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Katatonia : "The great cold distance"
Peuh ! Même pas déprimant...

vendredi 28 avril 2006, par Geoffroy Bodart

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Il y a des clichés qui ont la vie dure. Par exemple, un album de Katatonia, ça doit être lourd, triste, et sombre. Ils ont déjà prouvé par le passé qu’ils pouvaient être, musicalement du moins, plus diversifiés que ça, mais c’est une image qui leur colle à la peau, et pour peu qu’on soit sensible à ce genre d’ambiance et de musique, c’est ce qu’on attend de leur nouvel opus. Las, The great cold distance ne vous donnera pas envie de vous prendre la tête entre les mains en maudissant l’arrivée du printemps...

Non pas que les membres du groupe ont soudain découvert l’indicible bonheur d’entendre les oiseaux gazouiller durant un piquenique romantique à la campagne ou ont enregistré les chansons avec l’arrière-pensée d’en faire la B.O. du prochain Jim Carrey, mais on n’a jamais ce sentiment d’être pris à la gorge. La tension est pourtant bien présente tout au long du disque (merci au bassiste), mais on ne se retrouve pas écrasé sous une chape de plomb. En cela l’album ne paraît pas assez abouti, pas assez jusqu’au-boutiste. Ca reste du bon gros metal rustaud, à tendance parfois atmosphérique, alors que ça aurait pu être bien plus que cela. La faute probablement au format court et relativement conventionnel des chansons, et à leur agressivité, leur côté « rentre-dedans ».

Au fil des écoutes, on apprend toutefois à apprécier cet album pour ce qu’il est : une belle collection de titres solidement charpentés. Portées par une rythmique bien rôdée et un duo de guitare très efficace, les compositions finissent par imposer leurs qualités et leur richesse, qu’il s’agisse de l’entrée en matière instantanée de Leaders, du côté très catchy du refrain de My twin, de l’arpège conducteur de The Itch, du sens de la mélodie de Deliberation, ou du riff tonitruant de July. Le chanteur, qui ne s’octroie que d’anecdotiques passages en chant death, conserve tout au long de l’album ce ton triste et pas trop expressif qui sied au genre. Sa voix (fort jolie) colle bien aux chansons et contribue indubitablement à rendre le groupe plus accessible.

Mais tout cela finit par se ressembler quelque peu et le disque n’est pas exempt de titres un peu plus faiblards. Consternation ou Increase par exemple, sans être désagréables, ressassent les mêmes sons et les mêmes idées sans rien apporter à l’ensemble, d’où l’impression de bloc monolithique sans âme, sans passion et pas follement original que laisse l’album, larguant en cours de route l’auditeur qui aurait souhaité être davantage impliqué dans l’écoute de cette musique.

Non, définitivement, ce n’est pas cela qu’on attendait de la part d’un album de Katatonia. Ce qu’on voulait, en tant que consommateurs difficiles, c’était une ambiance vespérale bien pesante, des compositions plus longues, plus étouffantes. On ne voulait pas headbanguer sur du Katatonia, on voulait écoutait ça dans une cave éclairée aux bougies, suintant la moisissure, entourés de bon petits gogoths déguisés en goules, qui lisent du Nietzche en mangeant avec les mains une bonne pièce de viande crue fraichement découpée et en s’interrogeant sur le subit accroissement du nombre de suicides en Suède.



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Geoffroy Bodart





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Katatonia : "The great cold distance"
(1/1) 29 avril 2006, par fabrice




Katatonia : "The great cold distance"

29 avril 2006, par fabrice [retour au début des forums]

Moi, j’aimais bien Catatonia avant qu’un des membres ne fonde Super Furry Animals :D

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