album et ce n’est que sur le final Briller pour toi - chanté en duo avec la chanteuse de Dolly et qui rend hommage au bassiste récemment décédé de ce groupe - que Mass Hysteria abandonne sa course au décibel pour verser - avec une certaine maîtrise de la chose en outre - dans une mélancolie nauséeuse.

C’est une fameuse torgnole que vient de décocher Mass Hysteria à l’ensemble de ses compatriotes à grosses guitares. De manière imagée, c’est comme si le groupe expliquait à grand renforts de riffs que non, définitivement non, il n’y a aucun impératif à troquer gros riffs saignants et rythmique de frappadingue contre une quelconque place de treizième rang au sein d’une scène incestueuse qui provoque plus souvent l’hilarité que l’admiration. En s’engonçant volontairement dans un style que d’aucuns jugeraient à destination exclusive des ados attardés, Mass Hysteria se paie le luxe de surpasser, musicalement et thématiquement, la plupart de ses ex-collègues. La Furia est de retour. Puissent certains en prendre de la graine...



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Mass Hysteria : "Une somme de détails"
(1/1) 31 août 2007, par Kevin




Mass Hysteria : "Une somme de détails"

31 août 2007, par Kevin [retour au début des forums]

c’est une pochette de placebo ?

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    Mass Hysteria : "Une somme de détails"

    31 août 2007, par murdoc [retour au début des forums]


    C’est exactement ce que j’allais dire ^^...

    Mass Hysteria, très peu pour moi ! (Peut-être à tort)

    [Répondre à ce message]

      Mass Hysteria : "Une somme de détails"

      2 octobre 2007, par vehau [retour au début des forums]


      Je ne suis pas un grand fanatique du metal hexagonal, le trouvant souvent trop proche de pastiches insupportables des grands d’Outre Atlantique. Mais cet album est une belle baffe dans la gueule et dans mes préjugés. Titres carrés et variés, textes suffisamment ellipitques pour ne pas sonner trop militants à deux balles, beats électro utilisés à bon escient, mais restant foncièrement Metal, "Une Somme de Détails" est un album énorme, écoutez-le, il en vaut la peine.

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